Dans une posture de responsabilité suffisamment assumée, Germain Kambinga brise, à nouveau, l’omerta et livre, en même temps, une réflexion sereine sur les grandes questions d’actualité en République démocratique du Congo. Pour lui, rien ne saurait justifier l’inaction collective face à l’urgence de la consolidation de l’intérêt général. Dans une publication, interceptée sur X, hier, mercredi 20 mai 2026, il aborde, avec perspicacité, l’épineuse problématique de la réforme constitutionnelle, démontrant des perspectives claires, mais également la trajectoire exacte que doit suivre la RDC pour sa stabilité, son développement et la préservation de sa souveraineté. Suivant de près l’atmosphère caractérisant le débat politique actuellement, Germain Kambinga Katomba estime que l’Opposition congolaise a perdu ses repères et paraît de plus en plus déconnectée des réalités profondes d’une société en pleine mutation. « La stratégie actuelle de l’opposition paraît cependant inadaptée aux réalités politiques nouvelles. Empêcher l’organisation d’un référendum par des meetings ou des mobilisations militantes semble juridiquement et politiquement peu réaliste. Surtout, l’opposition semble sous-estimer les profondes mutations sociologiques du pays. Un ‘’nouveau peuple’’, au sens de Alexis de Tocqueville, a émergé : une jeunesse plus connectée, plus pragmatique et moins attachée aux vieux réflexes idéologiques des années 1990 », souligne le Leader du Mouvement Centriste Congolais, dans sa tribune aux accents de conscientisation collective.
Point de vue de Germain Kambinga face aux grands enjeux politiques en RDC
En politique comme en médecine, une erreur de diagnostic ou de thérapie peut être fatale. Le débat autour de la réforme constitutionnelle cache en réalité une lutte classique pour la conservation ou la conquête du pouvoir. D’un côté, une opposition fragmentée, vieillissante et idéologiquement incohérente, réunie davantage par le refus du pouvoir en place que par une vision commune. De l’autre, une majorité obèse et sûre de son poids, de sa force institutionnelle, portée par la popularité évidente de son leader le PR05.
1. Ce qui se joue réellement
Pour le pouvoir, l’enjeu principal est la conservation du régime. Cette logique repose sur deux convictions. La première est historique : après plus de trente ans de lutte, l’UDPS considère que son accession au pouvoir correspond à une mission de reconstruction nationale nécessitant du temps. Selon cette vision, le temps d’exercice du pouvoir ne peut être inférieur au temps passé dans l’opposition et dans le sacrifice. La seconde relève d’une forme de mythologie politique congolaise selon laquelle les grandes aires linguistiques du pays exerceraient le pouvoir par cycles. Après les longues périodes attribuées aux Bangala puis aux Swahiliphones, certains jugent inconcevable que les Baluba ne gouvernent qu’une dizaine d’années, d’autant plus que le début du premier mandat fut marqué par la cohabitation avec l’ancien régime, puis le second par une guerre imposée par le Rwanda. Face à cela, l’opposition semble animée par une inquiétude existentielle : si le pouvoir actuel se maintient encore dix ou quinze ans, plusieurs de ses figures historiques verront leurs ambitions présidentielles définitivement compromises par l’âge (ils ont plus de 60 pour certains) et le temps politique.
2. Une opposition en retard sur la société
La stratégie actuelle de l’opposition paraît cependant inadaptée aux réalités politiques nouvelles. Empêcher l’organisation d’un référendum par des meetings ou des mobilisations militantes semble juridiquement et politiquement peu réaliste. Surtout, l’opposition semble sous-estimer les profondes mutations sociologiques du pays. Un « nouveau peuple », au sens de Alexis de Tocqueville, a émergé : une jeunesse plus connectée, plus pragmatique et moins attachée aux vieux réflexes idéologiques des années 1990.
Cette opposition pense-t-elle réellement qu’un jeune Congolais de dix-huit ans, né en 2008, soit encore sensible à la question du « troisième mandat », dont les dangers supposés lui sont largement abstraits ? Là où les générations précédentes voyaient dans la limitation stricte des mandats une garantie absolue de démocratie et de développement, beaucoup de jeunes jugent désormais le pouvoir sur des critères plus concrets : emploi, sécurité, infrastructures et perspectives économiques. L’opposition gagnerait donc à déplacer le combat : non pas empêcher le référendum, mais convaincre la population de voter « NON ». Entre les deux stratégies, il existe une différence fondamentale.
3. Les risques pour le pouvoir
Le pouvoir, lui aussi, devra agir avec prudence. Une réforme constitutionnelle ne peut apparaître comme un simple instrument de prolongation du pouvoir ou de recul démocratique.
Pour être acceptée, elle devra être présentée comme un moyen de renforcer l’unité nationale, l’intégrité territoriale et la stabilité des institutions dans un contexte de guerre et de fortes tensions régionales. Une réforme durable n’est pas celle qui protège un régime, mais celle qui donne à la nation les moyens de sa stabilité et de son développement. Comme le disait William Shakespeare : « Lorsqu’on ne peut éviter une situation, il faut apprendre à l’embrasser. »
