C’est dans le beau cadre de Pullman Hôtel, situé à la Gombe, à Kinshasa, que s’est tenu hier, mardi 4 novembre 2025, l’atelier national de restitution des résultats du rapport sur l’analyse de la situation d’insécurité alimentaire en RDC. Cette activité importante, organisée par le Gouvernement congolais, en collaboration avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), a récolté un succès éloquent, réunissant plusieurs personnalités de marque dont le Ministre congolais de l’Agriculture, Muhindo Nzangi, et le Représentant des Agences du Système des Nations Unies en République Démocratique du Congo, Bruno Lemarquis. Un représentant de la FAO, plein de vitalité, était également de la partie.
Il y a lieu de noter que selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), 26,6 millions de personnes au plan national devraient être confrontées à des niveaux de crise ou pire en matière d’insécurité alimentaire d’ici début 2026, dont 3,9 millions en situation de faim d’urgence. Il s’agit d’un tableau alarmant par rapport aux statistiques actuelles de 24,8 millions et 3,2 millions.
Dans son intervention, Bruno Lemarquis, Représentant des Agences du Système des Nations Unies en République démocratique du Congo a brossé les grandes lignes des défis persistants, tout en saluant le travail que ne cesse de réaliser la FAO et le PAM.
‘’C’est un plaisir pour moi de prendre la parole aujourd’hui à cette séance de présentation de la dernière analyse des résultats de l’IPC qui apporte un éclairage approfondi comme chaque année sur la situation des ménages à travers le pays en termes d’insécurité alimentaire. Cette année, l’analyse s’est passée dans un contexte un peu plus difficile que l’an dernier du fait des contraintes budgétaires sévères, des défis logistiques importants, de la nouvelle situation à l’Est et d’une instabilité sécuritaire persistante dans plusieurs provinces. Mais, grâce à la synergie très étroite entre le Gouvernement, le PAM, la FAO et les membres du Groupe technique de l’IPC, le travail a pu être fait. Je remercie toutes les équipes pour tous leurs efforts, notamment les équipes sur le terrain qui collectent et analysent les données dans des conditions parfois difficiles. Les chiffres qui vont être présentés aujourd’hui vont montrer un niveau d’insécurité alimentaire qui reste très élevé dans le pays malgré une légère amélioration globale. Cependant, cette amélioration apparente marque des dégradations préoccupantes pour certains groupes de populations. En particulier dans les provinces de l’Est. La malnutrition infantile reste par ailleurs une préoccupation criante. Et à l’échelle nationale, près de la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de retard de croissance dû à la sous-nutrition chronique. L’analyse de l’IPC est très importante comme exercice, c’est notre boussole qui pointe dans une direction qui n’est pas vraiment la bonne’’, a-t-il indiqué. Et de compléter : ‘’Dans le cadre du Plan de réponse humanitaire 2026 qui est en train d’être préparé et qui sera lancé au début de l’an prochain, il nous faudra faire des choix difficiles compte tenu de la situation financière qu’il y a eu récemment, en nous focalisant sur les besoins les plus aigus… Dans la cadre de la réponse humanitaire, il nous faudra également appuyer partout pour la restauration des moyens d’existence, apporter de l’assistance alimentaire lorsque c’est nécessaire… Au-delà de la réponse humanitaire, il est plus que jamais important de travailler différemment et dans la durée pour réduire les besoins humanitaires et inverser la tendance, en particulier en ce qui concerne les besoins chroniques’’.
Le Représentant de la FAO a, pour sa part, avancé des actions menées par son agence, appelant à la mobilisation des partenaires financiers pour contribuer à relever les défis.
Dans son intervention, le Ministre d’Etat Muhindo Nzangi a salué le rôle essentiel que ne cesse d’assurer les Agences onusiennes pour le secteur sanitaire congolais, soulignant l’importance des efforts supplémentaires pour permettre de lutter efficacement contre l’insécurité alimentaire qui gangrène la RDC.
GM
