Hélène Garreta, coordonnatrice du réseau ‘‘SafeBox’’, Jordache Diala, journaliste congolais et Emma Chailloux chargée de communication de ‘‘Forbidden Stories’’ à Paris
Des journalistes internationaux dont trois de la République démocratique du Congo ont été outillés sur les différentes stratégies pour rendre visible une enquête et maximiser son impact dans la communauté, lors d’une session en ligne organisée en direct de Paris par le réseau ‘‘Safe Box’’ en France.
«‘‘De l’enquête à l’impact : amplifier la visibilité de l’enquête’’ est notre thème de cette session en ligne dont l’objectif est de permettre d’analyser les stratégies essentielles pour valoriser les résultats d’enquête et toucher à la fois une audience ciblée et un public plus large, afin d’en renforcer la portée», a signifié Hélène Garreta, coordonnatrice du réseau ‘‘SafeBox’’.
Elle a, toutefois, défini des stratégies et a révélé des éléments fondamentaux pour donner l’impact au travail des journalistes.
L’experte française est revenue également sur le choix des partenaires médiatiques pour l’impact collaboratif dans les enquêtes. « Comment fidéliser le public pour qu’il revienne dans les enquêtes. Il est très important de recourir aux visuels et autres supports de communication numérique ou analogique de diffusion, au-delà de votre propre média », a soutenu Garreta.
Des pistes de croissances de la visibilité
En mode visioconférence, certains intervenants ont défini et mis à la disposition des journalistes quelques méthodes clés et concrètes pour accroître la visibilité de leurs travaux et maximiser son impact.
D’autres ont partagé leurs expériences et ont exhorté les professionnels de l’information à exploiter des modes de proximité simples afin que leurs enquêtes puissent toucher une opinion large et diversifiée.
« Par mon expérience, j’encourage, par exemple, la mode de publication des enquêtes par PDF en version imprimée qui permet de toucher les décideurs. Le courrier en PDF peut être envoyé ou être déposé aux institutions, bureaux, avec preuve de réception qui va prouver que votre enquête est bien parvenue et vue par les autorités. Ce mode de diffusion est adaptable aux types de sujets », a exhorté Ignace SOSSOU, expert en journalisme d’investigation.
«PDF est une méthode complémentaire, à l’instar des plateformes de communication digitale. Il faut savoir jouer sur le mécanisme émotionnel sur les réseaux sociaux sans pourtant dénaturer l’enquête», a-t-il suggéré.
En soutenant l’approche du ‘‘journalisme solution’’, l’orateur a appelé les spécialistes d’enquête à utiliser quelques indicateurs majeurs pour booster les publications afin d’avoir les résultats escomptés.
«La prise de conscience d’une situation, la diffusion ; le chiffre (statistique) pour analyser et évaluer l’impact d’une enquête, sont des indicateurs importants pour le travail du journaliste. Une enquête doit apporter un changement, corriger une situation même si elle n’a pas un effet immédiat. Car son objectif est qu’un problème soit résolu», a insisté Ignace.
Appel à l’engagement dans la profession
L’expert en investigation, a appelé, les journalistes membres du réseau, a resté engagé dans l’exercice de leur profession et aussi s’ouvrir des collaborations avec d’autres médias pour vulgariser davantage leur travail.
« Il faut toujours bien choisir les médias peu importe la qualité et l’intérêt de votre sujet d’enquête. Je soutiens toujours une mode de collaboration avec d’autres médias nationaux ou internationaux pour plus d’impact », a-t-il recommandé.
« (…) Un journaliste d’investigation travaille sur la vérité de fait. Donc avoir les éléments de preuves. Ne jamais utiliser sa plume pour régler les comptes à une personne pour éviter de se mettre en danger ; d’être poursuivi ».
Pour sa part, Emma Chailloux chargée de communication et des partenaires ‘‘Forbidden Stories’’, a rappelé quelques principes et cadres de coordinations pour la règle des structurations des projets d’enquêtes et aussi les techniques communicationnelles pour renforcer la visibilité. « Le coefficient multiplicateurs, contrôle d’échelle de l’audience dans l’enquête sont aussi les éléments indicateurs pour évaluer l’impact ».
Elle a aussi renforcé la capacité des journalistes en leur apportant des connaissances approfondies et rationnelles pour accroître l’audience d’une enquête. Il est utile de parler sur comment transformer les lecteurs en mobilisateurs et comment construire les narrations afin de rendre viral une enquête dans les réseaux sociaux, dans la communauté…», a conclu Emma, basée en France.
Cette session a été organisée exclusivement à l’attention des journalistes membres du réseau ‘‘SafeBox’’ qui un mécanisme développé par Forbidden Stories qui permet aux journalistes menacés en raison de leurs enquêtes de partager leurs informations afin que l’organisation et ses partenaires soient en mesure de poursuivre leur travail s’ils sont assassinés, enlevés ou emprisonnés.
Jordache Diala, envoyé spécial à Paris
