Dans un contexte de crise sécuritaire exacerbée dans l’Est de la République Démocratique du Congo, une veillée spirituelle notable a eu lieu récemment au cimetière de la Gombe, réunissant des chefs coutumiers de toutes les provinces. Cet événement visait à implorer la protection divine pour le président Félix Tshisekedi, les Forces armées de la RDC (FARDC), et les patriotes résistants Wazalendo, engagés dans la lutte contre l’AFC/M23, un groupe armé patin du Rwanda.
Cette initiative, bien que louable par son intention de rechercher une ‘‘guidance spirituelle’’, soulève des interrogations fondamentales sur le rôle des chefs coutumiers dans la dynamique sociopolitique du pays. Historique ou spirituel, le rôle des élites traditionnelles doit être revisité. Les réactions des hommes de Dieu en rapport avec cette ‘‘veillée mystique’’ n’ont pas tardé. Ces derniers soutiennent que « la lumière et les ténèbres ne peuvent coexister ». Cette messe noire interpelle non seulement les participants, mais la nation toute entière. Elle remette en question la motricité spirituelle et politique des acteurs traditionnels face à des crises qui perdurent.
Dans certains milieux religieux, on hésité pas de critiquer vertement cette mirifique ‘‘mixture’’ entre les ténèbres et la lumière dans la recherche tâtonnée de la paix en RDC. ‘‘Où étaient-ils ces chefs traditionnels durant toutes ces années où le pays est agressé, où les populations sous leur autorité traditionnelle sont massacrés et martyrisées ? ’’, questionne-t-on. Pourquoi ces figures de l’autorité traditionnelle ne se sont-elles pas davantage manifestées dans la lutte contre les troubles qui durent? Leur appel aujourd’hui pose un problème d’authenticité et de légitimité. En invoquant les ‘’ancêtres’’ et en appelant à la protection divine, est-ce une réelle reconnaissance des luttes passées, ou un simple acte symbolique sans suivi concret.
D’aucuns pensent que cet appel au ‘‘divin’’ doit être accompagné d’une réelle remise en question des actions de ceux qui ont eu la responsabilité de guider le peuple. Les luttes pour la justice, la paix et la sécurité impliquent un engagement de tous les segments de la société, y compris les chefs coutumiers qui doivent se départir des pratiques occultes pour embrasser des solutions pragmatiques et viables. La coexistence pacifique entre la lumière et les ténèbres nécessite une claire distinction entre les forces du bien et du mal, mais surtout un engagement concret pour le bien-être du peuple congolais.
Cet événement, de l’avis des observateurs, doit servir de point de départ à une réévaluation des rôles traditionnels et spirituels au sein d’une société en quête de renouveau. La lumière ne doit jamais se rendre à l’obscurité, et pour la RDC, il est impératif que toutes les forces, qu’elles soient traditionnelles ou religieuses, s’unissent pour construire un avenir meilleur.
La Pros.