Lors de la 80ème réunion du Conseil des Ministres, tenue à la Cité de l’Union Africaine, à Kinshasa, vendredi 27 février 2026, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a instruit fermement l’Exécutif central, dirigé par Judith Suminwa Tuluka, Première Ministre, de prendre, d’urgence, des mesures appropriées, pour assurer la vulgarisation du Code du Numérique, sur l’ensemble de l’étendue du territoire national.
‘’Il est de notoriété publique que, loin de servir exclusivement des finalités positives, les réseaux sociaux constituent de plus en plus des vecteurs de désinformation, d’injures publiques, de discours de haine, de manipulation de l’opinion et d’incitation à la division entre Congolais, portant ainsi atteinte à la cohésion nationale, à l’ordre public et à la stabilité sociale. Or, rappelle le Président de la République, notre pays s’est doté d’un Code du numérique qui encadre l’usage des plateformes numériques et prévoit expressément des mécanismes de prévention, de régulation et de répression de ces comportements déviants. Toutefois, cet instrument juridique nécessite d’être vulgarisé, connu et appliqué, tant par le grand public que par certains acteurs institutionnels. Dans cette perspective, le Président de la République a instruit le Ministre d’Etat, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux ainsi que le Ministre de l’Economie Numérique de proposer et de mettre en œuvre, en concertation avec les services concernés, les mesures d’encadrement nécessaires visant à promouvoir un usage responsable, éthique et rationnel des réseaux sociaux, y compris, le cas échéant, des mesures restrictives proportionnées, conformes à la Loi et respectueuses des libertés fondamentales. Il est également instruit au Ministre de la Communication, des Médias et Porte-parole du Gouvernement, en collaboration avec les opérateurs publics et privés des médias, d’assurer la vulgarisation effective et continue du Code du numérique auprès du grand public, à travers des campagnes de sensibilisation adaptées, accessibles et pédagogiques’’, renseigne, clairement, le compte rendu du Conseil des Ministres du 27 février 2026, tel que lu, sur les antennes de la Télévision Nationale, par Augustin Kibassa, Ministre de l’Economie du Numérique.
La Pros.
COMPTE-RENDU DE LA QUATRE-VINGTIEME
REUNION ORDINAIRE DU CONSEIL DES MINISTRES
Vendredi 27 février 2026
Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO a présidé, ce vendredi 27 février 2026
à la Cité de l’Union Africaine à Kinshasa, la quatre-vingtième réunion ordinaire
du Conseil des Ministres du Gouvernement de la République.
Quatre (04) points étaient inscrits à l’ordre du jour, à savoir :
- Communication du Président de la République, Chef de l’Etat ;
- Points d’information ;
III. Approbation d’un relevé de décisions du Conseil des Ministres ;
- Examen et adoption d’un dossier.
- COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
La communication du Président de la République a porté sur deux (02) points
principaux, à savoir :
- De l’exécution des instructions et directives présidentielles données en
Conseil des Ministres
Le Président de la République tient à une mise en œuvre diligente, rigoureuse
et conforme à ses instructions données lors des réunions successives du Conseil
des Ministres.
Ces instructions, a – t – il rappelé, procèdent directement de sa vision et de ses
priorités stratégiques. Elles engagent, sans équivoque, la responsabilité tant
collective qu’individuelle des Membres du Gouvernement ainsi que de
l’ensemble des Institutions concernées. Ce qui constitue une exigence
fondamentale de bonne gouvernance, de crédibilité de l’action publique et
d’efficacité de l’Etat.
De ce fait, il a attiré l’attention des membres du Gouvernement sur l’impérieuse
nécessité de délivrer les résultats dans le temps leur imparti pour garantir la
cohérence de l’action gouvernementale, l’atteinte des objectifs assignés et la
redevabilité à l’égard du peuple Congolais, seul détenteur de la souveraineté. Le
contraire ne saurait, en aucun cas, être toléré dans le contexte actuel, marqué
par une exigence accrue de résultats concrets, mesurables, vérifiables et
perceptibles par les citoyens.
La Première Ministre a été chargée, avec l’appui de son Cabinet, de procéder à
un inventaire exhaustif, méthodique et documenté de l’ensemble des
instructions présidentielles issues des réunions du Conseil des Ministres.
