Depuis sa prise de position publique autour du débat constitutionnel en République démocratique du Congo, Modeste Bahati Lukwebo a sensiblement secoué la sphère politique congolaise. Lors de sa conférence de presse, tenue mercredi 4 mars 2026, à Kinshasa, le Leader de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) s’est illustré par un langage suffisamment assumé et une posture tranchante, mettant en évidence l’inopportunité de la révision ou du changement de la Constitution de la République, telle que promulguée le 18 février 2006 et révisée en 2011. Pour Modeste Bahati Lukwebo, en effet, le plus grand défi de la RD Congo, aujourd’hui plus qu’hier, ne repose nullement sur les textes, mais, plutôt, sur la qualité d’hommes censés appliquer, en toute responsabilité, les lois, dans la gouvernance étatique.
Selon lui, tous ceux qui veulent bousculer, coûte que coûte, l’actuelle Loi fondamentale du pays doivent dire la vérité sur la portée réelle de leur catéchèse, dans un contexte, pourtant, marqué par plusieurs urgences à résoudre.
‘’Je pense qu’il ne faut pas être hypocrite. Quand on aime son pays, quand on aime son Chef, on lui dit la vérité. J’ai eu à le dire à maintes reprises : le pays n’a pas un problème de textes. Le pays a un problème d’hommes qui doivent appliquer ou se conformer aux textes qui existent. Tous ces débats autour de la Constitution sont politiciens. Il faut qu’on en parle. Si les gens commencent à vouloir imposer leur vue à tout le monde, cela peut provoquer des réactions dans le sens contraire. C’est pour cette raison que nous disons que ceux qui ont des préoccupations qui concernent la Constitution, qu’ils viennent pour qu’on en parle autour d’une table. Il ne suffit pas de bénéficier de la caméra ou d’un micro d’un journaliste pour affirmer que la Constitution ne peut pas dépasser 17 ans. C’est tiré de quelle théorie scientifique ? Même les gens âgés de 50 ou 60 ans font preuve d’immaturité dans leur gestion. Si, ceux qui ont 50 ou 60 ans ne sont pas matures, comment voulez-vous qu’une Constitution de 17 ans soit vieille ? Disons la vérité. Ceux qui préconisent le changement de la Constitution ne veulent pas nous dire ce qu’ils veulent. Qu’ils nous disent la vérité ouvertement’’, a fustigé, devant la presse, le deuxième Vice-Président de la Chambre Haute du Parlement.
Un Républicain au service de l’Etat
Dans son élan, pendant sa communication, Modeste Bahati Lukwebo a vivement réitéré son engagement à demeurer républicain, aussi bien dans l’exercice de son mandat parlementaire que dans le cadre de ses activités politiques, en tant que grand Visionnaire de l’AFDC-A. ‘’Nous, nous savons que nous nous préparons. Notre famille politique bénéficie aujourd’hui de la confiance de la grande partie de la population. Travaillons pour que nous puissions continuer cette action. Mettons-nous au travail, évitons de petits jeux. Ceux qui se disent géniteurs, ceux qui devraient protéger cette Constitution, ceux qui l’ont vantée contre vents et marées, quelques temps après, ils viennent dire que la même Constitution est mauvaise. Qu’allons-nous retenir ?’’, s’est-il interrogé.
Bizibu contre-attaque
Une prise de parole officielle qui a vite suscité des réactions de la part de certains membres de l’Union Sacrée de la Nation, la coalition soutenant la vision politique chère au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Parmi ceux qui ont répondu à Modeste Bahati Lukwebo figure Déo Bizibu, Secrétaire Général Adjoint de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS/Tshisekedi). Dans une publication qui flotte, depuis hier, mercredi 5 mars, sur son compte X, il rejette en bloc les propos tenus par le Président de l’AFDC-A qui, selon lui, s’est largement écarté de la vision, voire de l’idéologie portée par l’Union Sacrée de la Nation…
Gloire Mfemfere
