Les présidents chinois et russe Xi Jinping et Vladimir Poutine ont affirmé ce mercredi la force des relations entre les deux puissances malgré les turbulences internationales, et moins d’une semaine après l’entreprise de détente menée à Pékin par leur homologue américain Donald Trump.
« Nous avons su approfondir sans cesse la confiance politique mutuelle et la coordination stratégique avec une persévérance inébranlable qui a résisté à mille épreuves », a déclaré Xi Jinping, selon l’agence de presse Chine nouvelle. Vladimir Poutine a quant à lui évoqué des relations à un « niveau sans précédent », en particulier dans le domaine économique, malgré les « facteurs extérieurs défavorables ».
Les deux dirigeants ont renouvelé leur traité d’amitié et multiplié les critiques contre « l’unilatéralisme », les « contre-courants hégémoniques » et la « loi de la jungle » dans les relations internationales – des attaques visant clairement Washington, souligne notre correspondante à Pékin, Cléa Broadhurst.
Les deux pays veulent un monde « polycentrique », moins dominé par les États-Unis. Une manière aussi pour Pékin de rappeler qu’il peut parler aussi bien avec Donald Trump qu’avec Vladimir Poutine.
Au cœur des discussions : l’énergie
Menaces de reprise des hostilités autour du Golfe, poursuite de la guerre en Ukraine, tensions sur les échanges et les approvisionnements en hydrocarbures… les deux hommes se sont retrouvés dans un contexte de crises multiples concernant directement leurs pays. Xi Jinping a encore déclaré qu’une reprise des combats au Moyen-Orient serait « inopportune ». « Il est urgent de parvenir à un arrêt total de la guerre », a ajouté le numéro 1 chinois.
Fragilisée par les sanctions occidentales depuis la guerre en Ukraine, la Russie veut renforcer ses exportations de pétrole et de gaz vers la Chine. Moscou pousse notamment le projet géant de gazoduc Force de Sibérie 2, destiné à acheminer du gaz russe vers le nord de la Chine via la Mongolie. Ce gazoduc relierait les plus grosses réserves de gaz naturel russes dans le nord de la Sibérie et la Chine. Il est capital pour la Russie, qui y voit un débouché pour ses hydrocarbures délaissés par l’Europe à la suite de l’invasion de l’Ukraine. Mais sa réalisation tarde. La guerre au Moyen-Orient renforce encore l’importance de ce partenariat énergétique. Avec les tensions dans le détroit d’Ormuz, Moscou tente de se présenter comme une alternative fiable pour sécuriser les approvisionnements chinois.
Au-delà de l’économie, cette visite avait aussi une portée symbolique : en recevant Trump puis Poutine à quelques jours d’intervalle, Xi Jinping cherche à installer Pékin au centre du jeu diplomatique mondial.
Quarante rencontres en treize ans de pouvoir concomitant
Souriant, le président chinois a accueilli Vladimir Poutine par une poignée de mains chaleureuse au pied des marches du Palais du Peuple, haut lieu du pouvoir au cœur de la capitale, Pékin. Les leaders des deux géants asiatiques ont écouté les hymnes, passé en revue une garde militaire et un groupe d’enfants bondissants scandant « bienvenue, bienvenue » et agitant des drapeaux des deux pays. Une salve de canons a retenti, suivant une mise en scène très conforme à celle de l’accueil de Donald Trump.
Xi Jinping et Vladimir Poutine, qui se donnent communément du « vieil ami » et du « cher ami » et se sont rencontrés presque 40 fois au cours de plus de treize années d’exercice concomitant du pouvoir, se sont ensuite assis à la table des discussions, avec la visite de Donald Trump parmi les différents sujets d’intérêt commun. Les deux parties présentent le sommet comme l’illustration de rapports anciens à l’épreuve des turbulences. L’occasion en est le 30e anniversaire d’un « partenariat de coordination stratégique ».
Avec RFI