Le Président de la République a souligné que cette démarche s’inscrit dans une
logique de redevabilité, d’évaluation objective et transparente des performances individuelles et institutionnelles, ainsi que de renforcement de la discipline, de la rigueur et de la responsabilité gouvernementales.
Cet exercice conduira, le cas échéant, à des options, des décisions subséquentes et des mesures appropriées, y compris correctives, afin de garantir un rendement optimal conforme à ses attentes, aux engagements pris devant la
Nation et aux exigences supérieures de l’intérêt général.
- De la nécessité de vulgariser le Code du numérique
Il est de notoriété publique que, loin de servir exclusivement des finalités positives, les réseaux sociaux constituent de plus en plus des vecteurs de désinformation, d’injures publiques, de discours de haine, de manipulation de l’opinion et d’incitation à la division entre Congolais, portant ainsi atteinte à la cohésion nationale, à l’ordre public et à la stabilité sociale.
Or, rappelle le Président de la République, notre pays s’est doté d’un Code du numérique qui encadre l’usage des plateformes numériques et prévoit expressément des mécanismes de prévention, de régulation et de répression de ces comportements déviants. Toutefois, cet instrument juridique nécessite d’être vulgarisé, connu et appliqué, tant par le grand public que par certains acteurs institutionnels.
Dans cette perspective, le Président de la République a instruit le Ministre d’Etat, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux ainsi que le Ministre de l’Economie Numérique de proposer et de mettre en œuvre, en concertation avec les services concernés, les mesures d’encadrement nécessaires visant à promouvoir un usage responsable, éthique et rationnel des réseaux sociaux, y compris, le cas échéant, des mesures restrictives proportionnées, conformes à la Loi et respectueuses des libertés fondamentales.
Il est également instruit au Ministre de la Communication, des Médias et Porte-parole du Gouvernement, en collaboration avec les opérateurs publics et privés des médias, d’assurer la vulgarisation effective et continue du Code du numérique auprès du grand public, à travers des campagnes de sensibilisation adaptées, accessibles et pédagogiques.
Cette action de vulgarisation devra, en outre, cibler les magistrats, sous la coordination du Conseil Supérieur de la Magistrature, afin de garantir une meilleure appropriation de ce cadre juridique et une application effective, cohérente et dissuasive des dispositions pertinentes du Code du numérique.
Par ailleurs, il a souligné l’impératif d’une meilleure gouvernance des usages
numériques, incluant l’initiation et l’enseignement aux enjeux liés aux réseaux
sociaux et à l’intelligence artificielle.
A cet effet, la Ministre d’Etat, Ministre de l’Education Nationale et Nouvelle
Citoyenneté, la Ministre de l’Enseignement Supérieur, Universitaire et
Innovations, ainsi que les autres opérateurs du secteur éducatif ont été engagés
à s’impliquer activement en vue de l’intégration progressive de modules de
formation, de sensibilisation et d’éducation au numérique responsable dans les
programmes d’enseignement et de formation.
Un rapport circonstancié d’exécution de l’ensemble de ces instructions, faisant
état des actions entreprises, des résultats obtenus et des difficultés éventuelles,
est attendu des Ministres concernés tous les quinze (15) jours, selon une
périodicité régulière, afin d’en assurer le suivi et l’évaluation.
Intervention de la Première Ministre :
Dans la suite de la communication du Président de la République, la Première
Ministre, Cheffe du Gouvernement a fait le point de son séjour au Kongo
Central, du 22 au 23 février 2026, afin de procéder à la pose de la première
pierre des travaux de construction des Cliniques Universitaires de l’Université
Kongo, dans le territoire de Madimba près de la ville de Kisantu.
Cette cérémonie marque une étape importante dans la concrétisation de la
vision du Chef de l’État visant à accélérer le développement d’infrastructures
sociales et à améliorer les conditions de vie des populations.
D’une capacité de 3.000 lits, ce projet hospitalier s’inscrit dans la mise en œuvre
du quatrième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement, relatif à l’accès
aux soins de qualité et à la formation. Elle a demandé au Ministre de la Santé
Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale ainsi qu’à la Ministre de
l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovation,
qui l’ont accompagnée, de s’impliquer pleinement dans la matérialisation de
cette œuvre bénéfique pour les populations de la région et de notre pays.
