Alors que les élèves devaient retrouver le chemin des classes après les vacances de Pâques, le silence règne dans les cours de récréation des écoles publiques de Beni, dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Depuis le lundi 13 avril, un mouvement de grève déclenché par le corps enseignant paralyse le secteur de l’éducation dans la région.
Le cri de détresse des enseignants
Le motif de cette colère est le non-paiement des salaires. Les enseignants, qui font face à des conditions de vie de plus en plus précaires, réclament la régularisation de leurs salaires, notamment ceux des mois de mars et avril, ainsi que le respect des engagements pris par le Gouvernement central.
«Nous ne pouvons plus enseigner le ventre creux», confie un représentant syndical local. Pour ces professionnels de la craie, la reprise des cours est conditionnée par des actions concrètes de la part des autorités de Kinshasa. La situation des Nouvelles unités, engagés par le ministère mais non encore pris en charge par le service de paie, continue en même temps de grincer les dents de ces agents publics concernés.
« Dans notre province il y a beaucoup d’enseignants qui prestent dans les écoles publiques mais qui ne sont pas encore payés. Et, il y avait une promesse selon laquelle il fallait les prendre en charge au mois d’avril. Mais malheureusement, le Gouvernement n’a rien fait », a déclaré Ghislain Bambirikire, Secrétaire du Syndicat des enseignants Beni.
Une année scolaire menacée
Cette nouvelle interruption du calendrier scolaire inquiète les parents d’élèves et les acteurs de la société civile. Dans une région déjà meurtrie par l’insécurité, l’éducation est perçue comme le seul rempart pour l’avenir de la jeunesse. Ces revendications salariales, qui reviennent de manière cyclique, perturbent gravement la progression pédagogique et font craindre une année blanche ou, à défaut, une baisse du niveau des examens de fin d’année.
Pour l’heure, le Gouvernement provincial et les délégations syndicales n’ont pas encore trouvé de terrain d’entente, laissant des milliers d’enfants dans l’incertitude.
Une parole qui rassure
L’inquiétude qui ne cesse de s’installer dans les deux camps, enseignants et parents, rencontre des paroles qui rassurent et adoucissent les esprits en vue d’une reprise effective des cours dans un délai relativement court.
« La grève des enseignants va prendre fin. D’ici-là ils vont emboîter aussi les pas comme les autres. Et, je leur demande de laisser de tergiverser. Qu’ils encadrent les enfants car il ne nous reste plus que deux mois pour que l’année scolaire touche à sa fin », a rassuré Robert Kibonge, chef de la sous-division éducationnelle de Béni.
César Nkangulu
