Pour la 16ème fois de son histoire, la République Démocratique du Congo se voit de nouveau confrontée à une nouvelle propagation du virus Ebola, causant des dommages parmi son peuple. En effet, officiellement, cette nouvelle résurgence du virus a été confirmée dans la province du Kasaï, par le Docteur Samuel-Roger Kamba, Ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévention. Cette annonce a été dite hier, jeudi 4 septembre 2025, lors d’un briefing-presse au studio Maman Angebi de la RTNC, sous la modération de Patrick Muyaya, Ministre de la Communication et Médias, Porte-Parole du Gouvernement.
L’alerte a été donnée le samedi 30 août depuis le territoire de Mweka, signalant des cas de fièvre hémorragique. « Nos équipes sont arrivées sur place le mardi et les échantillons prélevés nous ont permis d’avoir la confirmation malheureuse qu’il s’agit bien d’Ebola », a déclaré le Dr Roger Kamba.
Le cas indexé est une femme enceinte de 34 ans, admise à l’Hôpital Général de Bulape. Elle présentait une forte fièvre, des diarrhées et des vomissements sanglants. Son état s’est rapidement dégradé avec des saignements par le nez et la bouche, menant à une défaillance multiviscérale et à son décès quelques heures plus tard. Quatre jours après, l’infirmière et le laborantin qui l’avaient prise en charge ont développé les mêmes symptômes avant de succomber à leur tour.
A ce jour, le bilan fait état de 28 cas recensés, dont 15 décès, 14 dans la zone de santé de Bulape et 1 dans celle de Mweka.
Les analyses de séquençage ont permis d’identifier la souche responsable : le virus Ebola de type Zaïre. Le Ministre de la Santé a toutefois apporté une précision cruciale : « Quand on a fait le séquençage, on s’est rendu compte que ce n’est pas le même virus qui avait circulé dans cette région en 2007-2008. Nous sommes donc sûrs que c’est une contamination entre l’animal et l’humain, une transmission inter-espèce ».
Le Dr Kamba a rappelé que la transmission d’Ebola se fait par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée notamment, la sueur, les vomissures, et les selles. Il a insisté sur les mesures d’hygiène fondamentales : « La première chose est de ne pas toucher quelqu’un qui est malade et qui présente ces symptômes. Appelez nos équipes. La deuxième chose est de se laver les mains régulièrement ».
Face à cette situation, le Gouvernement se veut rassurant. « L’avantage que nous avons, c’est que pour la souche Zaïre, nous avons un vaccin et nous avons un traitement », a souligné le Ministre de la Santé. Il a fait référence à la molécule « Ebanga », développée notamment grâce aux travaux du Professeur Muyembe, qui permet de soigner les malades.
La logistique est en cours de déploiement pour acheminer ces moyens, le vaccin nécessitant une conservation à très basse température. La stratégie adoptée sera celle de la vaccination en ceinture, qui consiste à vacciner les contacts des malades ainsi que les contacts de ces contacts pour briser la chaîne de transmission.
En outre, complétant son collègue de la Santé, le Ministre Patrick Muyaya a conclu en appelant au calme : « Il n’y a aucune raison de paniquer. Nous donnons l’information parce que c’est dans la droite ligne de notre responsabilité de le faire chaque fois qu’une telle situation apparaît ».
La Pros.