Ensuite, la Première Ministre a abordé la question du renforcement des
mécanismes de contrôle des normes environnementales dans
l’exploitation minière. En effet, la pollution de l’air, des eaux et plus
globalement de l’environnement dans les différentes zones d’exploitation
minière est devenue l’une des préoccupations gouvernementales.
Récemment, a – t – elle rappelé, le Gouvernement a dépêché des équipes sur
terrain, précisément dans le Lualaba ainsi que dans le Haut-Katanga, pour
s’enquérir davantage de la situation. Le rapport établi révèle, d’une part, des
manquements graves dans le chef de plusieurs entreprises et, d’autre part, des
dysfonctionnements structurels dans les dispositifs de contrôle engageant la
responsabilité des services techniques directement impliqués dans la chaine.
Etant donné que la protection de l’environnement constitue l’un des enjeux des
douze engagements retenus dans le cadre du Programme dit de « Facilité pour
la Résilience et la Durabilité », conclu avec le FMI, dont l’échéance est fixée à
février 2027, il est nécessaire d’améliorer l’opérationnalisation du dispositif
actuel.
Les deux Ministres directement impliqués, à savoir la Ministre de
l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Economie du Climat
ainsi que le Ministre des Mines, ont été chargés de former une Commission
mixte composée de leurs experts, afin de proposer, dans les meilleurs délais, un
dispositif plus efficace susceptible de renforcer la synergie et assurer la
cohérence des actions menées par les différentes équipes de contrôle.
Des propositions concrètes devront être faites pour une réforme sur la
protection de l’Environnement et des populations riveraines, afin de sécuriser
les activités d’exploitation minière sur toute l’étendue de la République. Les
Experts de la Primature viendront en renfort à ladite Commission.
Avant de clore son intervention, la Première Ministre a rappelé aux
membres du Gouvernement l’ouverture imminente de la session
parlementaire de mars 2026. Aussi, afin de permettre au Gouvernement de
se conformer au prescrit de l’article 4 de la Loi d’habilitation n° 25/056 du 22
décembre 2025, elle a invité ceux d’entre les membres du Gouvernement dont
les Ministères sont concernés par ladite Loi de bien vouloir transmettre leurs
projets de Lois de ratification au Secrétariat Général du Gouvernement au plus
tard le 9 mars prochain en vue de leur transmission au Parlement.
- POINTS D’INFORMATION
II.1. Etat et administration du territoire
Le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et
Affaires Coutumières a présenté au Conseil, le rapport sur l’état et
l’administration du territoire national.
Au cours de la semaine qui s’achève, l’état d’esprit de la population a été marqué notamment par :
– La satisfaction de l’opinion nationale, suite au bon comportement des Forces loyalistes et des compatriotes résistants Wazalendo qui n’ont cessé de faire échec aux offensives de l’ennemi en reprenant le contrôle de plusieurs entités ;
– La satisfaction de la population du Sud-Kivu en général et celle de la ville d’Uvira en particulier, consécutive à la réouverture de la frontière avec la République du Burundi, par les postes de Kavimvira/RDC et Gatumba/Burundi, fermée après l’occupation (de la ville d’Uvira) par la coalition RDF/M23/AFC le 10 décembre 2025.
Sur un autre volet, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité,
Décentralisation et Affaires Coutumières a informé le Conseil de la poursuite
de l’opération Ndobo notamment dans la ville de Kinshasa où plus de 400
inciviques ont été appréhendés durant la période allant du 21 au 22 février 2026.
Ils sont, en ce moment, devant les instances judiciaires pour répondre de leurs
actes.
Cependant, a – t – il martelé, les défis restent énormes pour la Police nationale
dans la restauration de l’Autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire
national. De ce fait, la poursuite de l’implémentation de la Loi de
Programmation relative à la mise en œuvre de la réforme permettra de mieux
équiper et former la Police afin qu’elle remplisse efficacement ses missions au
service de la Nation.
Par ailleurs, le Conseil a été informé de la découverte des fosses communes à
Uvira. La première fosse a été découverte à proximité du Bureau du Programme
Alimentaire Mondial, sur l’axe routier menant vers Kavimvira. Selon des
sources locales, ce site contiendrait environ 35 corps. Un second site a été
signalé dans le quartier de Kilomoni, toujours dans la ville d’Uvira. Au cimetière
communal, des acteurs de la société civile évoquent la présence de dizaines de
corps enterrés de manière irrégulière.
