Décidément, la mode ne se résume plus aux podiums, aux vêtements et aux simples images. Derrière chaque création se cachent des métiers, des stratégies, des réseaux et surtout une véritable économie. C’est autour de cette réalité que Creative Currencies a réuni, samedi 5 septembre 2026 à Kinshasa, plusieurs professionnels du secteur lors d’un panel baptisé « The Business of Fashion : quand la créativité devient une force économique ». Pendant plusieurs heures, créateurs, photographes et acteurs de la communication ont échangé sur les réalités professionnelles d’une industrie en pleine mutation. L’objectif était clair : montrer aux jeunes talents que transformer une passion pour la mode en carrière exige bien plus que de la créativité.
Bibi Papillon au four et au moulin
A cette occasion, Bibi Papillon, Fondatrice de Creative Currencies, a insisté sur l’urgence de faire de la créativité une force économique, saluant, vivement, le développement des industries créatives congolaises. Elle a démontré également la place incontournable du mécénat dans la promotion de la mode en RDC et a appelé au soutien du Gouvernement et des organisations privées en faveur des artistes congolais.
Pour l’année prochaine, Bibi Papillon a annoncé que sa structure va organiser une série de formations liées à la mode et à la créativité pour renforcer la résilience des jeunes et promouvoir les talents locaux.
« Je suis satisfaite. Je trouve que ce panel était un grand succès. Je suis très contente parce qu’aujourd’hui j’ai vu que les industries créatives congolaises vont vraiment de l’avant. Il y a vraiment de l’espoir. Il faut juste du soutien aussi bien du Gouvernement, des entreprises. Le Congo est rempli de talents. Le monde le sait. On a juste besoin d’avoir une structure qui nous soutient », a-t-elle déclaré, face à la presse.
Rendez-vous aux enjeux multiples
Autour de la table, lors du talk, figuraient IB Kamara, Amandine Piango, Trish Beghin et Kenny Germé, quatre profils aux parcours et aux expertises complémentaires.
Styliste, photographe et directeur artistique, IB Kamara, qui a notamment collaboré avec des références internationales telles que Dazed, Vogue, Chanel et Off-White, a apporté son expérience de la création et de la direction artistique. A ses côtés, Amandine Piango, spécialiste de la communication et des relations publiques, a mis en lumière l’importance de l’image, du positionnement et de la stratégie dans le développement d’une carrière.
La styliste et couturière Trish Beghin, ainsi que le photographe Kenny Germé, ont également contribué aux échanges en apportant leurs regards sur les réalités concrètes de leurs métiers.
Au fil des discussions, une idée s’est imposée : avoir du talent ne suffit plus. Dans une industrie où l’image joue un rôle déterminant, les créateurs doivent également savoir se positionner, communiquer, développer leur réseau et comprendre les mécanismes économiques qui entourent leur activité.
Serge Bahati encourage l’innovation
C’est précisément ce message que Serge Bahati, Député National et l’un des sponsors de l’événement, a voulu laisser aux participants en prenant la parole à la clôture de l’activité.
Dans une intervention particulièrement engagée, il a appelé les jeunes créateurs à ne plus considérer leur talent comme un simple don artistique, mais comme une ressource susceptible de devenir un métier, une entreprise et une source d’emplois.
« La créativité est une richesse », a-t-il martelé, avant d’expliquer que l’imagination, le talent, la réputation et le réseau constituent eux aussi des formes de capital. Mais pour transformer cette richesse en valeur réelle, a-t-il insisté, il faut y associer la discipline, la formation et le professionnalisme.
L’un des passages les plus marquants de son intervention a porté sur le professionnalisme.
Respecter ses engagements, livrer dans les délais, bien servir ses clients, protéger son travail et maintenir une qualité constante sont, selon lui, autant d’éléments qui permettent de bâtir une carrière solide. « Votre nom est votre première marque », a-t-il lancé aux jeunes présents, les invitant à faire en sorte que leur nom soit immédiatement associé à la qualité. « Avant même de vendre un produit, vous vendez la confiance que votre nom inspire », a-t-il poursuivi.
Il les a également encouragés à ne pas avoir peur de commencer petit, rappelant que les grandes marques admirées aujourd’hui ont elles aussi connu leurs premiers pas.
« Ne méprisez pas les petits débuts. Ce qui compte, c’est la constance, la qualité du travail et la capacité à apprendre à chaque étape », a-t-il conseillé.
Identité congolaise en marche
Serge Bahati a invité les créateurs congolais à croire davantage en leur propre identité. Selon lui, le monde n’attend pas nécessairement une copie de Paris ou de Milan. Il attend aussi ce que la République démocratique du Congo peut produire à partir de sa culture, ses tissus, ses couleurs, ses histoires et son imagination.
Cette identité constitue, à ses yeux, une richesse qu’il faut valoriser, professionnaliser et présenter au monde avec fierté.
Son intervention a également insisté sur la nécessité de travailler collectivement. Styliste, couturier, mannequin, photographe, communicant, graphiste ou entrepreneur ne devraient pas évoluer en vase clos. Tous participent à une même chaîne de valeur.
Serge Bahati a invité les créateurs congolais à croire davantage en leur propre identité. Selon lui, le monde n’attend pas nécessairement une copie de Paris ou de Milan. « Le monde ne nous demande pas de devenir une autre capitale de la mode. Il veut découvrir ce que nous sommes capables de créer à partir de notre propre histoire », a-t-il déclaré.
Il attend aussi ce que la République démocratique du Congo peut produire à partir de sa culture, ses tissus, ses couleurs, ses histoires et son imagination.
Cette identité constitue, à ses yeux, une richesse qu’il faut valoriser, professionnaliser et présenter au monde avec fierté. « Nos tissus, nos couleurs, nos récits et nos symboles ne sont pas des limites. Ce sont des matières premières pour créer des œuvres, des marques et des marchés », a-t-il insisté.
Son intervention a également insisté sur la nécessité de travailler collectivement. « Aucun talent ne grandit seul », a-t-il affirmé.
Styliste, couturier, mannequin, photographe, communicant, graphiste ou entrepreneur ne devraient pas évoluer en vase clos. Tous participent à une même chaîne de valeur.
Il sied de préciser que cette conférence, organisée avec l’appui logistique de Gradeco Events, a été précédé des ateliers tenus trois jours durant à Silikin Village.
La Pros.
