L’Afrique veut sauver la face après une trentaine d’années marquées par des agressions récurrentes des voisins des Grands Lacs, en l’occurrence, le Rwanda et l’Ouganda. Ce sont les deux voisins qui sont à la base de cette instabilité en instrumentalisant les milices locales. Mais, cette fois-ci, le Rwanda a décidé de déployer sur le territoire congolais son armée, en instrumentalisant l’AFC/M23.
D’entrée de jeu, l’Union africaine va appeler à une solution africaine en désignant l’Angolais Lourenço pour la médiation. Les contacts entre Kinshasa et Kigali autour de Luanda vont aboutir à l’annonce d’une rencontre au sommet entre Paul Kagame et Félix Tshisekedi. Le président rwandais n’aura pas fait le déplacement alors que ses homologues angolais et congolais l’attendaient à Luanda.
Un véritable camouflet infligé au médiateur. Le Rwanda va exiger, au préalable, l’ouverture des négociations avec l’AFC/M23 alors que Kinshasa continuait de s’y opposer. En attendant, les fronts au Nord et au Sud-Kivu vont s’embraser. Le Rwanda et ses poulains vont gagner du terrain.
La médiation des pays des Grands va entrer en danse avec la facilitation biaisée du kenyan William Ruto qui va prendre fait et cause pour la partie rwandaise alors qu’il existait un accord signé à Nairobi entre les différents groupes armés. L’AFC/M23 qui n’avait pas participé à cette rencontre, aura exigé un traitement particulier à savoir, négocier directement avec Kinshasa.
Pendant ce temps, les forces de la SADC vont constituer un bouclier pour empêcher la chute de Goma. Après des combats acharnés, le chef-lieu du Nord-Kivu passera sous contrôle des hommes de Kagame. Cette offensive se poursuivra jusqu’à la chute de Bukavu.
Lourenço décidera de remettre le tablier, en tant que médiateur désigné de l’UA, à son homologue togolais à qui sera adjoint quatre personnalités africaines. Depuis lors, rien de consistant jusqu’à la reprise en mains de Doha et de Washington qui ont apporté aux Congolais l’espoir de la fin de l’occupation par le retour de la paix à l’Est.
C’est sur ces entrefaites que les pays de l’Afrique de l’Est et ceux de l’Afrique australe ont convoqué un sommet virtuel conjoint EAC-SADC au cours duquel Tshisekedi et Kagame ont participé. Un véritable coup d’épée dans la mare au moment où l’attention de toute la Communauté Internationale est tournée vers le Qatar et les USA.
Si l’Ua et les autres organisations sous régionales à savoir, l’EAC et la SADC qui a enterré les accords de Luanda, peuvent être associées à cette dynamique de paix, seulement par respect au continent et à ses organisations sous régionales, sinon… !
La Pros.