La Commission Nationale de Rotary (RHCC RDC) a tenu hier, jeudi 5 février 2026, à l’Hôtel Fleuve Congo, une conférence de haut niveau placée sous le thème : «Renforcer l’engagement national pour l’élimination du paludisme : Gouvernance communautaire, financement domestique et rôle mobilisateur du Rotary». Une rencontre stratégique organisée en partenariat avec World Vision, PATH et le Ministère de la Santé, au moment où la question du paludisme demeure, pour la République Démocratique du Congo, un test de leadership, de cohérence budgétaire et d’efficacité de proximité. Le message central a été martelé par le consortium : le temps des initiatives isolées est révolu. L’heure est à une coalition nationale, structurée, financée durablement par des ressources internes, et soumise à une redevabilité transparente envers les citoyens.
Prenant la parole au nom du Rotary international, Gaston Mutamba, Président de la Commission Nationale du RHCC, a inscrit le combat contre le paludisme dans la continuité d’une page sanitaire dans laquelle la RDC a déjà démontré sa capacité d’endurance avec l’éradication de la poliomyélite.
«Pendant plusieurs années, la RDC a été l’un des pays clés dans la bataille mondiale contre la polio, grâce au leadership du gouvernement, à l’engagement des communautés, au développement des agents de santé et à la mobilisation des partenaires. Notre pays a contribué de manière décisive aux avancées historiques qui ont permis de faire reculer cette maladie dévastatrice. Le Rotary a été, depuis 1985, un acteur central de ce combat mondial. Nous avons mobilisé plus de 3 milliards de dollars, des millions de bénévoles et aussi un plaidoyer politique de haut niveau. Cette expérience vous enseigne cette leçon fondamentale. Lorsque les gouvernements, les communautés, la société civile, le secteur privé et les partenaires internationaux agissent ensemble, les grandes victoires sanitaires deviennent possibles », a déclaré Gaston Mutamba en introduction. Il plaide pour la capitalisation de l’expérience de l’éradication de la poliomyélite, pour en finir également avec le paludisme en RDC.
Le cœur opérationnel de la rencontre a porté sur le Rotary Healthy Communities Challenge (RHCC) ou « Défi du Rotary pour des collectivités en bonne santé » lancé en décembre 2024 et doté d’un budget global de 30 millions de dollars américains. Le programme est mis en œuvre en RDC, Mozambique, Nigéria et Zambie, avec un partenariat stratégique associant la Fondation Rotary, la Fondation Bill et Melinda Gates, World Vision International et PATH.
« Le RHCC est une initiative multinationale dotée d’un budget de 30 millions de dollars américains. L’objectif commun est de contribuer à réduire durablement la mortalité infantile liée au paludisme, à la pneumonie et aux maladies diarrhéiques, en renforçant le système de santé communautaire. », a-t-il précisé.
En RDC, l’initiative affiche des contours précis. 8,5 millions USD sur 3 ans, avec une mise en œuvre dans la province du Kasaï, couvrant 14 zones de santé prioritaires. Les actions annoncées touchent le nerf de la guerre qui est l’accès aux soins au niveau communautaire, l’outillage des relais, la qualité de la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant, et l’engagement citoyen.
Le Président de la Commission Nationale du RHCC a exhorté les acteurs de cette lutte à ne pas seulement de faire des projets, mais de consolider un système capable de durer au-delà des cycles des bailleurs.
« Nous ne voulons pas agir seuls. Nous voulons agir ensemble. Nous voulons que le projet RHCC soit pérenne. »
Pour y parvenir, le Rotary a cadré les conditions politiques et financières qui sont entre autres : leadership politique, mobilisation accrue des ressources domestiques, implication structurée du secteur privé et redevabilité.
Appel national à l’Action
- Jean Kalala Tupa, membre du RHCC, a lancé un appel national à l’action structuré autour de six engagements majeurs : priorisation politique, ressources domestiques, création d’un fonds national multi-acteurs, partenariat avec le secteur privé, redevabilité, et engagement communautaire.
« Nous avons une chance unique de soutenir les interventions en santé au niveau communautaire et de sauver des milliers d’enfants. Nous avons les outils, nous avons les équipes, nous avons les partenaires, il ne manque qu’une chose : notre engagement collectif. Aujourd’hui, nous avons le choix – Continuer à subir le paludisme, – Ou décider collectivement d’y mettre fin. », s’est-il exprimé.
Cet appel lancé ne s’arrête pas à une déclaration d’intention, mais aussi, il distribue les rôles.
A l’Etat congolais, la demande est d’inscrire une ligne budgétaire pluriannuelle dédiée à la santé communautaire, sécuriser la logistique et les intrants, et garantir la continuité au niveau des villages. Au secteur privé, le message est d’investir dans la santé, car elle a une influence dans la productivité, la stabilité et la réputation. Il est question d’engagement annuel, d’indicateurs publics, de résultats mesurables. Au Rotary et aux Clubs, la promesse mise sur la table est celle de la transparence : gestion auditée, publications de résultats, traçabilité, et accompagnement vers un fonds national multi-acteurs.
Nathan Mundele
