Après plusieurs années de fortes érosions ayant labouré les tronçons post-bureaux de la ville de Kalemie, l’avenue Route Makala recommence à voir la lumière. Longtemps meurtrie par les eaux sauvages, cette artère stratégique devenue au fil du temps un symbole d’abandon, entame une phase décisive de réfection. Objectif immédiat, protéger la prison centrale de Kalemie, dont les murs sont aujourd’hui sous menace d’écroulement, dans un contexte où l’effondrement d’un pont a déjà aggravé les risques, jusqu’à exposer la cité à une éventuelle évasion des détenus.
Le chantier est conduit par l’Office des Routes, sous le leadership de son Directeur Général, le professeur Jeanneau Kikangala, dans l’élan impulsé par le Ministre des ITPR, Banza Lunda John, et en cohérence avec la vision du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Sur le terrain, c’est la brigade 602 de la Direction provinciale de l’Office des Routes Tanganyika, dirigée par Pathy Bade Obada, qui a déjà amorcé les premières opérations, notamment les fouilles en prélude au lancement officiel des travaux.
Un projet inscrit dans la réhabilitation de la RN5
Donnant la quintessence du projet, le chef de brigade 602, l’ingénieur Bwae NKembo Patrick, précise que l’intervention s’inscrit dans le cadre de la réhabilitation de la Route Nationale n°5, en ciblant l’un des segments les plus menacés.
« Nous sommes dans le cadre du projet de réhabilitation de la route nationale numéro 5. On commence du poste jusqu’au PK1+200. Le projet sera d’obtenir une route en chaussée rigide, ce sera en béton, et puis on va aménager les abords de la prison. On va jeter un pont et on pourra protéger les deux côtés de la prison », a-t-il précisé.
Au-delà de la simple réfection, l’ambition affichée est de lutter durablement contre les érosions, particulièrement sur la portion réputée la plus dégradée de la RN5 : du PK0 jusqu’en direction de Pweto, où la route subit depuis des années des agressions répétées des ravins et des ruissellements incontrôlés.
Sur le plan technique, l’approche retenue ne laisse pas place à l’improvisation. L’ingénieur Kilesi Nkiey Hardy, chef des divisions techniques à la Direction provinciale de l’Office des Routes Tanganyika, explique que la priorité est de traiter la cause principale : les eaux sauvages, qui ont dévoré la route.
« Pour lutter contre tous ces maux, nous devons d’abord réaliser des travaux d’assainissement, nous allons canaliser toutes ces eaux-là. »
Le projet prévoit des ouvrages structurants notamment, un pont au niveau de la prison, ainsi que des dispositifs de protection aux points critiques :
– Route en chaussée rigide (béton) ;
– Assainissement et canalisation des eaux de ruissellement ;
– Construction d’un pont de 12 mètres à hauteur de la prison ;
– Anneaux et ouvrages aux points sensibles ;
– Murs de protection pour sécuriser les remblais du domaine carcéral ;
– Protections diverses, paras-flux, remblais renforcés sur les zones à risque.
Selon les précisions techniques livrées, la route concernée sera érigée sur 15 km 200, tandis que les aménagements spécifiques de protection s’étendent, sur certains segments critiques, sur environ 850 mètres.
Le projet est financé par le Trésor public, avec le contrôle technique du BTC, un élément qui rassure quant à la qualité d’exécution et à la traçabilité des travaux, dans un secteur où la population attend des ouvrages durables, capables de résister au temps et aux intempéries.
Et pour cause, les habitants des avenues Route Makala, Lutshimba, Jardin et d’autres quartiers environnants vivent depuis plus de 30 ans une quasi-privation de circulation automobile, conséquence directe de la dégradation avancée de cette route.
Dans cette première phase, la prison centrale de Kalemie demeure la cible urgente. Les menaces sur ses murs, couplées à l’écroulement d’un pont, ont installé une vulnérabilité à la fois sécuritaire et sociale. Protéger l’enceinte carcérale, c’est donc prévenir un danger imminent, éviter une crise, et restaurer l’autorité de l’État.
La Pros.
