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    Tribune

    Ma énième lettre ouverte à son Excellence Monsieur Félix Tshisekedi, président de la République Démocratique du Congo : «De l’urgence et la nécessité d’affranchir Félix Tshisekedi de l’impérialisme intérieur par sa désobéissance à la pérennisation politique particratique pour la pérennisation historique »

    Rédaction La ProspéritéBy Rédaction La Prospérité26/06/2026Aucun commentaire29 Mins Read
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    (Par Pr Osongo-Lukadi Antoine-Dover, Professeur Ordinaire (ISP-GOMBE), Docteur en Philosophie et Lettres)

     

    1.Le désintéressement est la première vertu d’un collaborateur, d’un conseiller politique « de ne jamais manger le beurre et l’argent du beurre »

    Pour commencer cette modeste missive adressée à mon Président de la République Félix Tshisekedi, je solliciterai l’attention de maman Marthe, la première dame combattante et compagne de vie et de lutte d’Etienne Tshisekedi, mais également d’Augustin Kabuya Président intérimaire de l’UDPS-Félix Tshisekedi, pour les exhorter à prendre bien soin de l’avenir politique de son Excellence Monsieur le Président de la République, surtout pendant ces moments troubles voire incertains qui guettent notre pays, subitement confronté à la question sensible sur une éventuelle ou réelle réforme constitutionnelle. Si j’en viens à maman Marthe c’est que directement ou indirectement elle nous a vu tous grandir, luttant aux côtés de papa Etienne Tshisekedi pour la conquête des vertus démocratiques dont entre autres la liberté, la justice, le patriotisme, le nationalisme, le républicanisme, et j’en passe. En ma qualité d’ancien combattant de l’UDPS-Etienne Tshisekedi, ma seule préoccupation en ce moment consiste à éviter au Président Félix Tshisekedi de connaître le même sort que certains de ses prédécesseurs, dont à titre d’exemple celui du plus emblématique d’entre eux tous le Maréchal Mobutu, qui à cause du machiavélisme de son entourage bourré du « djalolisme », le croyant politiquement immortel, ne lui ont jamais montré la porte de la pérennisation historique, mais que celle de la pérennisation politique. Or derrière cette stratégie se cachait une motivation égoïste des quelques collaborateurs tant de ses devanciers que de son propre entourage actuel, qui cherche à l’utiliser comme un bouclier pouvant leur permettre, pour des raisons consuméristes, plutôt que patriotiques, à faire carrière indéfiniment dans la sphère politique congolaise. C’est pourquoi je ne crois pas, et vous en êtes consciente maman Marthe, que ceux qui vocifèrent et gesticulent pour le changement ou la modification de la constitution le fasse ni pour les beaux yeux du Président de la République, ni pour l’amour qu’il avait pour lui, ni encore moins pour le salut du peuple Rd-congolais auquel papa Etienne Tshisekedi avait donné sa vie. Il est ainsi de notoriété publique que dans l’agenda de ses collaborateurs sont inscrits au premier plan la sauvegarde de leurs propres intérêts, en utilisant pour ce faire et comme je viens de le dire, il y a un moment le chef de l’Etat comme un simple moyen, plutôt qu’une fin-en-soi tel que le recommande le philosophe allemand Emmanuel Kant dans son ouvrage la « Critique de la raison pratique ».

