La Conférence Nationale sur les Infrastructures et Travaux Publics « FATSHI BATIT » s’est achevée, vendredi 10 avril, sur une note d’ambition nationale de réajustement, à la croisée des réformes profondes et d’une vision de modernisation durable des infrastructures en République démocratique du Congo (RDC). Cette rencontre, inscrite sous le thème de l’innovation et de la durabilité, a réuni les institutions publiques, les experts, les partenaires et les parties prenantes du secteur, appelés à traduire en actes une dynamique de reconstruction et de sécurisation des réseaux essentiels.
Au terme de plusieurs séances de travaux, la clôture a mis en avant un message central : la RDC doit entrer dans une nouvelle phase de planification, de financement et de mise en œuvre des infrastructures, en renforçant la gouvernance du secteur, la qualité des ouvrages et la résilience face aux contraintes économiques et environnementales.
Une clôture marquée par la convergence de l’exécutif et d’une vision sectorielle
La cérémonie de fin de travaux a mis en lumière le rôle déterminant du Ministre John Banza Lunda, porteur de réformes présentées comme « profondes » et destinées à corriger les faiblesses historiques relevées dans la réalisation et la maintenance des infrastructures. Son intervention a souligné la nécessité de rationaliser les procédures, de sécuriser les financements et d’assurer le suivi rigoureux des projets, afin de limiter les retards, les surcoûts et la dégradation prématurée de certains ouvrages.
Parallèlement, la vision stratégique défendue par le Vice-Premier Ministre Daniel Mukoko Samba, également mentionné comme ayant piloté les travaux de clôture, a insisté sur la connectivité comme levier de développement. Selon cette perspective, la modernisation des routes, des ponts, des infrastructures portuaires et logistiques, ainsi que des réseaux urbains, doit soutenir le commerce intérieur, améliorer la mobilité des populations et renforcer l’intégration régionale.
Un consensus national pour une reconstruction durable
L’une des conclusions majeures de la conférence a été la formulation d’un consensus autour de la reconstruction durable. Les discussions ont porté sur plusieurs axes, notamment la planification stratégique, l’adéquation entre projets et besoins réels des territoires, la transparence dans la chaîne de décision et la gestion des chantiers.
Les participants ont également convergé sur l’idée que le développement des infrastructures ne peut plus se limiter à la construction isolée d’ouvrages. Il s’agit désormais d’installer une logique de cycle complet : conception, exécution, contrôle qualité, entretien régulier et renforcement des capacités locales. Cette approche vise à garantir la longévité des investissements et à préserver les infrastructures contre les effets combinés de la vétusté, des chocs climatiques et des contraintes d’exploitation.
L’innovation et la durabilité au cœur des priorités
Sous le thème de l’innovation et de la durabilité, les échanges ont tenté de répondre à un défi : comment moderniser les infrastructures dans un contexte marqué par des ressources limitées, des défis logistiques et des besoins urgents sur l’ensemble du territoire national.
Les débats ont notamment orienté les propositions vers :
– l’amélioration des normes techniques et la qualité des matériaux ;
– le renforcement des mécanismes de contrôle et d’évaluation des performances ;
– l’intégration de l’environnement dès la conception des projets ;
– la promotion de solutions adaptées aux réalités géographiques de la RDC, notamment les zones enclavées et les régions à forte vulnérabilité.
Cette orientation traduit la volonté de dépasser une logique strictement « chantier » pour adopter une logique « système », où les infrastructures sont pensées comme des leviers de développement économique et social.
Vers une feuille de route et des mécanismes de suivi
En conclusion, la conférence a laissé entrevoir une trajectoire de mise en œuvre fondée sur l’opérationnalisation des engagements. L’enjeu désormais consiste à transformer les recommandations en feuille de route, avec des mécanismes de suivi capables de mesurer l’avancement, d’identifier les blocages et d’assurer la continuité des actions dans le temps.
Les autorités et partenaires ont appelé à une mobilisation coordonnée des ressources — publiques et privées — et à une meilleure structuration du secteur, afin que les projets d’infrastructures répondent plus efficacement aux priorités nationales.
Un tournant attendu pour les réseaux essentiels
À l’issue de « FATSHI BATIT », l’espoir est celui d’un tournant : celui qui permettrait d’améliorer la connectivité interne, de soutenir l’activité économique et de faciliter l’accès aux services, en particulier pour les populations vivant dans des zones difficiles d’accès.
La conférence, présentée comme historique, marque ainsi le lancement d’une nouvelle étape : celle d’une reconstruction plus rigoureuse, plus durable et mieux gouvernée, destinée à répondre aux attentes du pays en matière d’infrastructures modernes et fiables.
La Pros.
