Jean-Lucien Bussa Tongba, Ministre d’Etat en charge de l’Aménagement du Territoire, affiche sa détermination à imprimer une nouvelle dynamique à son secteur. Invité, mercredi, de Radio Okapi, il a insisté sur la nécessité de mieux organiser l’espace national, en s’appuyant notamment sur la Loi sur l’Aménagement du Territoire, promulguée en 2025 par le Chef de l’État, ainsi que sur le Schéma national d’aménagement du territoire dont la finalisation est annoncée dans les prochains jours.
Pour le Ministre d’État, cette loi constitue désormais un cadre de référence qui concerne l’ensemble du territoire national. « Il est important que les Congolais et les partenaires de la RDC sachent que la Loi sur l’Aménagement du Territoire, qui a été promulguée par le Chef de l’État en 2025, s’applique sur l’ensemble du territoire national de la République démocratique du Congo », a-t-il déclaré.
Jean-Lucien Bussa a précisé que cette législation s’impose aussi bien aux institutions de la République qu’aux personnes physiques et morales de droit public et de droit privé concernées par les exigences légales en matière d’aménagement du territoire.
Au-delà de son champ d’application, le ministre a mis en lumière l’importance stratégique de cette loi. Celle-ci encadre, entre autres, les activités liées à l’occupation de l’espace physique, à la répartition équilibrée des populations, des activités, des infrastructures, des équipements, des installations et des services sur l’ensemble du territoire national.
Elle permet également d’organiser l’affectation des différentes zones aux usages sectoriels spécifiques, mais aussi de planifier, d’optimiser et d’arbitrer les différents usages de l’espace physique.
Vision à l’horizon de 50 à 100 ans
Dans son intervention, Jean-Lucien Bussa a également placé l’aménagement du territoire dans une perspective de long terme. Pour lui, la question dépasse largement les impératifs immédiats de gestion de l’espace.
« On ne peut pas parler d’intégration économique nationale si le territoire n’est pas bien aménagé, si les espaces ne sont pas affectés à des usages spécifiques économiquement, socialement, culturellement », a-t-il fait valoir.
Le ministre estime ainsi que la RDC doit désormais penser son territoire en fonction des générations futures. « Il est question de nous assumer par rapport à la perspective de 50 ans ou 100 ans après », a-t-il souligné, traduisant la volonté de son ministère d’inscrire l’aménagement du territoire dans une vision prospective.
Cette approche doit notamment permettre d’anticiper les besoins futurs du pays en matière d’infrastructures, d’urbanisation, d’activités économiques et de services, tout en évitant les conflits d’usage et les occupations incompatibles avec les vocations définies pour certains espaces.
Le Schéma national bientôt finalisé
Dans cette dynamique, le Schéma national d’aménagement du territoire constitue l’un des principaux instruments sur lesquels entend s’appuyer le ministre d’État.
« On aura un Schéma national d’aménagement du territoire finalisé d’ici quelques jours », a annoncé Jean-Lucien Bussa sur Radio Okapi.
Il a expliqué que l’objectif poursuivi est d’« engager la mise en cohérence stratégique d’actions spatiales en vue d’identifier les zones stratégiques ».
La finalisation de ce document devrait ainsi fournir à la RDC un cadre permettant de mieux articuler les différentes interventions sur le territoire et d’identifier les espaces devant bénéficier d’affectations spécifiques, en fonction de leurs potentialités et des objectifs de développement du pays.
Emprises des rocades au cœur des préoccupations
Cette volonté de mieux maîtriser l’occupation de l’espace se manifeste également à Kinshasa, notamment autour des emprises réservées aux rocades de la capitale.
Le ministère de l’Aménagement du Territoire s’est engagé dans des initiatives visant à contrer les occupations de ces emprises, destinées à accueillir des infrastructures routières structurantes. Pour Jean-Lucien Bussa, la préservation de ces espaces relève précisément de la logique d’anticipation et de planification défendue par son ministère.
La problématique des rocades met en évidence l’importance d’une politique d’aménagement capable de protéger, en amont, les espaces affectés aux grands projets. L’occupation désordonnée de ces emprises pourrait, à terme, compliquer la réalisation des infrastructures prévues et accroître les difficultés liées à l’urbanisation de Kinshasa.
À travers ces initiatives, le ministre entend donc faire respecter la vocation des espaces identifiés et éviter que des occupations ne compromettent les projets structurants de la capitale.
Vers une nouvelle gouvernance de l’espace
Au fil de son intervention, Jean-Lucien Bussa a ainsi défendu une conception de l’aménagement du territoire comme un levier de transformation et d’intégration du pays. La Loi sur l’Aménagement du Territoire et le futur Schéma national doivent, dans cette perspective, permettre de mieux coordonner les usages de l’espace et de donner une cohérence aux politiques publiques.
L’ambition affichée est de passer d’une gestion souvent réactive de l’espace à une véritable planification stratégique, capable de prendre en compte les besoins actuels tout en préparant la RDC aux défis des prochaines décennies.
Entre la finalisation imminente du Schéma national, l’application de la loi promulguée en 2025 et les actions engagées pour préserver les emprises des rocades à Kinshasa, Jean-Lucien Bussa entend ainsi donner corps à sa volonté de révolutionner le secteur de l’Aménagement du Territoire.
La Pros.
