A Paris, la diaspora congolaise a choisi de sortir du rôle de simple observatrice. Dans une interview exclusive, Lawrence Kitoko, vice-représentant Zone Europe de l’Alliance pour le Changement (ACh), dresse un diagnostic sans fard de la crise politico-sécuritaire en RDC et plaide pour un sursaut collectif. Pour lui, l’heure n’est plus aux « ajustements » ni aux dialogues de façade, mais à une refondation en profondeur : respect de la Constitution, justice réellement indépendante, fin de l’impunité, transparence dans la gestion publique et restauration de l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire. Un appel à la mobilisation citoyenne pacifique, au pays comme dans la diaspora, pour imposer des réformes concrètes et crédibles.
La Prospérité : Vous avez participé à l’organisation d’une conférence-débat à Paris. Quel était l’objectif réel de cette initiative ?
Lawrence Kitoko : L’objectif était double : dire la vérité sur la situation actuelle en République Démocratique du Congo et structurer une dynamique de changement.
La diaspora ne peut pas rester spectatrice pendant que le pays traverse une crise profonde. Nous avons voulu créer un cadre sérieux d’analyse et de propositions. Cette conférence a démontré que les Congolais d’Europe sont prêts à s’engager activement dans la transformation démocratique.
La Prospérité : Quel est votre diagnostic de la situation politico-sécuritaire ?
Lawrence Kitoko : Le diagnostic est sans complaisance.
L’insécurité persiste dans plusieurs régions. L’État de droit est fragilisé. La gouvernance peine à répondre aux attentes sociales. Le peuple exprime une fatigue légitime face à un système qui semble fonctionner sans produire les résultats attendus.
Comme l’a rappelé notre Président National, Jean-Marc Kabund-A-Kabund, le problème est structurel. Ce n’est pas simplement une question d’individus, mais de mécanismes politiques qu’il faut repenser.
La Prospérité : Vous insistez sur un dialogue inclusif. En quoi serait-il différent des précédents ?
Lawrence Kitoko : Nous ne parlons pas d’un dialogue de façade.
Nous parlons d’un dialogue sincère, structuré et crédible, avec des garanties claires et des objectifs précis. Un dialogue qui inclut toutes les forces politiques et sociales concernées par l’avenir du pays.
L’exclusion nourrit les crises. L’inclusion responsable prépare la stabilité. Mais ce dialogue doit déboucher sur des réformes concrètes. Sinon, il ne sera qu’un exercice politique de plus.
La Prospérité : Vous évoquez une rupture avec le système en place. Que signifie concrètement cette rupture ?
Lawrence Kitoko : La rupture signifie la refondation de l’État.
Nous ne voulons pas d’un simple changement de visages. Nous voulons :
- Le respect effectif de la Constitution ;
- L’indépendance réelle de la justice ;
- La fin de l’impunité ;
- Une gestion transparente des ressources publiques ;
- La restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
Le temps des ajustements est révolu. Il faut une transformation en profondeur.
La Prospérité : Quel rôle spécifique la diaspora peut-elle jouer ?
Lawrence Kitoko : Un rôle stratégique. La diaspora congolaise en Europe dispose d’une capacité d’influence diplomatique, intellectuelle et médiatique importante. Elle peut relayer les aspirations du peuple, contribuer à l’élaboration de solutions concrètes et soutenir une alternative crédible.
La forte mobilisation à Paris montre que la diaspora refuse désormais la passivité.
La Prospérité : Quel message adressez-vous aux Congolais ?
Le changement est possible, mais il exige courage et responsabilité.
Nous appelons à une mobilisation citoyenne pacifique, organisée et déterminée. La RDC mérite un État fort, juste et au service du peuple.
L’histoire nous observe. Il est temps que chaque Congolais, au pays comme dans la diaspora, prenne sa part dans la construction d’un avenir démocratique stable et durable.
