Le débat sur l’avenir de la RDC s’intensifie dans la sphère politique congolaise. Hier, mercredi 3 juin 2026, c’est un Germain Kambinga plus franc dans sa réflexion qui épluche les enjeux du moment, marqués par une polémique vive autour de la réforme constitutionnelle. Se prononçant sur l’appel lancé par la Coalition C64 pour une ville morte mercredi 6 juin, le Président du Mouvement Centriste Congolais pense que l’Opposition devrait, dans un esprit de responsabilité parfaite, s’organiser autrement plutôt que de tomber dans une forme d’excès de confiance voire de manipulation des consciences. Selon lui, l’actuel régime du Président de la République, Félix Tshisekedi, dispose d’une trajectoire politique confortable sur fond d’une adhésion massive des congolais à sa détermination et à sa vision du lendemain du pays. « Chercher avant tout à démontrer son existence politique, comme dans une forme de besoin narcissique d’affirmation en réponse au qualificatif provocateur d’« opposition ya pete » utilisé par le pouvoir, revient à tomber dans un jeu politique dont l’UDPS maîtrise parfaitement les règles. C’est poursuivre l’ombre plutôt que la proie », fustige l’ancien patron du secteur industriel congolais, sur son compte X.
COMMUNICATION DE GERMAIN KAMBINGA DU 3 JUIN 2026
L’opposition devrait organiser ses forces afin de combattre le « Oui » lors d’un éventuel référendum en développant des arguments crédibles en faveur du « Non ». Chercher avant tout à démontrer son existence politique, comme dans une forme de besoin narcissique d’affirmation en réponse au qualificatif provocateur d’« opposition ya pete » utilisé par le pouvoir, revient à tomber dans un jeu politique dont l’UDPS maîtrise parfaitement les règles. C’est poursuivre l’ombre plutôt que la proie.
Examinons la situation politique actuelle :
1. Le pouvoir a déjà remporté la bataille du glissement institutionnel.
En effet, la perspective d’une prolongation du mandat présidentiel au-delà de 2028 semble désormais admise, y compris avec le concours involontaire d’une partie de l’opposition. Lorsqu’elle affirme qu’il ne peut y avoir de référendum sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, elle valide indirectement la thèse du pouvoir et celle du Président lui-même : pas d’élections sans ces deux provinces. Une question se pose alors : avons-nous l’opposition la plus maladroite du monde ?
2. Le rapport de force est largement favorable au pouvoir.
La puissance institutionnelle du pouvoir, combinée à la faiblesse de l’opposition sur les plans organisationnel, stratégique, populaire et opérationnel, laisse penser qu’en cas de référendum, le « Oui » l’emporterait. Le peuple ne semble ni comprendre clairement les positions de l’opposition ni les suivre, faute d’une incarnation crédible et fédératrice de celle-ci.
3. La question de l’intégrité territoriale est devenue périphérique dans le débat politique.
La sécurité de l’Est du pays semble désormais reléguée au rang d’argument secondaire, utilisé davantage pour agrémenter le discours d’une opposition faible et peu incarnée que comme une véritable priorité politique. Or, la population ne manifeste guère d’adhésion à cette approche.
4. Sauf accident de l’histoire, le pouvoir dispose aujourd’hui d’un boulevard politique.
Cependant, à l’attention des tenants du pouvoir, je prétends qu’il existe également un risque d’excès de confiance. Une gestion à court terme de la situation peut empêcher de mesurer la profondeur et l’ampleur des défis auxquels le pays est confronté.