Des équipes spécialisées ont été déployées sur les différents sites afin de
sécuriser les lieux et recouvrir les corps exposés. Toutefois, aucune exhumation
officielle n’a encore été menée, et l’identité des auteurs ainsi que celle des
victimes demeurent inconnues.
Clôturant son intervention, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur,
Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières a fait le point de la situation
aux frontières.
Le Conseil a pris acte de ce rapport.
II.2. Situation sécuritaire
Le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense Nationale et Anciens
Combattants a passé en revue la situation sécuritaire et opérationnelle sur
différents fronts.
Il a indiqué qu’en dépit des initiatives de paix prises par les Organisations sous
régionales avec le soutien des Nations-Unies et de l’Union Africaine, la situation
opérationnelle a été marquée par l’attitude belliciste de la coalition
RDF/AFC/M23 caractérisée par la prédation des minerais stratégiques dans les
zones occupées, la désinformation et les violations systématiques du cessez-le-feu par des attaques récurrentes qui sont tenues en échec grâce aux capacités de nos Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) défendant vaillamment leurs positions et surtout nos populations.
Après la reddition de plusieurs des adeptes de la coalition CRP/Zaïre suite à la
pression exercée par nos Forces Armées, ces dernières ont renforcé la traque
contre des éléments résiduels.
Dans le triangle Kongo-Central – Kinshasa – Grand Bandundu, le Processus de
Désarmement et Démobilisation se poursuit. Plus de cinq-cents (500) ex. insurgés Mobondo ont accepté de servir le pays et ont été acheminés vers le centre Agroindustriel de Kaniama Kasese sous la responsabilité du Service National. Les FARDC restent en alerte maximale.
Le Conseil a pris acte de ce rapport.
II.3. Situation épidémiologique en République Démocratique du Congo
Le Ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale a présenté la
situation épidémiologique du pays.
En ce qui concerne le Choléra, la tendance à la septième semaine épidémiologique a été marquée par une baisse du nombre des nouveaux cas, passant de 1.265 à 1.206 cas suspects dont 6 décès, soit une létalité de 0,5%, contre 0,6% à la semaine précédente.
Kinshasa est la province la plus touchée avec 224 nouveaux cas suspects et 2
décès. Elle compte 42 malades actifs qui sont pris en charge dans les Centres de
Traitement du Choléra. La vigilance a été renforcée pour les cas observés à la
Prison de Makala. Les actions de riposte entreprises à tous les niveaux se veulent rassurantes.
Quant au Mpox, la tendance au cours de cette semaine a été marquée par une
hausse du nombre de nouveaux cas suspects passant de 163 à 248. Les actions
menées en termes de riposte sont renforcées surtout vers le Haut-Katanga,
précisément dans la zone de santé Kikula (Likasi).
Par ailleurs, le Ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale a
fait part au Conseil de la signature, le 26 février 2026, de l’Accord-cadre bilatéral de coopération sanitaire entre notre Gouvernement et celui des États-Unis d’Amérique relatif à la coopération sanitaire.
Il vise à préserver les acquis des programmes de santé, à assurer la continuité
des services essentiels et à renforcer durablement le système national de santé,
notamment en matière de surveillance, laboratoire, préparation aux épidémies
et résilience financière. Il marque l’évolution vers un partenariat sanitaire plus
structuré et durable.
Enfin, l’organisation prochaine de la 40ème session ordinaire du Conseil des
Ministres de la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (CIPRES)
en décembre 2026 à Kinshasa a été également abordée.
Le Conseil a pris acte de cette note d’information.
II.4. Note d’information relevant du secteur de la Formation
Professionnelle
Le Ministre d’Etat, Ministre de la Formation Professionnelle a informé le
Conseil du début effectif, le 28 janvier 2026, du jury pour la Valorisation des
Acquis d’Expérience (VAE) dans le domaine des métiers.
Avec l’appui de l’UNICEF et quelques partenaires privés, le processus se
poursuit déjà à travers quatre centres dans la ville de Kinshasa retenue comme
pilote, avant de s’étendre en provinces. Le plan de déploiement est déjà
disponible. Il privilégie pour l’instant les métiers de maçon, soudeur, menuisier,
plombier, électricien, chauffeur véhicules légers et lourds, coiffeur, carreleur,
peintre, mécanicien et ferrailleur.
