Dans le combat pour la mémoire et la justice que mène la République Démocratique du Congo, une étape hautement symbolique et stratégique vient d’être franchie. Hier, mercredi 26 novembre 2025, au centre Lindonge, le Ministre des Droits humains, Maître Samuel Mbemba Kabuya, a été reçu en audience par Son Eminence le Cardinal Fridolin Ambongo, Archevêque métropolitain de Kinshasa. Cette rencontre d’une heure a scellé une convergence de vues et d’actions entre le pouvoir temporel et l’une des plus grandes autorités morales du pays, unissant leurs forces pour une cause nationale : la reconnaissance et la vulgarisation des génocides commis en RDC.
Une victoire diplomatique à transformer en conscience collective
Au cœur des échanges se trouvaient deux documents d’une importance capitale : la résolution de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) et celle de la Société civile africaine. Ces textes, obtenus de haute lutte, reconnaissent sans équivoque la qualification de génocide pour les massacres et atrocités de masse perpétrés contre les populations congolaises par le Rwanda depuis plus de trois décennies.
Pour le gouvernement congolais, il ne s’agit plus seulement de dénoncer, mais de faire connaître et d’ancrer cette reconnaissance dans la conscience de chaque Congolais et aux yeux du monde. C’est le sens de la démarche du Ministre Mbemba : transformer une victoire diplomatique en un puissant levier de mobilisation populaire.
Le Cardinal Ambongo, figure respectée pour son franc-parler et son engagement constant en faveur de la paix et de la dignité du peuple congolais, a accueilli cette initiative avec une approbation marquée. Il a salué une « victoire éclatante de la diplomatie » menée sous l’impulsion du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Pour l’Archevêque de Kinshasa, cette reconnaissance officielle par des instances africaines vient enfin rencontrer les attentes profondes et les plaidoyers de longue date de l’Église catholique, qui a toujours été aux premières loges pour documenter les souffrances de ses fidèles et de tout un peuple. Il a vu dans la démarche du Ministre une volonté sincère de l’Etat de jouer son rôle de protecteur et de porte-voix des sans-voix, en parfaite synergie avec la mission de l’Église.
« Que le peuple s’approprie ce combat »
Satisfait de cette audience, le Ministre Samuel Mbemba a réaffirmé la vision derrière cette offensive. « Je remercie le Cardinal Fridolin Ambongo pour l’audience qu’il a daignée m’accorder », a-t-il déclaré, avant de souligner la portée historique de sa mission. « L’objectif était de lui remettre les deux premières résolutions reconnaissant le génocide commis en RDC. Nous savons que l’Église est dans ce combat depuis longtemps, et nous, nous l’avons rejoint après que le Président de la République Félix Tshisekedi nous a nommés au ministère des Droits Humains. »
Avec une clarté percutante, le Ministre a rappelé la chaîne de commandement et d’engagement au plus haut sommet de l’État. « Le plaidoyer pour la reconnaissance du génocide en RDC a été conçu et initié par le Chef de l’Etat, appuyé par la distinguée Première Dame, Denise Nyakeru, qui fait de la réparation des victimes son cheval de bataille, et sur le terrain avec la Première Ministre Judith Suminwa qui nous oriente. »
L’objectif final, a-t-il martelé, est de dépasser les cercles diplomatiques et politiques. « Il faudrait que le peuple congolais, en parlant de génocide, puisse dire au monde : nous sommes visés d’extermination à cause de nos minerais. » Cette phrase, terrible de vérité, résume le drame congolais et doit devenir le cri de ralliement d’une nation entière. L’engagement du Cardinal à sensibiliser les fidèles à travers l’immense réseau de l’Église catholique est donc une pièce maîtresse de cette stratégie.
Cette rencontre au sommet n’est que le prélude d’une mobilisation plus large. Le Ministre Mbemba ne compte pas s’arrêter là. Dès ce vendredi 28 novembre, il recevra dans son cabinet l’ensemble des chefs des confessions religieuses, suivi le samedi 29 par une rencontre avec les organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme.
La démarche est de construire un front commun, uni et indivisible, où chaque composante de la nation : Etat, Eglises, Société civile, parle d’une seule voix pour exiger justice, réparation et la fin de l’impunité. En s’appuyant sur l’autorité morale de l’Eglise et la force de la Société civile, le gouvernement de la République entend s’assurer que la reconnaissance du génocide ne reste pas lettre morte, mais devienne le fondement d’un nouveau rapport de force pour la paix et la souveraineté de la RDC.
La Pros.