    En effet dans sa deuxième maxime du devoir sur la dignité et le respect de l’humanité, qui est la suite de la première maxime du devoir sur « agir c’est agir universellement » où Kant montre qu’agir moralement, c’est fonder le principe de son action sur la possibilité de son universalisation : « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle ». Pour donner à comprendre cette formule d’apparence singulière, Kant fournit quelques exemples pour montrer de quelle manière le suicide, la malhonnêteté, la paresse et l’égoïsme sont condamnés grâce à ce critère d’universalité. Il n’est pas question de savoir quelles seraient les conséquences, pour l’état du monde et de la société, d’une loi établissant comme principe universel ces quatre comportements. Il s’agit plus simplement de constater que l’universalisation des maximes de ces actions produit une auto-contradiction, soit dans la formulation même de la maxime, soit dans la volonté qui en poursuivrait la réalisation. On peut bien vouloir se suicider mais il est inconcevable de vouloir que le suicide devienne une loi normale universelle de l’action humaine (DEKENS O., Fondements de la métaphysique des mœurs de Kant, Bréal, 2001, p.23). Pour compléter cette première maxime ainsi énoncée et explicitée, Emmanuel Kant s’était efforcé de compléter la première formule par une seconde, qui détermine au moins partiellement la manière possible du devoir. Celle-ci ne peut en aucun cas être un objet d’expérience, puisque cette soumission de la volonté à la sensibilité détruirait la moralité. Il faut donc que la fin de l’impératif catégorique, celle qui pousse l’être raisonnable à se soumettre au critère de l’universalisation, soit une fin en soi, quelque chose qui ait une valeur absolue. Or, le seul être qui ne peut jamais être réduit à un moyen, c’est l’homme. La volonté n’est morale que si elle se donne pour motif le respect de celui qui est le porteur de la volonté, l’humanité. Ce faisant, elle ne poursuit rien d’extérieur à elle-même, mais seulement l’être particulier qui est doué de cette faculté de vouloir. L’homme n’est pas une chose, mais une personne ; il ne peut pas être employé seulement comme un moyen, mais il doit l’être toujours en plus comme une fin. D’où la formule : « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen ». Après avoir appliqué ce principe aux quatre exemples déjà considérés, Kant fait un pas de plus dans la détermination complète de l’impératif catégorique, en introduisant l’idée de législation universelle, qui effectue la synthèse entre l’universalité de la première formule et la notion d’être raisonnable de la deuxième ((DEKENS O., Fondements de la métaphysique des mœurs de Kant, Bréal, 2001, p.26-27). De telle sorte que ce qu’il s’est passé autour de ses prédécesseurs chefs de l’Etat, se passe également aujourd’hui sous Félix Tshisekedi lui-même où un certain entourage cherche à l’emprisonner dans ses certitudes voire délires privatifs.

    Cette façon d’agir est pourtant ce que Kant nomme un comportement impératif hypothétique où le motif de l’action relève d’un calcul bien mesuré pour se servir du chef de l’Etat à son insu afin de lui arracher malhonnêtement un avantage mais sans jamais se préoccuper ni de sa vie ni de son avenir. L’entourage ayant son agenda propre qui est de vivre calmement, paisiblement dans un quiétisme exemplaire, qui lui rapporte plus que cela ne rapporte au chef de l’Etat, se soucie moins de ce qu’il adviendra de lui en cas des problèmes, le plus important étant que l’entourage se sauve matériellement, financièrement, humainement pendant qu’il est au pouvoir. Pour Kant l’impératif hypothétique, représente « la nécessité pratique d’une action possible, considérée comme moyen d’arriver à quelque autre chose que l’on veut » ; l’impératif hypothétique comprend tantôt de simples règles de l’habileté : il faut faire ceci pour obtenir cela ; tantôt des conseils de prudence : il faut agir ainsi pour être heureux. Seul l’impératif catégorique, qui fait de l’intention, et non des conséquences de l’acte, le principe de sa bonté, a un contenu moral (DEKENS O., Fondements de la métaphysique des mœurs de Kant, Bréal, 2001, p. 25). Donc du point de vue de l’impératif hypothétique, il suffit de déduire les moyens de la fin, réelle ou supposée. C’est-à-dire de comment se servir du Président de la République, plutôt que de l’aider à se sauver au travers une capitalisation indiscutable de son bon bilan politique à la tête de la RD-Congo.

    Pour sa part lecteur certainement de Kant, Jürgen Habermas dans sa « Théorie d’agir communicationnel » (1981) s’y est distingué par la division de deux types d’agir l’un stratégique et l’autre communicationnel. L’agir stratégique (qui pourrait être l’équivalent de l’impératif hypothétique kantien) est celui par lequel on cherche à exercer une certaine influence sur l’autre (procédé mis en œuvre par la publicité ou le discours de propagande politique) (HUISMAN D. et VERGEZ A.,Histoire des philosophies illustrée par les textes, Nathan, 1996,p. 400), tandis que l’agir communicationnel (qui serait l’équivalent kantien d’impératif catégorique), est celui par lequel on cherche simplement à s’entendre avec l’autre, de façon, à interpréter ensemble la situation et à s’accorder mutuellement sur la conduite à tenir.Habermas est ainsi conduit à s’interroger sur les conditions de l’intercompréhension dans le processus de communication. Partant du constat que tout locuteur se réfère à un au-delà du discours (le monde vécu) qui n’est pas nécessairement partagé par l’auditeur, et que ce qui est compris par l’auditeur est au fond plus important que ce qui est dit par le locuteur, Habermas a mis au point une « éthique de la discussion », afin de garantir entre le locuteur et l’auditeur une authentique compréhension mutuelle. Ainsi, pour que mon énoncé soit digne de figurer dans un procès d’intercompréhension, il faut qu’il soit sensé, qu’il soit compréhensible pour mes interlocuteurs, qu’il n’exprime ni autorité, ni intimidation, ni menace (sinon l’on retombe dans l’agir stratégique) et qu’en dernier ressort, il soit susceptible d’être admis par chacun et par tous comme étant valable. Ici se dessine un modèle démocratique du consensus, modèle que prescrit la « raison communicationnelle » quand on l’applique au domaine du politique. Habermas espère ainsi sortir la démocratie des ornières dans lesquelles le complexe technico-scientifique l’a fait tomber (HUISMAN D. et VERGEZ A.,Histoire des philosophies illustrée par les textes, Nathan, 1996,pp. 400-401).

