L’annonce de la mise en place du mouvement insurrectionnel, Front pour la Réfondation de la Nation (FRN), dirigé par Joseph Kabila, n’a pas laissé indifférent Bienvenu Nzaloka Bolisomi, Vice-président fédéral du Mouvement de Libération du Congo (MLC)- Mai-ndombe, qui n’a pas mis des gants, pour exprimer sa désapprobation de l’option levée par l’ancien Chef de l’Etat de la RDC.
Pour ce haut cadre du Mouvement de Libération du Congo, « l’entreprise criminelle et subversive de Joseph Kabila est vouée à l’échec et que les congolais, dans leur ensemble, les congolais sont déterminés à faire barrage à cette propension machiavélique », a-t-il indiqué dans un entretien qu’il a eu avec notre média. Dans un premier temps, notre Bienvenu Nzaloka a reconnu que l’implication directe du Président de la République honoraire dans la rébellion, soutenue par le Rwanda, constitue une sérieuse menace contre la nation congolaise.
« La RDC traverse incontestablement une période critique de son histoire. Le rapprochement politique de Joseph Kabila avec les forces opposées à Kinshasa, dans un contexte marqué par l’agression rwandaise et l’activisme du M23, donne à la crise une dimension qui dépasse la simple opposition politique. La réalité est que la RDC fait face à une double menace : la fragilisation de sa souveraineté territoriale et l’instrumentalisation des divisions politiques internes.
La question n’est donc plus seulement de savoir qui gouvernera le Congo, mais comment les congolais pourront préserver l’intégrité de leur pays face aux ambitions politiques et aux intérêts régionaux ?
Le véritable tournant dépendra de la capacité des dirigeants congolais à défendre la souveraineté nationale et à privilégier l’intérêt supérieur de la nation », a-t-il indiqué, tout en rappelant qu’il y a plusieurs mois, le leader de son parti, Jean-Pierre Bemba Gombo, avait alerté sur le pilotage par Joseph Kabila de la rébellion AFC/M23.
« Aujourd’hui, cette alerte s’est avérée vraie. L’histoire donne parfois raison à ceux que l’on n’a pas voulu écouter à temps. Pour la RDC, l’urgence est désormais d’identifier, sur la base de preuves, tous les réseaux de soutien à la rébellion et de défendre sans compromis la souveraineté nationale », a suggéré Bienvenu Nzaloka, qui est également intrigué par le silence de la plateforme de l’opposition, la C64, depuis l’annonce de la mise en place du Front pour la Refondation de la Nation par Joseph Kabila. « Le silence de la coalition C64 peut traduire une hésitation stratégique, des divergences internes ou une remise en question de ses alliances politiques. Toutefois, le silence ne constitue pas à lui seul, une preuve de complicité. En politique, ne pas se prononcer face à un évènement majeur peut aussi entretenir l’ambiguïté et fragiliser la crédibilité d’une coalition. La question essentielle est donc celle de la cohérence politique. La C64 doit donc clarifier sa position sur le FRN, la souveraineté nationale et sur le rôle de Joseph Kabila. Dans le contexte actuel, le silence prolongé risque de susciter davantage de soupçons sur cette coalition l’opposition politique. », a commenté le numéro deux du MLC/Mai-ndombe, qui se félicite, par ailleurs de la grande mobilisation des congolais derrière le Président Félix Tshisekedi et les institutions de la République, pour faire face à Joseph Kabila et à tous les agents du plan rwandais de déstabilisation de la RDC.
« La mobilisation des congolais derrière les institutions de la République, incarnées par le Président Félix Tshisekedi, traduit une volonté de défendre les institutions et la souveraineté nationale face aux menaces qui pèsent sur la République. La sortie de Joseph Kabila semble rappeler que, dans les moments décisifs, le peuple aspire avant tout à la stabilité, à la cohésion nationale et à un leadership capable d’assumer ses responsabilités. Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de soutenir un régime, mais de donner à la République les moyens de résister aux ambitions individuelles et de préserver l’intérêt supérieur de la nation. Le soutien populaire devient une force historique lorsqu’il s’accompagne d’exigences de résultats, de justice et de paix », a martelé ce haut cadre du parti cher au Chairman Jean-Pierre Bemba Gombo.
Enfin, Bienvenu Nzaloka a également livré sa lecture sur le rejet du projet insurrectionnel de Joseph Kabila par les caciques du PPRD et du FCC. « Politiquement, cette désolidarisation est un désaveu significatif. En prenant leurs distances après la création du FRN par Joseph Kabila, ces caciques du PPRD semblent avoir compris que la loyauté envers un homme ne peut primer sur la loyauté envers la République. Ont-ils agi par patriotisme ou par ruse, pour se camoufler ? Leurs actes parleront davantage que leurs déclarations. Si cette rupture est fondée sur des principes républicains, elle est courageuse mais si elle vise simplement à sauver leurs intérêts politiques, l’histoire les jugera sur leur Constance », a-t-il conclu.
JR Mokolo