La certification par le mécanisme de valorisation d’acquis d’expérience permet
à notre pays d’espérer améliorer la qualification de sa main-d’œuvre et
promouvoir un développement économique et social durable. Elle contribue
efficacement à apporter la réponse à la problématique adéquation formation –
emploi, d’anticiper la main-d’œuvre Congolaise au regard de plusieurs projets
structurants à travers le pays, à l’occupation des emplois réservés aux Congolais, à l’amélioration des conditions socio-économiques des ouvriers Congolais.
Le Conseil a pris acte de cette note d’information.
II.5. Note d’information relevant du secteur du Développement Rural
Le Ministre d’Etat, Ministre du Développement Rural a, lui aussi, informé le
Conseil du lancement avec succès du Programme régional d’appui au
développement des infrastructures et de valorisation des ressources en eau
transfrontalières entre la République Centrafricaine et la République
Démocratique du Congo.
Financé par la Banque Africaine de Développement (BAD), ce programme vise
à améliorer durablement les conditions de vie socio-économiques, la résilience
des populations et de l’écosystème dans le bassin transfrontalier de
l’Ouganda/Ubangi. D’une durée de cinq ans, le budget total pour le volet RDC
qui cible près de 500.000 ménages dans les provinces du Nord-Ubangi, du Sud-Ubangi et de la Mongala, se chiffre à 49,6 millions USD.
Le Ministre d’Etat, Ministre du Développement Rural a sollicité l’appropriation
des actions liées à la mise en œuvre de ce programme régional qui va bénéficier
à nos populations des provinces du Nord-Ubangi et du Sud-Ubangi. Leurs
effets vont impacter les ménages ruraux et revitaliser la zone rurale d’échanges
transfrontaliers notamment sur l’axe Bangui (RCA) – Bongo (RDC) et dans les
bassins de vie et de production des populations riveraines locales.
Le Conseil a pris acte de cette note d’information.
II.6. Note d’information relevant du secteur du Commerce Extérieur
Le Ministre du Commerce Extérieur présenté au Conseil une note
d’information à deux volets.
1° Organisation du Workshop national dans le cadre de la modernisation du partenariat RDC-CNUCED à Kinshasa du 17 au 18 mars 2026
Partant des actions déjà réalisées pour poser les bases institutionnelles,
techniques et financières de ce programme, le Ministre du Commerce Extérieur
a précisé que ce Workshop national de haut niveau sur les politiques de
renforcement des capacités productives sera axé sur l’industrialisation, la
diversification économique et la croissance inclusive.
Sa tenue prochaine constitue une étape opérationnelle majeure dans la mise en
œuvre du Programme de Développement des Capacités Productives.
Ainsi, l’accompagnement du Gouvernement a été ainsi sollicité pour la réussite
de ce programme stratégique pour l’avenir de notre pays.
2° ZLECAf – Dubaï 2026 : Accélération de la modernisation des postes frontaliers et opérationnalisation des Partenariats Publics-Privés (PPP)
Cette réunion stratégique qui s’est tenue le 18 février 2026 à Dubaï marque une
étape déterminante vers la transformation structurelle des frontières africaines
en leviers de croissance et d’intégration régionale.
Le Ministre du Commerce Extérieur a rapporté la position défendue par la
délégation Congolaise repose sur une modernisation intégrée des frontières,
combinant infrastructures physiques de nouvelle génération et digitalisation
complète des procédures.
Il a passé en revue les décisions et engagements pris, les impacts attendus et
enjeux stratégiques ainsi que les perspectives et le plan d’action 2026-2027.
Le Conseil a pris acte de cette note d’information.
II.7. Note d’information relevant du secteur de l’Entrepreneuriat
Pour sa part, le Ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des Petites et
Moyennes Entreprises a aussi présenté au Conseil une note d’information
relative à la validation du Plan de Travail stratégique sur la chaine de valeur du
cuir en République Démocratique du Congo.
