Suite à la publication du récent rapport d’enquête des Nations Unies évoquant le massacre de 319 civils dont 48 femmes et 19 enfants, entre le 9 et le 21 juillet dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, des voix s’élèvent pour condamner avec fermeté ces atrocités qui visent à exterminer les populations congolaises par la rébellion de l’AFC/M23 en complicité avec les Forces de Défense Rwandaises (RDF). Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, se dit «horrifié par cet acte qui reflète une nouvelle fois la barbarie à laquelle le peuple congolais est confronté depuis trois décennies ». Une déclaration faite le 10 août dernier.
La dégradation de la situation sécuritaire dans cette partie du territoire congolais foule aux pieds les processus de paix déjà engagés par la signature de l’accord de paix à Washington entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda le 27 juin 2025 et celui de Doha par la signature de la déclaration de principes le 19 juillet entre le gouvernement congolais et la coalition rebelle de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda.
Cet acteur politique de l’opposition se dit préoccupé par cette détérioration de la situation sur le terrain et présente ainsi des inquiétudes infernales «pour les populations de l’Est du pays qui continuent de payer un lourd tribut».
Alors que les processus de paix prévoient un cessez-le-feu immédiat dans ces zones sous-occupations du M23, Denis Mukwege sent un envol en fumée des espoirs des congolais qui, jusqu’ici, ont cru en l’applicabilité sur le terrain de ces documents essentiels pour un retour de la paix durable dans l’Est du pays et dans la région des Grands Lacs.
Il estime aussi que ces «prétendus cessez-le-feu ne sont qu’une façade qui ne fait qu’endormir la vigilance internationale et laisser le champ libre aux agresseurs». Puisque, selon lui, «les rebelles ne cessent de poursuivre leur progression jusque dans de nouvelles localités du Sud-Kivu».
Le gynécologue qualifié de ‘’réparateur des femmes’’, a pointé du doigt l’inaction et les «tâtonnements» du gouvernement congolais, estimant que Kinshasa peine à mesurer la gravité de la menace qui pèse sur les populations de ces régions sous contrôle ennemis.
Il appelle la classe politique congolaise à transcender les intérêts partisans pour «se dresser en rempart» contre ce qu’il décrit comme «un projet d’extermination et de balkanisation» du pays.
Il sied de rappeler que selon ce rapport publié par les experts de l’ONU, les atrocités auraient été commises par des éléments du M23 et des Forces de défense rwandaises (RDF).
César Nkangulu
