Le Docteur Mbuyi, représentante de la Ministre d’Etat aux Affaires sociales, accompagnée du Secrétaire général de ce ministère, a conduit, le mercredi 10 septembre 2025, une délégation en compagnie d’Anna Bjerde, Directrice générale des opérations de la Banque mondiale. Leur visite s’est déroulée au Centre féminin Marie-Antoinette Mobutu, situé à la 13ème rue industrielle, dans la commune de Limete. Les hôtes ont été accueillis par la directrice générale du Centre, Colette Indjo, qui dirige également le Centre intégré des services multisectoriels (CISM).
Créé en 1967 par Marie-Antoinette Mobutu, le CISM a pour mission d’identifier, de récupérer et de former les filles-mères afin de leur offrir une véritable ascension sociale. Au fil des années, ses activités se sont diversifiées : alphabétisation, restauration, coupe et couture, commerce et rattrapage scolaire. Le centre est également en première ligne face aux violences basées sur le genre (VBG). Depuis janvier 2025, il a déjà enregistré 82 cas de VBG, dont 69 femmes et 13 hommes, majoritairement des mineurs, avec de nombreux cas de grossesses précoces.
Malgré son impact significatif, l’institution se heurte à un manque criant d’équipements médicaux essentiels (appareils d’échographie, radiographie, microscopes), alors que la majorité des victimes prises en charge proviennent de milieux vulnérables. Dans ce contexte, la visite de la Directrice de la Banque mondiale a été perçue comme un souffle d’espoir.
La visite a permis de découvrir les différentes étapes de prise en charge offertes par le Centre :
- Le service médical, première étape du parcours des victimes ;
- Le service psychosocial, encadré par un neuropsychiatre pour les cas les plus complexes ;
- Le service juridique, qui accompagne les victimes dans leurs démarches judiciaires ;
- Le programme de réinsertion socio-économique, considéré comme la « porte de sortie » ;
- L’école de formation professionnelle ;
- La salle polyvalente, destinée aux activités collectives.
Toutes les interventions respectent quatre principes directeurs : le droit à la sécurité, à la confidentialité, à la dignité et à la non-discrimination.
« L’objectif de notre visite aujourd’hui était d’observer le travail accompli par les ministères pour soutenir les victimes de violences sexuelles et basées sur le genre », a déclaré Anna Bjerde. « Nous avons pu constater les services intégrés qui sont offerts : soins médicaux, assistance juridique et soutien psychosocial. Nous avons également vu comment les femmes sont autonomisées à travers des activités économiques qui leur permettent de se réinsérer dans leurs communautés, de reconstruire leur vie et d’avancer avec dignité. »
La Directrice générale des opérations de la Banque mondiale a souligné que ce type d’initiatives bénéficie de l’appui de l’institution dans plusieurs provinces de la RDC, avec l’ambition de renforcer la résilience communautaire et de favoriser la relance.
Pour sa part, la représentante de la Ministre d’État, Dr Mbuyi, Conseillère en santé communautaire et résilience humanitaire, a insisté sur la nécessité d’étendre ce modèle à d’autres provinces :
« Nous avons vu comment les jeunes filles, les filles-mères et les veuves sont accompagnées depuis l’accueil médical jusqu’à la réinsertion socio-économique. Ce centre est unique en RDC, et nous voulons que son modèle soit reproduit ailleurs, car les problèmes de vulnérabilité des jeunes filles se posent partout, pas seulement dans l’Est. À l’Ouest, par exemple, le territoire de Bagata, épicentre du phénomène Mobondo, en est frappé, tout comme les provinces du Kwilu et du Kasaï, affectées par les conflits, tels que celui de Kamwina Nsapu. »
Et de conclure : « L’objectif est que toutes ces femmes, marquées par les traumatismes des guerres et des conflits, puissent retrouver confiance en elles, reconstruire leur vie et jouer pleinement leur rôle dans la société. »
La Pros.