Au terme de l’Atelier de validation du Plan de Travail Stratégique qui s’est tenu
du 11 au 12 décembre 2025 avec la participation de toutes les parties prenantes, trois grandes actions stratégiques ont été préconisées : (i) Promouvoir l’élevage et améliorer l’approvisionnement en matières premières ; (ii) Renforcer la transformation locale du cuir ; (iii) Développer les conséquences et faciliter l’accès aux marchés.
La mise en œuvre cohérente et progressive de ces actions permettra de
dynamiser durablement la filière cuir afin d’aboutir à la réhabilitation d’une
chaine de valeur du cuir, avec en amont notamment l’élevage et la tannerie et ;
en aval, la fabrication locale des chaussures, sacs à mains, portefeuilles et portemonnaies en cuir.
Il a sollicité la prise d’acte de ces actions et de la feuille de route détaillée
précisant les acteurs, les périodes et les échéances de mise en œuvre desdites
actions.
Le Conseil a pris acte de cette note d’information.
II.8. Note d’information relevant du secteur de Pêche et Elevage
Le Ministre de la Pêche et Elevage a fait le point au Conseil de l’état des lieux
et de la problématique de la mise en service de trois bateaux de pêche de 27
mètres et de cinq autres de 8 mètres commandés par le Gouvernement et qui
sont actuellement en accostage au port de l’ONATRA à Boma.
Le rapport de la série d’inspections et de contre-expertises effectuée sur ces
deux catégories de navires, avant et après leur rapatriement, a été expliqué dans les moindres détails aux membres du Gouvernement et les différentes options visant la mise en service ont été présentées.
Quant au lot de bateaux de pêche de 16 mètres et de 12 mètres commandés en
Espagne, il a précisé que les travaux de fabrication étant achevés, l’étape de
rapatriement sur le territoire national est soumis à la mise à disposition d’un
espace pour leur accostage ainsi qu’à la livraison d’une chaine de froid complète qui est une composante indissociable au projet de pêche industrielle.
Le Conseil a pris acte de cette note d’information.
III. APPROBATION D’UN RELEVE DE DECISIONS
Les membres du Conseil ont approuvé le relevé de décisions prises lors de la
79ème réunion ordinaire du Conseil des Ministres du vendredi 20 février 2026.
- EXAMEN ET ADOPTION D’UN (01) DOSSIER
IV.1. Dossier relevant du secteur de l’Economie du Climat
La Ministre Déléguée près la Ministre de l’Environnement et Développement
Durable en charge de la Nouvelle Economie du Climat a soumis au Conseil,
pour examen et approbation, le Programme national de gestion et de
valorisation économique des déchets en République Démocratique du Congo.
Expliquant les enjeux et les défis, elle a indiqué que la mauvaise gestion de
déchets coûterait à notre pays environ 25 millions USD chaque mois. Elle
représente 11% de nos émissions de gaz à effet de serre, alors que les déchets
constituent une opportunité en termes de création de richesses et d’emplois.
La structuration de ce secteur pourra générer 50.000 emplois directs et 150.000
indirects, nettoyer nos villes et stimuler l’économie nationale. D’où, la nécessité
de lancer ce Programme national placé sous l’autorité de la Première Ministre,
pour une meilleure coordination des intervenants et Ministères sectoriels
concernés.
La mise en œuvre dudit Programme se fera en trois phases, avec Kinshasa
comme pilote, avant tout déploiement dans les autres villes du pays. Il s’agit
de : (i) Phase I d’urgence (en six mois) ; (ii) Phase II de renforcement des capacités (en 18 mois) et (iii) Phase III d’opérationnalisation (en 24 mois).
Elle a sollicité la mise en place d’une Task force multisectorielle sur la gestion
et la valorisation économique des déchets pour le lancement de la phase
d’urgence et une mobilisation générale de la population pour le nettoyage de
Kinshasa.
La Ministre Déléguée près la Ministre de l’Environnement et Développement
Durable en charge de la Nouvelle Economie du Climat a été complétée par le
Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Economie Nationale et la Ministre
Déléguée près le Ministre de l’Urbanisme et Habitat en charge de la Politique
de la ville.
Après débats et délibérations, le Conseil a adopté ce dossier.
Commencé à 15h45’, la réunion du Conseil des Ministres a pris fin à 18h50’.
Pour le Ministre de la Communication et Médias,
Porte-parole du Gouvernement en mission,
Augustin KIBASSA MALIBA LUBALALA
Ministre de l’Economie Numérique
