Kinshasa s’affirme, une fois de plus, comme un carrefour stratégique des ambitions économiques entre la République Démocratique du Congo et la France. A l’occasion du lancement de la 9ᵉ édition de la Semaine française de Kinshasa (SFK), prévue du 22 au 24 avril 2026, l’Ambassadeur de France en RDC, Rémy Maréchaux, a clairement fixé le cap : les secteurs de l’énergie et du numérique constituent désormais des priorités majeures pour les investissements français dans le pays.
S’exprimant lors d’un point de presse organisé jeudi dans la capitale congolaise, le diplomate français a insisté sur le potentiel économique de la RDC, mettant en avant une croissance annuelle avoisinant les 5 %, malgré un contexte sécuritaire encore fragile dans certaines régions. A cela s’ajoute, selon lui, un cadre macroéconomique rassurant, soutenu par un accord avec le Fonds monétaire international (FMI), qui offre des garanties aux investisseurs étrangers.
« Nous sommes dans un contexte que nous considérons très porteur, non seulement pour les échanges, mais aussi pour les investissements », a-t-il déclaré, soulignant également la possibilité pour les entreprises de rentabiliser leurs activités sur le sol congolais.
Au cœur de cet intérêt renouvelé figure la transition énergétique, enjeu majeur à l’échelle mondiale. La RDC, riche en ressources naturelles stratégiques telles que le cuivre et le cobalt, apparaît comme un acteur incontournable dans la production des minerais nécessaires aux technologies propres et aux batteries électriques. « Le monde entier est engagé dans la transition énergétique, et cela accroît considérablement l’intérêt pour les ressources de la RDC », a expliqué Rémy Maréchaux.
Au-delà de l’exploitation minière, la coopération franco-congolaise s’inscrit également dans une logique de développement durable. La préservation de la forêt du bassin du Congo, considérée comme un pilier de la lutte contre le changement climatique, constitue un autre axe majeur de collaboration. La France soutient ainsi l’ambition des autorités congolaises d’obtenir une rémunération équitable pour la protection de ces écosystèmes essentiels.
De son côté, la Directrice Générale de l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (ANAPI), Rachel Pungu, a souligné l’importance stratégique de la Semaine française de Kinshasa. Elle a rappelé que la RDC s’engage résolument dans une transformation structurelle de son économie, fondée notamment sur la bonne gouvernance, la diversification économique et le développement durable des provinces.
Cette dynamique se traduit également par la définition de priorités communes entre la RDC et la France. Parmi celles-ci figurent le développement des énergies renouvelables, la protection des forêts, l’amélioration des infrastructures de transport, la promotion d’une agriculture durable ainsi que le renforcement de l’enseignement supérieur.
Placée sous le thème « RDC–France : perspectives partagées », la 9ᵉ édition de la Semaine française de Kinshasa s’annonce ainsi comme une plateforme privilégiée pour consolider les liens économiques entre les deux pays et attirer davantage d’investissements dans des secteurs clés, au service d’une croissance durable et inclusive.
Nathan Mundele
