A l’occasion de la première rencontre de la Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution (C4), le Collectif de Professeurs d’université congolais, coordonné par le Professeur André Mulumba, a annoncé son soutien à cette structure citoyenne mise en place par l’UDPS/Tshisekedi, pour sensibiliser sur la nécessité du changement constitutionnel. Dans son mot introductif, le Coordonnateur national du Collectif de Professeurs pour le soutien à la Coalition C4 a notamment expliqué pourquoi les professeurs d’université se sont engagés derrière la Coalition C4 pour mobiliser les congolais sur cette question majeure du changement de la loi fondamentale de la RDC.
« Les professeurs d’université ne s’intéressent pas à la vie politique et ce sont les autres qui nous prennent en otage. Sous d’autres cieux, les acteurs politiques, avant de prendre une décision, se référent toujours aux savants et les savants, ce sont les professeurs d’université. Bien que chez-nous, nous ne sommes pas considérés, sous d’autres cieux, dans la composition du gouvernement, c’est au moins 52% des Ministres proviennent des universités. C’est pour cette raison que nous avions suivi avec attention des acteurs politiques parler du changement de la constitution. Et c’est pour cette raison que nous nous sommes réunis en ce jour pour que nous puissions effectivement dire un mot là-dessus. Parce que nous sommes partie prenante à ce qui se passe dans notre pays, nous ne pouvons pas laisser les autres parler en notre nom, alors que c’est nous qui sommes censés guider aussi bien les décideurs que la population », a-t-il indiqué.
A l’issue de cette rencontre, le Collectif des professionnels d’université pour le soutien à la Coalition C4 ont rendu publique une déclaration, qui a été lue par sa Coordinatrice adjointe, Madame la Professeur Gertrude Luyeye, et dont nous reprenons ce large extrait.
« Notre présence ici traduit une conviction forte : les grandes questions nationales ne doivent pas être abandonnées aux seuls calculs politiques, aux passions partisanes ou aux influences extérieures. Elles doivent également être portées par des citoyens éclairés, des intellectuels responsables, des universitaires engagés et des patriotes soucieux de l’avenir de la République.
La Constitution est le socle juridique et politique de l’État. Elle organise les institutions, encadre l’exercice du pouvoir, protège les droits fondamentaux et fixe les grandes orientations de la vie nationale. Toutefois, aucune Constitution n’est figée pour l’éternité. Lorsqu’un pays évolue, lorsque les défis changent et que le contexte sécuritaire, géopolitique, économique et social se transforme, il devient légitime de réfléchir à l’adaptation de son cadre constitutionnel (…)
Nous devons cependant être clairs: notre démarche ne vise ni la défense d’intérêts personnels, ni la pérennisation d’un individu ou d’un groupe au pouvoir. Le pouvoir appartient au peuple souverain. C’est à lui seul qu’il revient de décider de son destin politique. Notre engagement porte plutôt sur une question fondamentale comment doter la République d’un cadre constitutionnel mieux adapté à ses réalités, à ses ambitions et aux menaces auxquelles elle fait face ? », ont-ils martelé.
Et de poursuivre : « Le C4 se veut ainsi un cadre de dialogue, d’écoute, de réflexion et de mobilisation responsable. Notre approche refuse les discours de haine, les divisions tribales, les manipulations et les simplifications dangereuses. Elle privilégie l’argument, le débat, la pédagogie citoyenne et la recherche de l’intérêt supérieur de la Nation. En tant que professeurs, intellectuels et acteurs de la société, nous avons une responsabilité particulière. Nous ne pouvons pas rester spectateurs lorsque l’avenir institutionnel du pays est en discussion. Notre rôle est d’éclairer, d’expliquer, d’orienter et de contribuer à une compréhension responsable des enjeux. Les professeurs doivent prendre leur destin en mains, non dans l’agitation, mais dans la pensée, la discipline, la rigueur et l’engagement patriotique », peut-on lire dans cette prise de position du Collectif de professeurs d’université, soutenant la Coalition C4.
Enfin, le Professeur André Mulumba et ses collègues ont conclu leur déclaration en soulignant qu’un débat en cours sur l’évolution du cadre constitutionnel doit être mené dans le respect des principes démocratiques et des intérêts de la République.
« Ensemble, ouvrons un débat digne, sérieux et patriotique. Ensemble, contribuons à bâtir une République plus forte, plus stable, plus souveraine et plus conforme aux aspirations profondes de son peuple », ont-ils exhorté.
JR Mokolo
