C’est un signal politique fort qui vient de secouer le paysage politique congolais. En officialisant son adhésion à la Coalition Article 64 (C64), le parti des Forces Novatrices pour l’Union et la Solidarité (Fonus) de Joseph Olenghankoy, sous la conduite d’Emery Okundji, ne fait pas qu’ajouter un nom à une liste. Il valide une dynamique de rassemblement que le pouvoir en place ne peut plus ignorer. Face aux velléités de révision constitutionnelle attribuées au camp du président Félix Tshisekedi, l’opposition congolaise est en train de réussir son pari : transcender ses divisions pour faire bloc autour d’un texte sacré. L’enjeu dépasse largement les querelles partisanes habituelles. En se réclamant de l’article 64 de la Loi fondamentale, cette plateforme rappelle un principe démocratique majeur : le devoir pour tout Congolais de faire échec à quiconque tente de prendre le pouvoir par la force ou de s’y maintenir en violation de la Constitution. Pour les cadres de la C64, toucher au texte de 2006, c’est ouvrir la boîte de Pandore de l’instabilité institutionnelle et menacer le principe même de l’alternance démocratique. Cette recomposition progressive de l’opposition intervient dans un climat de haute tension. Alors que le débat sur l’avenir du système politique national s’enflamme, l’arrivée des Fonus démontre que la résistance constitutionnelle gagne du terrain. Elle prouve surtout que la défense de l’État de droit reste le ciment le plus solide pour unifier des forces politiques autrefois dispersées. Le message envoyé à Kinshasa est limpide. La Constitution n’est pas un outil ajustable au gré des ambitions du moment, mais le garant de la paix sociale. Reste à savoir si ce front du « Non », en pleine expansion, saura maintenir sa cohésion et mobiliser la population face aux échéances politiques cruciales qui s’annoncent. Une chose est sûre : la bataille pour la démocratie congolaise vient de franchir un nouveau cap.
La Pros.