Après tous les rapports des experts des Nations unies et des organisations internationales des droits de l’homme, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a annoncé, lundi 27 octobre, la nomination de trois experts. Ils sont chargés de mener une enquête sur la situation dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. Il s’agit du Béninois Arnauld Akodjenou en qualité de chef de la commission d’enquête indépendante de haut niveau nommé par par le président du Conseil des droits de l’homme, l’ambassadeur suisse Jurg Lauber. Il sera assisté par Maxine Marcus (Allemagne/États-Unis) et Clément Nyaletsossi Voule (Togo).
Selon l’ONU, les combats ont fait des milliers de morts depuis le début de l’année et jeté des centaines de milliers de personnes sur les routes. Le Conseil des droits de l’homme avait décidé en février de mettre sur pied rapidement une commission d’enquête sur l’escalade des violences dans l’est de la RDC afin « d’établir les faits, les circonstances et les origines fondamentales de toutes les allégations de violations présumées des droits de l’homme et d’atteintes à ces droits et de violations du droit international humanitaire, y compris celles touchant les femmes et les enfants, (et) celles impliquant des violences sexuelles ».
La commission d’enquête a également été chargée « d’identifier, dans la mesure du possible, les personnes et les entités responsables de violations des droits de l’homme (…) afin de veiller à ce que les responsables soient tenus de répondre de leurs actes ».
Des coupes budgétaires drastiques dues au désengagement des États-Unis et d’autres États avaient retardé la formation de la commission d’enquête, faisant même craindre qu’elle ne voie jamais le jour.
Mais le Conseil des droits de l’homme a adopté ce mois-ci une nouvelle résolution demandant la nomination des experts avant la fin de l’année, qu’ils réalisent leur première visite sur le terrain « en janvier 2026 au plus tard » et qu’ils rendent leur premier rapport au début de l’année 2027.
Pour sa part, le Prix Nobel congolais de la paix, a salué la décision du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies de mettre en place une Commission d’enquête indépendante sur les violations graves des droits humains en RDC.
Cette Commission se penchera notamment sur les allégations d’agression et d’occupation par le Rwanda ainsi que sur les exactions attribuées au groupe armé M23.
Et Denis Mukwege de se féliciter en ces termes : «Nous poursuivrons nos efforts de plaidoyer pour que la justice et la redevabilité soient au cœur des démarches visant à restaurer la paix ».
La nomination de cette Commission marque une étape cruciale vers la justice et la réconciliation, un signal fort pour les milliers de victimes qui attendent depuis trop longtemps que la vérité éclate.
La Pros.
