Les travailleurs de la société minière CHEMAF S.A. plaident pour l’accélération du processus de vente de leur entreprise et la sauvegarde de leurs emplois. Ce cri d’alarme est contenu dans un mémorandum que la délégation syndicale est venue présenter aux autorités compétentes à Kinshasa.

CHEMAF, entreprise privée opérant dans le cuivre et le cobalt au Haut-Katanga et au Lualaba, traverse une zone de turbulence. Constituée historiquement à Lubumbashi, CHEMAF exploite la mine Étoile, dont les équipements vieillissants ont aujourd’hui besoin d’être renouvelés. Or, seule la validation de la vente permettra au nouvel acquéreur de poursuivre l’exploitation et d’investir dans leur modernisation.
À côté de cette mine historique, CHEMAF détient aussi la nouvelle mine de Mutoshi, particulièrement riche en minerais. Son usine est déjà construite à près de 90%, mais faute de financement, la construction n’a pas pu être finalisée. Selon les projections, cette mine représente l’avenir de CHEMAF, car elle devra accueillir à terme près de 5 000 travailleurs.
Dans leur mémo, les travailleurs disent vivre une période d’incertitude profonde liée au blocage du processus de vente. Ni l’employeur ni l’État congolais n’ont communiqué depuis plusieurs mois, ce qui alimente la peur, la méfiance et les rumeurs, déplorent les délégués syndicaux.
La délégation syndicale alerte que la situation devient préoccupante au regard des conséquences désastreuses du blocage : non-respect de certains avantages sociaux, paiement tardif des salaires et chute sensible de la production. Les travailleurs redoutent une perte massive d’emplois en cas d’effondrement des activités, avec en toile de fond une possible déstabilisation sociale dans les communautés de Kolwezi et Lubumbashi.
Les attentes formulées par les travailleurs sont claires :
Accélérer le traitement du dossier de vente par l’État congolais afin de lever les blocages administratifs ;
garantir par écrit la sauvegarde des emplois et des droits sociaux ;
instaurer un dialogue permanent entre l’État, l’employeur et les représentants des travailleurs.
En définitive, les travailleurs de CHEMAF en appellent à l’implication personnelle du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, garant de la vision « Le peuple d’abord ». «Il y a véritablement péril en la demeure. Des familles ouvrières craignent de ne plus percevoir leurs salaires, la production est en chute libre et les équipements vieillissants risquent de paralyser l’activité. Nous demandons avec insistance que l’État agisse vite pour éviter l’effondrement total de l’entreprise et la catastrophe sociale qui en découlerait », insistent les délégués syndicaux.
Pour faire entendre leur voix, les représentants de CHEMAF ont rencontré, lundi 8 septembre, l’Inspecteur général du travail, le Ministre de l’Emploi et du Travail ainsi que le Président de l’Intersyndicale des travailleurs du Congo. Ces autorités ont reconnu la légitimité de leurs inquiétudes et les ont encouragés à porter le dossier auprès de la Première Ministre, afin qu’une solution urgente soit trouvée. La délégation syndicale entend poursuivre sa tournée auprès de toutes les autorités susceptibles de contribuer à une issue rapide.
Vianney MUTULIRANO/CP