    Dans ces conditions Félix Tshisekedi n’a d’autre issu, à mon avis, que de désobéir à cet entourage machiavélique. Une désobéissance à la fois citoyenne et « particratique ». En effet dans son livre « Petit manuel de désobéissance citoyenne. Quand l’intérêt général est menacé devenez lanceur d’alerte », William Bourdon en décrit l’urgence et la nécessité, en montrant comment les concepts désobéissance civile, lanceurs d’alerte, les indignés, se sont mis à danser depuis quelques années dans les médias, l’espace public et parfois la salle d’audience. De telle sorte, poursuit-il, que désobéir est dans l’air du temps. En effet « Si Antigone en est naturellement la mère originelle, des millions d’anonymes en seront ensuite, pendant des siècles, les enfants. Tous en commun d’avoir bravé la loi existante, parfois appuyés par leur communauté, des groupements, des partis politiques, mais le plus souvent, seuls. Cette solitude est sans doute un des paradigmes du désobéissant, au moins au moment où il passe à l’acte, car il peut, sans s’y attendre, fédérer autour de son acte le plus grand nombre » (Petit manuel de désobéissance citoyenne. Quand l’intérêt général est menacé devenez lanceur d’alerte, éditions Jean-Claude Lattès, p. 8, 2014). William Bourdon indique également comment « Les grands défricheurs de la désobéissance citoyenne, Etienne de la Boétie, Henry David Thoreau et Léon Tolstoï, n’ont pas eux-mêmes organisé d’actions collectives de résistance contre l’injustice des lois qu’ils dénonçaient. Ils ont eu cependant l’immense mérite de faire valoir l’idée que les hommes, s’ils le veulent, ont à chaque instant la capacité de s’opposer efficacement à ceux qui détiennent la puissance, le pouvoir et qui parfois les oppriment » Petit manuel de désobéissance citoyenne. Quand l’intérêt général est menacé devenez lanceur d’alerte, éditions Jean-Claude Lattès, pp. 8-9, 2014) ; que « l’édifice d’un système politique qui prévaut dans une société repose tout entier sur la collaboration volontaire, résignée, fataliste, des femmes et des hommes qui la constituent » (Petit manuel de désobéissance citoyenne. Quand l’intérêt général est menacé devenez lanceur d’alerte, éditions Jean-Claude Lattès, p. 9, 2014) ; que « Tout s’écroule si ces derniers décident de mettre fin à cette collaboration. Et quand le plus grand nombre conterste la légitimité d’un régime, ce n’esdt pas un lanceur d’alerte qui se lève, mais des millions » (Petit manuel de désobéissance citoyenne. Quand l’intérêt général est menacé devenez lanceur d’alerte, éditions Jean-Claude Lattès, p. 9, 2014) ; que « Du droit de résister à la tyrannie au devoitr de désobéir à un ordre manifestement illégal, jusqu’aux lanceurs d’alerte d’aujourd’hui, un fonds commun d’évidence subsiste » (Petit manuel de désobéissance citoyenne. Quand l’intérêt général est menacé devenez lanceur d’alerte, éditions Jean-Claude Lattès, p. 9, 2014) ; enfin que « Le patrimoine commun entre tous les désobéissants, c’est d’opposer la souveraineté primordiale des citoyens à celle des Etats et à celle des acteurs du marché » (Petit manuel de désobéissance citoyenne. Quand l’intérêt général est menacé devenez lanceur d’alerte, éditions Jean-Claude Lattès, p. 9, 2014).

