Kisantu, dans le territoire de Madimba au Kongo central, traverse depuis plusieurs semaines une vague de violences urbaines marquée par des affrontements récurrents entre groupes de jeunes, des actes de vandalisme et une insécurité persistante dans plusieurs quartiers.
Face à cette situation devenue intenable, le ministre provincial de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacques Mavakala, a engagé une véritable reprise en main sécuritaire ce samedi 22 novembre 2025.
Plutôt que de se limiter à des rapports administratifs, le ministre a opté pour une approche de proximité : descente sur terrain, échanges directs avec la population et évaluation des failles administratives. Cette démarche a donné naissance à un plan d’action articulé autour de sept mesures majeures visant à restaurer l’autorité de l’État et garantir la tranquillité publique.
Une visite de proximité pour mesurer l’ampleur du problème
Accompagné de leaders locaux et de nombreux habitants, Jacques Mavakala a d’abord inspecté les maisons touchées par les incidents du 17 novembre 2025. Sa tournée s’est étendue aux quartiers considérés aujourd’hui comme des “zones rouges” : Kintanu, Kimbondo, Mfuki et Wete.
Durant plusieurs heures, il a écouté les témoignages des habitants et constaté l’enracinement d’une criminalité organisée qui dépasse désormais le simple banditisme de rue. Les populations dénoncent notamment les agissements d’un groupe de jeunes violents communément appelé Kuluna, semant la peur dans plusieurs avenues de la cité.
Des failles administratives pointées du doigt
Au Foyer social de Kintanu, où il s’est exprimé devant les résidents, le ministre n’a pas hésité à interpeller les chefs de quartiers jugés inefficaces, absents ou peu impliqués dans la gestion quotidienne des problèmes sécuritaires. Il a également rappelé la responsabilité des familles qui protègent parfois les jeunes auteurs de violences, entravant ainsi les efforts des services de sécurité.
Sept mesures fortes pour restaurer l’ordre
A l’issue de sa mission, Jacques Mavakala a dévoilé sept décisions prioritaires destinées à mettre fin à l’insécurité grandissante :
- Fermeture immédiate des points de vente de chanvre, sous peine de poursuites contre les agents de police qui laisseraient ces activités perdurer.
- Création d’un sous-Ciat dans les zones les plus touchées afin d’assurer une présence policière constante.
- Arrestation des présumés Kuluna ainsi que des parents complices qui protégeraient ou hébergeraient ces jeunes délinquants.
- Renforcement de l’administration locale, en remplaçant ou redynamisant les chefs de quartiers absents ou inefficaces.
- Mise en place d’une équipe de maîtres volontaires chargés d’appuyer les forces de sécurité dans les opérations quotidiennes.
- Création d’une cellule de réception des plaintes et dénonciations, pour encourager la vigilance citoyenne.
- Coordination renforcée entre l’Administrateur du territoire de Madimba, le commandant de la police d’Inkisi et les responsables locaux, afin d’éviter les failles opérationnelles.
Un appel à la mobilisation citoyenne
Le ministre Mavakala a conclu en exhortant la population à une collaboration active avec les autorités. Selon lui, la sécurité de Kisantu repose autant sur les efforts gouvernementaux que sur l’engagement communautaire : « Ceux qui troublent l’ordre vivent parmi nous ; il est temps que la population refuse la complicité silencieuse », a-t-il insisté.
Avec ce plan d’action, le gouvernement provincial espère amorcer une véritable stabilisation de Kisantu et mettre fin à une insécurité qui, depuis des mois, menace la quiétude des familles et le développement local.
Bosco Kiaka
