(Lolo Mutima, président des producteurs congolais de musique)
Un appel à la réforme des droits d’auteur en vue de mettre fin à la cacophonie qui règne depuis des années dans la gestion du secteur en République démocratique du Congo (RDC) a été lancé au gouvernement par un entrepreneur culturel congolais mercredi au cours d’un entretien avec le journal.
« Plusieurs articles de presse et rapports institutionnels ont révélé des scandales financiers dans la gestion des droits d’auteur et droits voisins en RDC. Tantôt on parle du détournement ou du conflit de leadership à la tête de la Socoda, tantôt des millions volatilisés à la Soneca qui est censée disparaître après sa liquidation. On ne sait pas exactement où se trouve la vérité. Face à cette cacophonie, nous pensons qu’il est temps de réformer et mettre des vrais gestionnaires à la tête de la société congolaise des droits d’auteur », a déclaré Lolo Mutima, président du Collectif des producteurs congolais des musiques (CPC).
« Ces réformes que nous voulons, relèvent de la compétence du gouvernement qui doit absolument imposer son autorité afin de réglementer le secteur au profit des créateurs des œuvres de l’esprit et de l’ensemble de l’industrie culturelles créatives (ICC). (…) Sinon, nos artistes continueront de mourir pauvres », a-t-il ajouté.
Soutien à la mise en place d’une société étatique
Le président de l’association des producteurs de musique a, cependant, soutenu le projet du ministère de la culture, qui a ému le vœu de mettre en place une entreprise publique pour assurer et diriger la gestion collective des droits d’auteur.
«La Socoda doit devenir une société de l’Etat, dont les dirigeants seront nommés et révoqués par ordonnance présidentielle. L’Etat congolais doit arrêter cette hémorragie financière pour cesser d’être une agence de pompes funèbres qui enterre les artistes alors qu’ils pouvaient vivre dignement si la gérance de la Socoda était saine », a recommandé Lolo Mutima Lecœur.
Et de poursuivre : « Je ne suis pas Inspecteur Général des Finances mais j’ose croire que la gestion sera différente et les gens ne pourront pas bafouer les textes qui régissent cette société ».
Toutefois, l’entrepreneur a fustigé le bicéphalisme qui règne dans le secteur où la gestion collective est contrôlée par deux sociétés des droits d’auteur alors la loi congolaise en la matière est claire et consacre le monopole à une seule gestionnaire. «Malheureusement, la réalité est autre sur le terrain. La Socoda est un serpent à deux têtes. D’un côté, on retrouve l’aile Blaise Bula et de l’autre côté le vieux Jossart Nyoka Longo. Pourquoi Bula n’est-il pas le seul maître à bord jusqu’à aujourd’hui ?», a déploré le numéro Un des producteurs congolais.
En RDC, renseigne-t-on, plusieurs organisations membres de la société jugent l’actuelle obsolète l’ordonnance-loi n°86-033 du 5 avril 1986, qui protège les droits des auteurs sur leurs œuvres de l’esprit. Ils militent pour sa révision en tenant compte des enjeux numériques dans le secteur afin de mieux garantir une protection équitable des créateurs.
- Diala