    2.La province du Sankuru comme un exemple de pérennisation historique au compte de Félix Tshisekedi

    Excellence Monsieur le Président de la République, si je me permets de m’adresser à votre honneur et haute autorité, alors que je ne vous suis qu’un parfait inconnu à vos yeux, en dépit pourtant de mes nombreuses publications contributives mettant en évidence et en valeur votre gouvernance auprès de nos compatriotes tant de l’intérieur que de l’extérieur, c’est de prime bord pour vous rafraîchir la mémoire sur la lutte politique très active que j’ai menée dans l’UDPS-Etienne Tshisekedi wa Mulumba à l’époque où je ne fus qu’un jeune étudiant à l’Université de Lubumbashi et meneur des plusieurs mouvements insurrectionnels contre le mobutisme. Une lutte politique qui a failli me coûter la vie, lors d’une tentative d’assassinat manquée, en plein jour, sur le campus universitaire de la Kassapa, dont l’exécutant ne fût autre qu’un ancien condisciple étudiant de l’ancienne province de l’Equateur qui a pu longtemps, après la chute du mobutisme qu’il servit avec aplomb et témérité, rejoindre le PPRD où il fût nommé ministre de l’agriculture. Miraculeux de la vie, le mobutisme omnipotent ordonna malgré tout mon exclusion définitive de l’Université Nationale du Zaïre et donc du Campus de Lubumbashi (dont aucune réinscription à l’époque n’était possible nulle part ailleurs) et suivie en prime d’une relégation dans mon village natal d’Oshing’Untu/Lubefu avec une interdiction de lire et d’écrire ! Quant au condisciple assassin, amoureux des joutes et diatribes politiques, croyant sans doute que l’espace politique au PPRD était le même qu’au MPR, il succomba étrangement dans ses terres natales de la belle et grandiose ville de Mbandaka mais dont par humanité et décence d’esprit et de respect pour lui que pour sa famille (les morts chez nous en Afrique ne sont jamais morts, écrivait Hampaté Ba), je tairai son patronyme.

    Mais malgré tout curieusement c’est l’ancienne province de l’Equateur qui m’a tout donné. C’est à l’Equateur que j’y exerçai comme assistant de philosophie. C’est à l’Equateur que je m’étais marié religieusement devant papa Cardinal Frédéric Etsou Nzambi Bamuangi d’heureuse mémoire. C’est de l’Equateur qu’est né le sauveur de ma carrière estudiantine le professeur Pierre Nzege Alaziambina. En effet c’est grâce à lui et ses proches relations tant tribales que politiques que je pus réintégrer la même année l’UNAZA. Pierre Nzege Alaziambina était comme un père d’adoption pour moi. Il fût à l’époque professeur au département de philosophie du campus universitaire de Lubumbashi. Très écouté et influent tant auprès du professeur Félix Vunduawe Te Pemako ancien Vice-Recteur que du Maréchal Mobutu en personne, dont il devint peu après l’un des ministres-clés du gouvernement chargé de l’Enseignement Primaire, Secondaire (EPS) sous la direction de son Excellence Premier Ministre Léon Kengo wa Dondo -, que j’eus la chance d’achever mes études deux années plus tard, avant d’y être retenu assistant d’abord au Département de Philosophie de l’Université de Lubumbashi (UNILU), sous le rectorat de l’excellent professeur Mpeye Nyango, puis transféré nommé à l’Institut Supérieur du Développement Rural de Mbandaka (ISDR) ; et ensuite rappelé à Kinshasa, transféré grâce encore une fois (au regard de l’arrêté ministériel de l’époque déclarant obsolètes les transferts académiques) à l’intervention combinée des Ministres Nzege Alaziambina et Mokonda Bonza respectivement de l’EPS et de l’ESURS à l’Institut Supérieur Pédagogique de la Gombe, où je fus nommé dès le premier mandat (au lieu de deux mandats requis officiellement), Chef de Travaux grâce à un un dossier académique et scientifique conséquent. La preuve que malgré les tracas politiciens, on n’oubliait pas l’essentiel pour lequel à plus de deux milles kilomètres entre Kinshasa et Lubumbashi, j’avais choisi d’y aller m’inscrire.

    Excellence Monsieur le Président de la République, par deux fois, alors que je ne mange pas le beurre et l’argent du beurre à vos côtés, j’ai voté pour vous au nom de mes raisons personnelles, sentimentales en vue de marquer ma modeste reconnaissance pour le seul et unique voyage qu’un chef d’Etat du Congo a effectué -, depuis son accession à la souveraineté internationale et l’assassinat crapuleux et totalement injuste de mon grand oncle Patrice-Emery Lummba le 17 janvier 1961 -, au Sankuru et plus précisément sur les terres natales de cet héros national, dont déterminé vous avez ramené sa dent en guise de sépulture. Mais votre bonne volonté ne s’est pas arrêtée là, parce que lors de la formation de votre premier gouvernement en tant que président élu de la Rd-Congo, vous aviez confié cinq ministères, du jamais vu dans ce pays avant votre avènement au pouvoir, aux femmes, aux enfants et aux hommes du Sankuru, sans doute parce que dans votre noble intention vous vouliez leur permettre de relancer la conscience politique, économique, sociale, culturelle de leur province. Malheureusement inconscients, médiocres, clanistes par essence, ils ont passé l’essentiel de leur temps à s’invectiver, à se chamailler, à trafiquer les luttes d’influence, à s’insulter, à se mépriser, à se médire et plus grave encore à s’entretuer.

