Face à la persistance de l’insécurité qui entrave les efforts de santé publique, une réunion de haut niveau s’est tenue ce 23 mai dans la capitale congolaise. L’objectif : définir une stratégie concertée pour protéger les centres de santé et le personnel soignant dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Le siège du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières a servi de cadre, ce jeudi 23 mai, à une séance de travail cruciale. Autour de la table, le Ministre de l’Intérieur, les responsables de la MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo) ainsi que les Gouverneurs des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Une menace double : Sanitaire et Sécuritaire
Alors que la région fait face à des défis sanitaires majeurs, notamment la menace du virus Ebola, l’activisme des groupes armés dans l’Est du pays vient compliquer davantage la situation. Les centres de traitement et le personnel de santé, en première ligne de la riposte, sont régulièrement la cible d’attaques ou de menaces directes, freinant ainsi les interventions d’urgence.
« On ne peut soigner efficacement si le médecin ou l’infirmier craint pour sa vie », a laissé entendre l’un des participants à l’issue de la rencontre. L’enjeu de cette réunion était donc de renforcer la coordination entre les forces de sécurité nationales et les casques bleus de la MONUSCO pour instaurer un « sanctuaire sécuritaire » autour des infrastructures de santé.
Les points clés de la stratégie
Trois axes principaux ont été dégagés lors des échanges :
1. La protection physique des infrastructures : Renforcement de la présence sécuritaire autour des centres de santé et des points de transit dans les zones rouges du Nord-Kivu et de l’Ituri.
2. La sécurisation du personnel mobile : Mise en place d’escortes et de protocoles de communication sécurisés pour les équipes de vaccination et de sensibilisation qui se déplacent dans les zones reculées.
3. La protection des populations civiles : S’assurer que l’accès aux soins ne soit pas un risque pour les patients, souvent pris entre deux feux lors des incursions de groupes armés. Un partenariat renouvelé
La présence de la MONUSCO aux côtés des autorités congolaises souligne l’importance de l’appui logistique et sécuritaire international dans cette crise. Les Gouverneurs du Nord-Kivu et de l’Ituri, dont les provinces sont sous état de siège, ont plaidé pour une réactivité accrue des forces sur le terrain afin de prévenir les attaques plutôt que de simplement y réagir.
Cette réunion de Kinshasa marque une étape importante dans la volonté du gouvernement de ne pas laisser l’insécurité dicter l’agenda sanitaire du pays. Alors que les efforts se poursuivent pour éradiquer les foyers épidémiques, la sécurisation des « soldats de la santé » reste la condition sine qua non de la réussite de la riposte.
César Nkangulu
