(La Ministre de la culture, Yolande Elebe remet le ‘‘Madimba’’, un instrument traditionnel de la RDC à son homologue du Congo-Brazza)
Conduite par Yolande Elebe Ma Ndembo, Ministre de la culture, arts et patrimoine, la délégation de la République Démocratique du Congo, (RDC) a marqué sa participation à la 12ème édition du Festival panafricain de musique (FESPAM 2025) tenue du 19 au 26 juillet à Brazzaville, en République du Congo. Etant une grande nation au cœur de l’Afrique, réputée pour ses richesses et potentialités culturelles innombrables, l’apport de la RDC a été très significative à travers ses interventions pertinentes lors du symposium international de la musique africaine mais aussi à travers son don de ‘‘Madimba’’, instrument traditionnel offert aux autorités brazzavilloises, pour enrichir le Musée Panafricain des Musiques à Brazzaville.
On retiendra que le pays de Fally Ipupa a mis en contribution son expertise en matière de la culture et ses atouts économiques pendant le symposium dans le cadre du festival dont le thème était‘‘ Musique et enjeux économiques en Afrique à l’ère du numérique’’.
«Nous avons animé un master class sur la musique et aussi partagé notre expertise en matière d’organisation de l’évènementiel culturel. Nous avons profité également de l’expérience des autres pays au cours des échanges scientifiques autour des axes définis par rapport à la thématique principale de cette édition du FESPAM», renseigne un expert du ministère de la culture.
La RDC a mis en exergue son expertise sur la Rumba avec des idées novatrices pour l’émergence et la réadaptation de l’économie musicale africaine face à l’Intelligence artificielle et aux enjeux numériques. Elle n’a pas manqué aussi de vanter ses richesses musicales dans le but de séduire les investisseurs dans le secteur parce que le pays regorge des talents grises.
Concernant l’exposition, la RD-Congo a marqué le point, à travers le bon geste posé par la Ministre Yolande Elebe qui a remis officiellement à son homologue du Congo-Brazza, le ‘‘Madimba’’. Ce don du gouvernement congolais s’inscrit dans le cadre de la matérialisation de la volonté des pays africains à construire un musée panafricain de la musique au moyen de dotation gratuite des instruments traditionnels, comme source de la télécommunication moderne.
« Le Madimba (Xylophone) que nous avons offert est venu de la tribu Pende dans la province du Kwilu, (ouest de la RDC). Cet instrument, au-delà de sa fonction musicale, incarne une part significative de l’identité culturelle congolaise. Il témoigne de l’ingéniosité et de la profondeur des traditions musicales de la RDC, reflétant l’histoire, les croyances et les pratiques sociales des communautés congolaises de base ».
« Madimba est l’héritage musical du peuple Pende, voix ancestrale des rythmes du Kwilu et du Kwango. Cet instrument a été fabriqué à Kinshasa par le luthier Nzuzi Djickins. Le Madimba est aussi présent dans les sonorités des autres provinces de la RDC notamment dans l’espace grand Kasaï, et grand Katanga ».
Outre le Madimba, trois autres instruments traditionnels de la RDC notamment: le Harpe Arquée, l’arc musical et xylophone ont été bien avant exposés au Musée panafricain de la musique pour symboliser l’identité musicale de RDC au FESPAM où chaque pays africain a été représenté par un ou deux de ses instruments de prédilection.
Ce cadeau du gouvernement rd-congolais a été apprécié par le Directeur du Symposium international de musique, qui a salué cette contribution significative dans le cadre de la pérennisation de la tradition et mémoire africaine.
« Ce symposium doublé de l’exposition d’instruments traditionnels de musique arrive au moment où les enjeux économiques sont à la croisée des chemins du monde de la musique, surtout avec la réduction drastique de l’aide à la culture. Cette exposition a introduit le visiteur dans l’intimité des instruments traditionnels du Musée Panafricain de la Musique, appelé à accueillir les objets qui enrichiront le patrimoine organologique de l’Afrique et de sa diaspora », a fait savoir Honoré Mobonda.
Au-delà de la remise de Madimba, la RDC a été flamboyante sur le plan scénique grâce à la performance artistique de sa jeune chanteuse gospel Choisie Basolua qui a donné un spectacle attrayant au Palais de Congrès devant les grandes personnalités venues du monde entier. Le chantre kinois et son groupe ont superbement défendu le drapeau étoilé du Congo démocratique à travers leur cantique et mélodie qui n’ont pas laissé indifférent le public.
Baptisée ‘‘espoir du gospel congolais’’, Choisie Basolua a représenté valablement la RDC par son talent et a été magnifié par la ministre rd-congolaise de la culture qui a salué sa prestation sur le podium du Fespam.
Organisée depuis 30 ans, cette fête de la musique africaine est une grande rencontre internationale qui vise la valorisation de la tradition et de la culture africaine dans toute sa diversité. L’édition 2025 du FESPAM a été non seulement une rencontre festive internationale où les cultures de l’Afrique se croisent, vibrent et résonnent mais également une opportunité pour les professionnels de la musique, les experts et les opérateurs culturels réfléchissent, échangent et proposent la matière sur les enjeux économiques de l’industrie musicale face à l’éclosion de la nouvelle technologie.
Plus d’une vingtaine de nations, ont pris part au festival notamment : le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Venezuela, la RDC, la Guinée équatoriale, le Mali, la Mauritanie, la Russie, le Ghana, la Tunisie et le Tchad…
Jordache Diala