    Pourtant malgré toutes les dérives, irresponsabilités, inconsciences des politiciens du Sankuru qui ne vous ont encore jamais rendu la confiance que vous avez misée sur eux, je viens vous assurer et vous rassurer que la population du Sankuru ne vous sera jamais ingrate, que du contraire, parce que lucide elle sait et comprend que depuis votre avènement au pouvoir vous avez toujours tout fait pour elle, mais que c’était plutôt à elle-même, cette population sankuroise, de mobiliser ses forces, de se mettre en ordre de bataille pour pouvoir enfin, à l’instar des autres provinces du pays, essayer de relever le défi de son développement et de sa transformation ; que sa déchéance actuelle dont toutes les consciences conscientes parlent n’est ni votre faute ni votre abandon, ni votre indifférence, mais au contraire dû à son propre quiétisme. En effet dans le langage sartrien l’attitude des gens qui disent : les autres peuvent faire ce que je ne peux pas faire. Une attitude non « existentialiste » où l’homme est appelé à se battre pour son existence dans un monde où il a jeté, abandonné, sans raison, estime Sartre. La doctrine que je vous présente (c’est Sartre qui parle) est justement à l’opposé du quiétisme, puisqu’elle déclare : il n’y a de réalité que dans l’action ; elle va plus loin d’ailleurs puisqu’elle ajoute : l’homme n’est rien d’autre que son projet, il n’existe que dans la mesure où il se réalise, il n’est donc rien d’autre que l’ensemble de ses actes, rien d’autre que sa vie. » (SARTRE J-P., Cahier pour une morale, Paris, Gallimard, 1983,p. 55), l’égoïsme, de la mauvaise fqu’il a su composer tant bien que mal « diplomatiquement » avec lui pour exister encore politiquement à la tête de son pays. Ici le fils a franchement « tué » son père, qui n’avait jamais eu sa langue dans sa poche. Que cependant s’il a réussi à s’adapter diplomatiquement et politiquement avec l’impérialisme extérieur, malheureusement il n’y est pas parvenu ni à s’adapter ni à composer avec l’impérialisme intérieur qui constitue une véritable épine dans son pied. Pourtant il y a urgence. Il doit nécessairement s’en débarrasser s’il tient à survivre historiquement et politiquement tant pendant qu’après ses mandats politiques à la tête du pays. Il doit pour ce faire ignorer les gesticulations des charlatans de la démesure de son entourage, auteurs des controverses politiques actuelles sur une éventuelle modification ou changement de la constitution.

    L’impérialisme intérieur est une plaie incurable. Une plaie infectée par des postulants permanents à tous les changements politiques qui s’opèrent dans notre pays. Ces charlatans de la démesure tels des mouches sillonnent les rues, les cabarets à la recherche des viandes avariées pour se nourrir. C’est le même encourage qui avait entêté le Maréchal Mobutu et qui l’a quitté par après quand il était tombé, exilé au Maroc jusqu’à ce que mort suive à Rabat où il repose dans l’indifférence impitoyable malgré l’extraordinaire bilan positif engrangé pour son pays. Tout cela parce qu’au lieu d’opter pour une pérennisation historique, il avait écouté son entourage machiavélique et choisi plutôt une pérennisation politique. Abandonné, les anciens troubadours qui tournaient autour de lui et le glorifiaient, en le flattant, ont transhumé chez l’inoubliable Mzee Laurent-Désiré Kabila pour refaire ce qu’ils ont toujours su faire avec beaucoup d’aplomb et de malice à savoir la flatterie, la vie facile malgré les remontrances du successeur du Maréchal Mobutu, jusqu’à ce qu’à son tour il tombe l’arme à la main dans son épreuve de force avec l’impérialisme extérieur (dont principalement l’administration démocrate étasunienne sous Bill Clinton mari et épouse qui désirait balkaniser notre pays en la faveur de leur fameuse théorie du domino ou à défaut de la balkanisation, placer la Rd-Congo sous protectorat tutsie rwandaise).

