A l’occasion de la Journée internationale de la réduction des risques de catastrophe, Carlin Vese, expert en genre, masculinité et féminité positives, a insisté mardi 13 octobre sur l’importance de promouvoir la masculinité positive et la féminité positive comme éléments centraux des stratégies nationales de prévention et de protection des vies. L’échange, tenu à Kinshasa, a rassemblé responsables locaux, acteurs humanitaires et représentants de la société civile autour d’un même constat : les approches de genre renforcées sauvent des vies.
« La masculinité positive et la féminité positive constituent des piliers de la prévention et de la protection des vies », a déclaré Carlin Vese, expert en genre, masculinité et féminité positives. Selon lui, ces approches permettent aux hommes et aux femmes d’occuper une place importante dans la construction d’une famille et d’une communauté capables d’anticiper les risques, de faire face aux crises et de se relever ensemble après une catastrophe.
Contexte et enjeux
La République démocratique du Congo (RDC) est régulièrement confrontée à une variété de risques — inondations, glissements de terrain, éruptions volcaniques, flambées de violence et épidémies — qui frappent souvent de manière disproportionnée les groupes les plus vulnérables. La prise en compte des dynamiques de genre dans les politiques de réduction des risques de catastrophe (RRC) est aujourd’hui considérée comme indispensable pour mieux prévenir, répondre et renforcer la résilience des populations.
Approches proposées
Lors de la rencontre, plusieurs axes concrets ont été évoqués :
– Sensibilisation communautaire : former les leaders locaux et les familles à des modèles de masculinité et de féminité qui valorisent la responsabilité partagée, la communication et la coopération lors des alertes et des évacuations.
– Inclusion dans les plans d’urgence : veiller à ce que les plans municipaux et provinciaux intègrent des mesures spécifiques pour protéger les femmes, les hommes, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap, en tenant compte des rôles de genre sans reproduire les stéréotypes nuisibles.
– Renforcement capacitaire : promouvoir des formations mixtes (hommes/femmes) en premiers secours, en gestion de l’eau et de l’assainissement, et en préparation aux évacuations afin que chacun soit habilité à agir.
– Mécanismes de suivi : instaurer des indicateurs sexospécifiques pour mesurer l’efficacité des programmes de RRC et s’assurer que les bénéficiaires de l’aide sont équitablement atteints.
Témoignages et réactions
Des représentants d’ONG présentes ont salué l’approche, estimant qu’elle facilite l’adhésion communautaire. « Quand les hommes sont impliqués non seulement comme protecteurs mais aussi comme acteurs de prévention et de soin, les familles prennent de meilleures décisions en situation d’urgence », a expliqué une coordinatrice d’un projet local. Des participantes ont-elles souligné que la valorisation de la féminité positive renforce l’autonomie économique et la capacité d’organisation des femmes au sein des ménages et des quartiers.
Perspectives et recommandations
Les participants ont formulé plusieurs recommandations à l’adresse des autorités publiques et des partenaires internationaux :
– Intégrer la perspective de genre dans les budgets alloués à la prévention des catastrophes.
– Développer des campagnes de communication nationale sur la masculinité et la féminité positives.
– Soutenir les initiatives locales portées par les jeunes et les femmes, souvent premières actrices de la résilience communautaire.
– Mettre en place des programmes scolaires et extrascolaires pour diffuser, dès le plus jeune âge, des modèles de comportement favorisant la prévention et la solidarité.
Conclusion
La rencontre de Kinshasa a rappelé que la réduction des risques de catastrophe dépasse la seule logistique : elle implique une transformation des comportements sociaux et des rapports au sein des familles et des communautés. Comme l’a résumé Carlin Vese, « anticiper les risques et se relever après une catastrophe nécessite que les hommes et les femmes agissent ensemble, chacun avec des responsabilités partagées et reconnues ». Pour la RDC, l’enjeu est aujourd’hui d’inscrire ces principes dans les politiques publiques et les pratiques de terrain afin de réduire durablement l’impact des catastrophes sur les populations.
César Nkangulu
