Face à une crise humanitaire qui ne faiblit pas et à une urgence sanitaire aggravée par l’insécurité persistante dans l’Est de la République Démocratique du Congo, le Gouvernement a affiché, le mardi 17 février 2026, une volonté de protéger les services de santé et les autres services essentiels en contexte de conflit, et remettre la question de l’accès des civils au cœur de l’action publique. C’est dans ce cadre que la Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Sociales, Actions Humanitaires et Solidarité Nationale, Eve Bazaïba Masudi, a pris part à l’ouverture de la table ronde dédiée à cet enjeu capital. Sa présence, aux côtés du Vice-Premier Ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité et Décentralisation Jacquemain Shabani et du Ministre de la Santé Publique et Prévoyance Sociale Roger Kamba, illustre une dynamique de coordination gouvernementale renforcée, attendue par les communautés affectées et les partenaires humanitaires.
Dans une approche axée sur la protection, Eve Bazaïba a porté la voix du pilier social et humanitaire, insistant sur la nécessité de mettre à l’abri les plus vulnérables : femmes, enfants, personnes déplacées internes, mais aussi les patients et les familles dont la survie dépend du fonctionnement minimal des structures sanitaires, de l’eau, de l’assainissement et des services de base.
Sur le terrain, la réalité est brutale. Lorsque l’insécurité s’installe, ce ne sont pas seulement les lignes de front qui bougent, ce sont aussi les centres de santé qui ferment, les médicaments qui n’arrivent plus, le personnel soignant qui travaille sous menace, et les populations qui se retrouvent contraintes à l’errance.
Placée sous le haut patronage de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka et de la Commissaire européenne à l’Egalité, à l’Etat de préparation et à la gestion des crises, Hadja Lahbib, la rencontre s’est voulue stratégique, à la mesure d’un contexte où les besoins humanitaires grandissent plus vite que les capacités de réponse.
Dans son allocution d’ouverture, la Cheffe du Gouvernement a salué le rôle des partenaires, en particulier l’Union Européenne et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), soulignant leur action menée avec transparence et dans le strict respect des principes humanitaires, au bénéfice des populations les plus exposées.
Judith Suminwa Tuluka a appelé à renforcer la confiance mutuelle et à installer un dialogue technique permanent entre autorités nationales, acteurs humanitaires et partenaires internationaux. Objectif : garantir une réponse coordonnée, efficace et durable, loin des interventions fragmentées qui se heurtent souvent aux contraintes sécuritaires, logistiques et administratives.
Par ailleurs, elle insisté sur les défis sécuritaires persistants dans l’Est, avec les violences armées qui continuent de menacer la stabilité, la sécurité des populations et l’intégrité territoriale du pays.
La Cheffe du Gouvernement a réaffirmé l’engagement de l’Exécutif aux côtés du Président de la République Félix Tshisekedi à respecter et promouvoir le droit international humanitaire, notamment : la protection des civils ; la protection du personnel de santé ; la sécurisation des infrastructures indispensables à la survie des communautés affectées.
Vers des mesures concrètes
La table ronde vise à réunir toutes les parties prenantes pour identifier des mesures concrètes garantissant l’accès des populations aux services essentiels, dans le respect des normes internationales. Judith Suminwa Tuluka a indiqué que les conclusions et recommandations seront examinées avec la plus grande attention et intégrées aux réflexions de la task force gouvernementale, en vue de dégager des actions applicables et suivies dans la durée.
A travers cette initiative, l’Union Européenne et le CICR disent attendre un engagement humanitaire commun de toutes les parties. Pour la RDC, l’enjeu est de protéger la vie et préserver l’essentiel là où la crise cherche à tout emporter.
La Pros.