    Remplacé par Joseph Kabila son fils légitime, selon moi car un enfant légitime ou d’adoption est toujours un enfant comme un autre et qui plus est encore qui a été présenté par son défunt père le Camarade Laurent-Désiré Kabila, de son vivant à la nation congolaise tout entière comme son héritier testamentaire politique et militaire, le même entourage qui a entraîné le premier soldat de Patrice-Emery Lumumba à la mort le 16 janvier 2001, a rejoint le fils Kabila avec ses mêmes qualités et défauts jusqu’à la fin de son règne, certes avec l’énorme mérite qu’il ait accepté pour la toute première fois une passation républicaine historique du pouvoir en Rd-Congo. Ce n’est pas que son entourage n’avait pas essayé de lui en dissuader, il a tout fait et tenté mais c’est parce que seul devant sa conscience (certes en écoutant et en analysant la pression de l’Occident et ses lobbies), Joseph Kabila a librement choisi plutôt la pérennisation historique, qui l’a fait entrer dans l’histoire de notre pays et y demeurer. Ainsi qu’on le veuille ou non, il demeurera quoiqu’on en dise dans l’histoire, parce qu’en plus de la passation pacifique du pouvoir, Joseph Kabila Kabange est à ce jour le premier chef de l’Etat Rd-congolais en fonction, qui aura fait organiser les premières élections libres et démocratiques ; qui aura accepté l’humiliation suprême de la formulation 1+4, mais qui malgré tout aura réunifié le pays déjà en cours de balkanisation et voire enfin réunifié les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

    Quand il a quitté le pouvoir, une grande partie de son entourage, a continué à contester la présidence de Félix Tshisekedi jusqu’à ce que celui-ci ait rompu courageusement ses amarres avec le FCC-CACH, et qu’à la recherche du miel habituel l’ancien entourage de Kabila sans jamais se gêner a désavoué son maître qu’il glorifiait quand il était au pouvoir pour décider, mais lâchement, après l’avoir poignardé dans le dos comme ces déambuleurs ambiants savent bien le faire déjà sous Mobutu, sous Mzee Kabila, sous Joseph Kabila lui-même, de rejoindre Félix Tshisekedi en adhérant à l’Union Sacrée de la Nation, qu’ils trahiront et abandonneront quand viendra un jour la fin de ses mandats politiques. On n’est ici devant un entourage de gens qui ne recherchent et ne poursuivent qu’un intérêt singulier. Il vise la prolongation du pouvoir non pas pour des raisons républicaines mais au contraire mercantilistes et consuméristes mais au détriment du peuple.

    Un entourage qui pense plus à son nombril qu’à la vie et la survie politique du Président de la République. Ce qui l’intéresse en premier lieu ce n’est ni le futur ni le passé mais le présent. Du point de vue de l’ontologie phénoménologique herméneutique de Martin Heidegger ce type d’individus sont des « Vorhandensein » c’est-à-dire des êtres-présents-subsistants dont le seul but est d’être-au-monde (In-der-Welt-Sein), c’est-à-dire des simples figurants planétaires. Ces « Vorhandensein »incarnent l’impérialisme intérieur. Ils sont plus dangereux voire plus destructeurs que les impérialistes extérieurs. Récusant de regarder le futur et le passé, ils produisent le sous-développement et le manque de transformation aggravés de l’Afrique et de notre pays plus précisément. On doit non seulement les dénoncer mais également les combattre. Parce qu’ils perturbent les mandats politiques de Félix Tshisekedi exactement comme ils l’ont fait avec ceux de ses prédécesseurs. C’est une bande de machiavélistes purs et durs qui dépassent même Nicolas Machiavel en personne auteur du « Prince », l’un des livres les plus emblématiques de la science politique et de l’histoire de la philosophie les plus lus dans le monde, et sa formule « Seul la fin justifie les moyens ».

    Les impérialistes intérieurs raffolent cette formule. Mais qu’est-ce alors que donc l’impérialisme intérieur ? L’impérialisme intérieur, c’est le colonialisme interne, qui désigne l’exploitation ou la domination politique, économique et culturelle d’un groupe ou d’une région par une autre entité au sein des frontières d’un même Etat. Les dynamiques sont similaires à celles d’un empire imposant sa loi à des colonies étrangères. Le terme d’impérialisme intérieur est apparu dans les sciences sociales pour décrire des relations de pouvoir inégales qui ne sont pas seulement basées sur la lutte des classes, dont découvrons plusieurs mécanismes : la prédation des ressources avec un gouvernement central ou une région métropolitaine qui s’approprie les richesses d’une région périphérique (minières, agricoles), sans en faire bénéficier les populations locales ; la stratification socioculturelle où le groupe dominant impose sa langue, sa culture, sa religion ou ses lois aux peuples autochtones ou minoritaires, en les marginalisant ; la division spatiale avec l’existence d’un « centre » développé et de « périphéries » sous-développées, privées d’infrastructures et d’investissements, reflétant une asymétrie de développement. Bref un concept qui a été particulièrement théorisé pour expliquer la persistance de la pauvreté des inégalités en Amérique latine (par le sociologue Pablo Gonzalez Casanova) et en Amérique du nord pour les minorités, mais il s’applique plus largement à des nombreux contextes postcoloniaux en Afrique et en RD-Congo plus précisément.

