Deux dynamiques politiques distinctes. Deux visions de gouvernance institutionnelle. Deux Leaders aux postures diamétralement opposées. En RDC, le débat est loin d’atteindre son point de dénouement autour de la Constitution. Au lendemain de la déclaration de l’Eglise du Christ au Congo marquant la clôture de sa 66ème session extraordinaire, la voix de Germain Kambinga résonne avec vivacité comme un vibrant appel à l’apaisement des congolais, un signal d’alerte pour l’éveil patriotique et une interpellation poussée face aux grands défis du moment.
Dans une publication empreinte de courage, interceptée hier, lundi 8 juin 2026, sur son compte X, le Leader du Mouvement politique Le Centre avance une réflexion d’une rare profondeur sur le devenir de la Nation. Il jette, dans le même élan, un regard rétrospectif sur les mutations politiques récentes et épingle la nécessité, pour la RDC, de s’engager pleinement dans la bataille de la transformation de l’ordre constitutionnel national en vue d’assurer la préservation de sa souveraineté.
Dans sa tribune, Germain Kambinga Katomba encourage l’idée du changement constitutionnel et affiche tout son soutien à la tenue urgente d’un référendum en République démocratique du Congo, jugeant propice le contexte actuel à l’instauration de la Quatrième République.
« Il me paraît nécessaire d’affirmer avec lucidité que les institutions actuellement au pouvoir disposent, si elles le décident, des moyens politiques, parlementaires et institutionnels susceptibles de conduire un processus de réforme constitutionnelle. Cette réalité peut être contestée sur le plan politique; elle ne peut être ignorée sur le plan analytique. L’observation objective de la situation nationale révèle en effet que nous ne sommes pas aujourd’hui dans une configuration comparable à celle qui prévalait entre 2016 et 2018. À cette époque, le rejet populaire du régime alors en place était devenu manifeste. Les tensions politiques, les mobilisations sociales et les revendications les revendications démocratiques traduisaient une rupture profonde entre le pouvoir et une partie importante de la population. Le contexte actuel est d’une nature différente », clarifie Kambinga.
Halte à la désorientation politique
Après la dernière manifestation de terrain organisée par l’Opposition, le point de vue de l’Ancien Ministre de l’Industrie s’oppose à toute forme de désorientation politique. Pour lui, la plus grande force ne se résume pas aux menaces, ni aux déclarations déconnectées aux réalités nationales, mais en la capacité réelle de convaincre et de capter une adhésion massive des populations à l’idéal du bien-être collectif.
« Le véritable débat n’est pas de savoir si certains acteurs politiques disposent ou non de la capacité d’empêcher une réforme constitutionnelle. Le véritable débat consiste à déterminer les principes fondamentaux qui doivent encadrer toute transformation éventuelle de notre ordre constitutionnel. La souveraineté appartient au peuple. Ce principe, consacré par notre Constitution, implique une responsabilité collective. Les citoyens doivent pleinement mesurer que le pouvoir qu’ils confient à leurs dirigeants n’est jamais abstrait. II produit des conséquences concrètes sur l’organisation de l’État, sur les institutions et sur l’avenir de la Nation », démontre le Chef de file du Mouvement Centriste Congolais.
» Ma position ne repose ni sur les contingences du moment ni sur les intérêts d’un acteur politique particulier. Elle procède d’une réflexion sur la place que la République Démocratique du Congo est appelée à occuper dans le monde du XXIe siècle », assure-t-il, dans sa réflexion percutante.
La Pros.
Communication de Germain Kambinga du 8 juin 2026
Je prétends que le débat relatif à une éventuelle réforme ou à un éventuel changement de la Constitution mérite davantage de hauteur de vue qu’il n’en reçoit généralement dans l’espace public. Trop souvent, il est abordé sous l’angle des rapports de force politiques du moment, des intérêts partisans ou des échéances électorales à venir. Une telle approche est réductrice et ne permet pas de saisir les véritables enjeux de la question constitutionnelle.
La Constitution n’est pas un simple instrument d’organisation du pouvoir. Elle constitue l’expression juridique d’une vision de la société, d’une conception de l’État et d’une ambition collective. Elle définit non seulement la manière dont une nation se gouverne, mais également la direction historique qu’elle entend emprunter.
À cet égard, il me paraît nécessaire d’affirmer avec lucidité que les institutions actuellement au pouvoir disposent, si elles le décident, des moyens politiques, parlementaires et institutionnels susceptibles de conduire un processus de réforme constitutionnelle. Cette réalité peut être contestée sur le plan politique ; elle ne peut être ignorée sur le plan analytique.
L’observation objective de la situation nationale révèle en effet que nous ne sommes pas aujourd’hui dans une configuration comparable à celle qui prévalait entre 2016 et 2018. À cette époque, le rejet populaire du régime alors en place était devenu manifeste. Les tensions politiques, les mobilisations sociales et les revendications les revendications démocratiques traduisaient une rupture profonde entre le pouvoir et une partie importante de la population.
Le contexte actuel est d’une nature différente. La défense de l’intégrité territoriale face à l’agression extérieure, notamment dans l’Est du pays, continue de structurer le rapport entre une partie significative de l’opinion publique et les institutions en place. Malgré les difficultés militaires rencontrées et les épreuves subies par les populations de Goma et de Bukavu, la question de la souveraineté nationale demeure un facteur central de légitimation politique.
Dès lors, le véritable débat n’est pas de savoir si certains acteurs politiques disposent ou non de la capacité d’empêcher une réforme constitutionnelle. Le véritable débat consiste à déterminer les principes fondamentaux qui doivent encadrer toute transformation éventuelle de notre ordre constitutionnel.
La souveraineté appartient au peuple. Ce principe, consacré par notre Constitution, implique une responsabilité collective. Les citoyens doivent pleinement mesurer que le pouvoir qu’ils confient à leurs dirigeants n’est jamais abstrait. Il produit des conséquences concrètes sur l’organisation de l’État, sur les institutions et sur l’avenir de la Nation. Le choix démocratique est, par essence, un acte de responsabilité historique.
Pour ma part, en qualité de responsable politique du Centre, je considère qu’une Constitution ne saurait être remplacée pour répondre à des considérations circonstancielles, à des contraintes administratives ou à des commodités de gouvernance.
Lorsqu’il s’agit d’adapter certaines dispositions à des réalités nouvelles, la révision constitutionnelle constitue l’outil approprié.
Ambition historique majeure, d’une vision l’outil approprié.
Le changement de Constitution relève d’une tout autre logique. Il ne peut être légitime que lorsqu’il procède d’une ambition historique majeure, d’une vision civilisationnelle et d’un projet national de long terme.
C’est précisément pour cette raison que je défends, depuis 2017, l’avènement d’une Quatrième République.
Ma position ne repose ni sur les contingences du moment ni sur les intérêts d’un acteur politique particulier. Elle procède d’une réflexion sur la place que la République Démocratique du Congo est appelée à occuper dans le monde du XXle siècle.
