64 ans après son accession à l’indépendance, la République Démocratique du Congo ne s’est toujours pas remise des séquelles de la colonisation. Depuis, plusieurs de ses fils et filles ont immigré en Belgique et ont, de ce fait, occasionné un brassage culturel entre les deux pays. A ce sujet, Juliana Lumumba, fille du premier Premier Ministre congolais, Patrice Emery Lumumba, a, au cours d’une conférence tenue lundi 17 juin 2024, au Centre Wallonie Bruxelles à Kinshasa, plaidé pour la réconciliation mémorielle avec la culture RD. Congolaise, et ce, pour un avenir commun entre la diaspora congolaise vivant en Belgique et les nationaux. Ces échanges ont été placés sur le thème : « Avec les yeux du futur, en route vers une troisième table ronde culturelle ? »
Pour Juliana Lumumba, il faut faire table rase de notre passé, car même si on le regarde mille fois, il ne va pas changer. ‘’ On a besoin de regarder notre passé pour pouvoir construire notre futur. La haine n’amène que la haine, et la violence n’amène que la violence. La meilleure vengeance pour nous serait de retourner vers nos figures emblématiques’’, a exhorté l’ancienne ministre de la culture, qui a appelé à enseigner aux jeunes, dès leur bas âge, les personnages clés de notre histoire tels que Patrice Emery Lumumba, Joseph Kasa-Vubu et autres, dont la plupart ne maîtrise pas leur histoire.
‘’Le fossé mémoriel entre nos deux pays est grand. Et lorsque je parle de fossé mémoriel il ne s’agit de faire un procès de victimisation, il s’agit plutôt de la réconciliation pour arriver à une mémoire apaisée’’, a-t-elle poursuivi.
Par cette réconciliation, les congolais, qu’ils soient de la diaspora belge ou des locaux, sont appelés à transmettre aux générations montantes les côtés positifs des traditions ancestrales.
Par ailleurs, elle a déploré le caractère de la jeunesse actuelle, qui par l’avènement de nouvelles technologies, est entraînée vers la ruine. ‘’ Le monde évolue, le monde a changé. Les sociétés africaines se métamorphosent. La jeunesse africaine a évolué, cette jeunesse est beaucoup plus politisée, plus instruite, très connectée et décomplexée. Elle ne veut surtout pas ressembler à nous leurs parents, ils sont connectés et ont accès aux infos que nous n’avions pas à notre époque’’.
Vers une nouvelle communauté belgo-congolaise
Juliana Lumumba a préconisé, par la même occasion, l’investissement sur la jeunesse car elle est ne doit pas vivre au futur, mais doit jouer un rôle au présent, étant donné que c’est elle qui constitue le pilier du présent. Dans cette jeunesse, la diaspora est également concernée, du fait que, insiste-t-elle, l’Union africaine possède six régions : le Nord, le Sud, l’Est, l’Ouest, le Centre et la Diaspora.
Pour elle, la diaspora peut contribuer au développement du Congo, non pas par son poids démographique, mais par son apport financier qu’elle envoie à l’Afrique et ledit apport est plus important que l’aide public.
Nathan Mundele