    POUR CONCLURE SANS CONCLURE

    Excellence Monsieur le Président de la République, je me résume. Mon problème consiste, même s’il y avait mieux qualifié que ma très modeste personne autour de votre haute et grande autorité, de vous apporter ma modeste contribution dans celles et ceux qui ont le souci de votre survie politique à la tête de notre pays confronté d’un côté à la guerre dans la partie est du pays menée, certes, par une opposition armée fantoche, mais malgré tout tenace, car elle a toujours sous son contrôle plusieurs territoires et localités et dont malgré nos efforts de les leur reprendre nous n’y arrivons toujours pas et de l’autre côté les soubresauts dans l’opinion tant nationale qu’internationale sur cette éventuelle modification ou ce changement de la Constitution dont on parle tant mais qui a fait déjà des victimes alors qu’on en est toujours dans les supputations des cabarets et des couloirs où celles et ceux qui se croient immortels, car se pense-t-ils ou se disent-ils frappés par le sceau de l’immortalité. N’étant pas juriste, mais philosophe même si j’ai appris la philosophie du droit, et que le droit lui-même a pour mère la philosophie, je ne saurais ni participer à ce débat essentiellement indigeste non seulement parce que je n’en vois aucunement ni l’urgence ni l’utilité en ce moment précis où nos femmes sont violées, nos frères torturés, nos enfants séparés de leurs parents, ni encore moins de m’y prononcer, mais également c’est totalement de décence et davantage encore de manquer de solidarité à l’égard de nos compatriotes abandonnés à eux-mêmes. Pourtant nous sommes un gouvernement et je pense personnellement que notre priorité aurait été justement de les secourir, plutôt que nous engouffrer.

    Dans un passé j’avais montré -, dans une publication dans le journal la Prospérité du camarade Marcel Ngoyi Kiege le gourou de la presse congolaise, qui a fait date lors de sa parution -, que la récupération de nos territoires tenus par la rébellion et en ce compris la mise au pas du Rwanda et son principal architecte Paul Kagamé (même si celui-ci, loin s’en faut mon idée de le défendre ni de comprendre son implication ostentatoire sur ce qu’il s’appelle dans la grand Kivu, n’est qu’un opérateur minier au service de l’impérialisme extérieur, avant son intronisation ce fût le Maréchal qui était à sa place pour jouer au sherpa de l’occidentalisme) ne résidait pas dans la question constitutionnelle qui ne résoudra pas, j’en suis sûr et certain, mais au contraire dans la réunification de notre pays, en procédant non seulement par le nettoyage au sein des Forces Armées de la République Démocratique du Congo des éléments infiltrés à la solde du Rwanda d’un côté mais également par la reconstruction et la déconstruction d’une armée suréquipée bien payée, habillée, soutenue et respectée de bas à haut et de haut en bas, car l’armée est un corps inséparable et indivisible d’autre part.

    Mais s’il m’était permis tout de même de m’y exprimer comme un simple citoyen de la rue, je dirai simplement qu’il n’y a aucun texte qui a été écrit de la main d’un humain composé d’esprit et de corps qui ne puisse ni être modifié ni changé ni encore moins effacé. Une constitution étant une œuvre humaine et non la Sainte Bible dont le caractère est définitif peut subir de modification, de transformation, de changement. Mais la seule question consiste à savoir pour l’intérêt de qui ou de quoi ? Si c’est dans l’intérêt du peuple, du pays et à la suite d’une discussion populaire pourquoi pas ? C’est le principe de publicité (Öffentlichkeit) chez le philosophe allemand J. Habermas. Le principe de publicité, c’est l’exigence revendiquée d’un usage critique et public de la raison. Ce principe s’inscrit dans le cadre plus large de la démocratie délibérative. Pour Habermas, une décision n’est légitime que si la discussion qui y mène l’est également. En cela, la démocratie délibérative peut être définie en opposition au modèle décisionniste, avancé notamment par Rousseau, qui postule que la source de la décision suffit à en garantir la légitimité. Le débat public qui constitue la démocratie délibérative est donc un principe de légitimité relayé par l’espace public, en lequel Kant voyait un nouveau principe normatif. La publicité (rendre public) devient alors une source de légitimation allant à l’encontre du despotisme, selon Kant. Le principe de publicité donne à l’espace public un véritable pouvoir critique, un « pouvoir d’assiègement permanent » selon Habermas. Ainsi, l’espace public permet une revitalisation de l’État de droit par la délibération constante et publique des individus. Habermas adapte son concept initial d’espace public dans le cadre d’une théorisation des relations internationales. Il soutient qu’il existe un espace public mondial, qui est investi non seulement par les États, mais aussi par les entreprises, les populations, et tous les réseaux transnationaux.

