L’acteur sociopolitique congolais Stéphane Muadi a vivement réagi le 17 mai 2026 aux récentes sanctions imposées par les États-Unis contre l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila. À travers une publication relayée sur les réseaux sociaux, l’opposant a exprimé son soutien à cette décision tout en estimant qu’elle reste insuffisante face à la gravité des accusations portées contre l’ex-chef de l’Etat.
Selon Stéphane Muadi Van, ces sanctions constituent une étape importante dans la recherche de justice pour les victimes des violences armées qui secouent depuis plusieurs décennies l’Est de la RDC. Il considère qu’elles viennent renforcer les soupçons d’implication de Joseph Kabila dans des réseaux de déstabilisation et dans les conflits persistants dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans sa déclaration, il affirme que l’ancien président ne serait pas à l’étranger mais présent à Goma, appelant les autorités congolaises à agir rapidement.
« Vous savez où est Kabila, il n’est ni à Dubaï, ni en Floride, ni dans le Brabant Wallon. Il est à Goma. Vous avez des forces spéciales. Vous attendez quoi pour le capturer », a déclaré Stéphane Muadi.
L’opposant soutient également que les sanctions américaines confirment, selon lui, des accusations anciennes concernant le rôle joué par Joseph Kabila dans l’instabilité du pays depuis les années 1990.
« Depuis le début, Kabila est rebelle. Il s’est imposé à la tête de la RDC en 2001 en tant que rebelle et aujourd’hui vous en avez la preuve. Je salue les sanctions des États-Unis contre Joseph Kabila, mais j’émets des doutes sur leur efficacité à court et moyen terme », a-t-il ajouté.
Toutefois, Stéphane Muadi estime que ces mesures diplomatiques ne suffisent pas. Il appelle à une réponse plus ferme de la communauté internationale, notamment à travers une arrestation immédiate de l’ancien président et son transfert devant la Cour pénale internationale (CPI).
Pour lui, le peuple congolais attend des actes judiciaires concrets plutôt que de simples sanctions économiques ou politiques.
> « Pourquoi se limiter à des sanctions alors qu’une arrestation et un jugement s’imposent ? Le peuple congolais a besoin de justice et non seulement de sanctions », a insisté l’opposant.
Stéphane Muadi Van a également évoqué la création de la nouvelle plateforme politique C64 initiée par Joseph Kabila. Selon lui, cette structure pourrait contribuer à accentuer les tensions politiques dans le pays.
Au-delà de la situation interne, l’acteur politique a étendu ses critiques à la dimension régionale de la crise sécuritaire. Il appelle les États-Unis et la communauté internationale à adopter des sanctions plus sévères contre Rwanda et son président Paul Kagame, qu’il accuse de jouer un rôle majeur dans l’instabilité persistante dans l’Est de la RDC.
Par ailleurs, Stéphane Muadi critique également la gestion du président Félix Tshisekedi face à la crise sécuritaire. Il reproche au pouvoir actuel un manque de fermeté, d’anticipation et de décisions fortes pour contenir la situation dans l’Est du pays.
Selon lui, des mesures prises dès le début du mandat présidentiel auraient permis d’éviter une aggravation de la crise sécuritaire et humanitaire.
Enfin, Stéphane affirme que les Congolais attendent désormais des actions immédiates contre tous les responsables présumés des violences armées, ainsi qu’une véritable implication de la justice nationale et internationale.
Dans ce contexte marqué par plus de trente années de conflits et d’instabilité dans l’Est de la RDC, cette sortie médiatique relance le débat sur la responsabilité des anciens dirigeants, le rôle des puissances étrangères et la nécessité d’une justice durable pour les victimes congolaises.
Bosco Kiaka
