Virginie Manganga, Journaliste –chroniqueuse de musique, est toujours détenue à la prison centrale Makala à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC) pour diffamation et atteinte à la privée du chanteur congolais Fally IPUPA élevé au rang de ‘‘Chevalier de l’ordre national des Léopards’’ par le Président de la république, Félix Tshisekedi. Lors d’une conférence de presse tenue mercredi dans la capitale congolaise, les avocats de l’artiste ont confirmé que le procès a été ouvert et le dossier poursuit sa cour normale devant les juges au tribunal de paix de la Gombe. Dans un communiqué, la procédure de l’arrestation de Madame MANGANGA a été dénoncée par l’Association des femmes journalistes de la presse écrite qui appelle la corporation à la solidarité et au soutien à l’accusée.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE N°23/KN/SG/30/09/26
L’ACOFEPE exprime sa solidarité, son soutien moral et psychologique à la consœur journaliste Virginie MANGANGA
Kinshasa, jeudi 1er octobre 2026
L’Association Congolaise des Femmes Journalistes de la Presse Écrite (ACOFEPE) exprime sa profonde solidarité, son soutien moral et psychologique à la consœur journaliste Virginie MANGANGA, actuellement détenue à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, dans le cadre d’une procédure judiciaire pour diffamation qui l’oppose à l’artiste congolais Fally Ipupa.
Au-delà de la procédure judiciaire en cours, l’ACOFEPE souhaite rappeler que derrière chaque femme confrontée à une situation de détresse se trouve une personne, une mère, une fille, une sœur ou une professionnelle dont la dignité doit être préservée.
Notre pays a connu et connaît encore de nombreuses situations dans lesquelles les femmes et les enfants paient un lourd tribut aux conflits, aux violences, aux injustices sociales et aux différentes formes de vulnérabilité. Nos mères, nos sœurs et nos filles ont suffisamment souffert. Cette réalité humaine ne peut laisser indifférente une société qui aspire à la paix, à la justice et au respect de la dignité humaine.
L’ACOFEPE estime dès lors que la souffrance des femmes et des enfants en République démocratique du Congo devrait être considérée comme une véritable urgence nationale, nécessitant une attention constante des pouvoirs publics, de la société civile, des organisations professionnelles et de l’ensemble de la communauté nationale.
Dans cet esprit, l’ACOFEPE lance un appel à la responsabilité, à la solidarité et à l’humanisme de tous.
Nous ne pouvons pas accepter que les femmes soient instrumentalisées par les hommes pour faire souffrir d’autres femmes. La solidarité entre femmes ne doit pas être une solidarité de circonstance, mais une valeur fondamentale, particulièrement lorsque l’une d’entre elles traverse une période de grande vulnérabilité.
L’ACOFEPE appelle donc l’ensemble de la corporation journalistique, les organisations professionnelles des médias, les associations de défense des droits des femmes ainsi que toutes les personnes éprises de justice et d’humanisme à manifester leur solidarité à l’égard de la consœur Virginie MANGANGA, dans le strict respect de la loi et des droits de toutes les parties.
L’Association sollicite également l’appui et l’accompagnement de l’Association des Femmes Avocates Congolaises, afin que, dans le cadre de ses missions, elle puisse apporter son expertise et contribuer à la défense des droits de la consœur Virginie MANGANGA.
L’ACOFEPE rappelle avec force le principe fondamental de la présomption d’innocence, selon lequel toute personne poursuivie est présumée innocente jusqu’à ce qu’une décision judiciaire définitive établisse sa culpabilité.
Notre démarche n’est donc pas de nous substituer à la justice, encore moins de préjuger de l’issue de la procédure. Elle est avant tout humaine, féminine et solidaire : aucune procédure ne devrait faire perdre de vue la dignité de la personne humaine.
L’ACOFEPE réaffirme par ailleurs son attachement à la liberté de la presse, à la protection des journalistes, à la dignité des femmes, à la protection de l’enfant et au respect des droits fondamentaux.
Elle invite toutes les parties concernées à privilégier, dans le respect de la loi, les voies susceptibles de préserver la dignité humaine et d’éviter que les femmes et les enfants ne deviennent les principales victimes de nos différends.
La République démocratique du Congo a besoin de justice, mais elle a également besoin d’humanité.
L’ACOFEPE restera attentive à l’évolution de cette affaire et souhaite que les droits de toutes les parties soient pleinement garantis et respectés dans le cadre de la procédure judiciaire.
Fait à Kinshasa, le jeudi 1er octobre 2026
Le Secrétariat général de l’ACOFEPE