    Evidemment le rôle d’un scientifique, et je m’y tiens, n’est pas d’avoir sur une telle question ni une position tranchée, ni définitive ni un parti-pris sinon celui d’y arbitrer, de conseiller voire de réconcilier les positions diamétralement opposées. Toutefois ce qui me surprend c’est la controverse autour de cette question à laquelle Félix Tshisekedi lui-même ne s’est pas ouvertement encore prononcé. Ne serait-ce pas lui faire un procès d’intention ? Ne faut-il pas attendre qu’il se prononce lui-même pour connaître davantage ses intentions réelles même si on peut les deviner ? S’il était en quête de la modification ou du changement de la constitution pour se représenter pour un troisième mandat et ainsi de suite après l’élection présidentielle après 2028 ? A ce stade ne fait-on pas à Félix Tshisekedi le même procès que celui qui est réservé, plutôt méritoirement ici, à quelques charlatans de la démesure, ces jouisseurs infinis qui adorent le présent au détriment du futur et du passé, impénitents et lèche-culs, dont le but même de vivre voire d’exister politiquement est de s’accrocher à tous les dirigeants politiques qui passent ? Personnellement je pense que la meilleure façon d’attendre l’Attendre serait de laisser d’abord le chef de l’Etat se prononcer, s’exprimer pour l’entendre dire ce qu’il entend et attend de la révision constitutionnelle ou du changement de la constitution. Le condamner avant son « prononcement » est un procès d’intention. Il n’appartient ni à sa famille politique ni à son proche entourage ni encore moins à sa famille biologique de décider sur son avenir propre à la tête de la RD-Congo. On devait au contraire lui laisser lui-même le choix et la liberté de se dresser face à son peuple pour lui donner une indication claire sur ses vraies et réelles intentions. Félix Tshisekedi ne doit pas laisser son entourage ni décider ni se prononcer à sa place au risque de transformer de notre pays en un brasier. Il y a déjà beaucoup des morts innocents à l’est de notre pays pour des causes obscures voire inavouées, ça ne suffit pas ?

    C’est pour cette raison que je conseille la désobéissance citoyenne et particratique à Félix Tshisekedi. Pour lui éviter de sombrer comme le Maréchal Mobutu qui était resté impénétrable et autiste jusqu’à la chute de son armée et du pays qu’il avait bâti de ses tripes. Il n’est nullement question de lui demander, loin de mon âme, de se couper de son parti politique. Plutôt je lui exhorte à la lucidité, à la pensée et à la réflexion afin d’analyser, d’évaluer le passé, le présent et le futur, pour qu’il sache qu’aucun pouvoir n’est éternel. Qui aurait pu croire que les pouvoirs de Robespierre, de Napoléon, d’Hitler, de Mussolini, de Mouammar Kadhafi d’heureuse mémoire, des Maréchaux Mobutu et Eddy Amin Dada, de l’empereur Jean-Bedel Bokassa tomberaient. Par la désobéissance, j’entends cette capacité à dire non par soi-même quand on en est convaincu (cfr « Petit manuel de désobéissance citoyenne. Quand l’intérêt général est menacé devenez lanceur d’alerte » (éditions Jean-Claude Lattès, 2014).

    Signé par un Ancien combattant sympathisant de

    l’UDPS-Etienne TSHISEKEDI (1982-1992)

    Fait à Kinshasa, le 21 juin 2026

    Pr OSONGO-LUKADI Antoine-Dover

    Professeur Ordinaire (ISP-GOMBE)

    Habilité à Diriger des Recherches de

    philosophie praxéologique (Post-doctorat) (Université de Poitiers, France)

    Docteur en Philosophie et Lettres

    (Université Catholique de Louvain, Belgique)

    Professeur des Universités

    Membre de l’Association des Philosophes Américains (APA)-2007

    Directeur des Revues et Centre de Recherche

    (Bibliothèque Royale Albert 1er de Belgique)

     

     

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