(Par Samy Badibanga, Premier Ministre honoraire)
La RDC vit des heures historiques. Celles de sa libération prochaine, après 30 ans de guerre. Enfin, la paix et la sécurité sont à l’horizon proche et à portée de main pour des dizaines de millions de compatriotes attaqués, meurtris, endeuillés, déplacés. La stratégie du Président Tshisekedi et l’initiative du Président des Etats-Unis, ont conduit aux accords du 27 juin et du 4 décembre 2025. Jamais aucun leader de la communauté internationale depuis trente ans n’avait pris une telle initiative, marqué du poids de la puissance politique et diplomatique de la première puissance économique mondiale.
S’il est vrai que le Rwanda et son groupe armé continue d’attaquer notre territoire, nos jeunes et nos familles, chacun sent bien la mobilisation américaine pour la RDC. En quelques semaines, les Etats-Unis ont déjà en projet d’investir dans la santé, l’énergie et les minerais. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre, celle d’un partenariat privilégié d’intérêt réciproque entre la RDC et la première puissance mondiale. Libérée de cette guerre de trente ans, la RDC va pouvoir enfin faire le deuil de ses dix millions de morts, un véritable génocide motivé par la prédation territoriale et des minerais, et lancer enfin le développement pour tous. Nul ne peut revenir en arrière, mais tout le monde peut aller de l’avant. La surpuissance américaine a bien compris quel devait être son partenaire, un pays immense de 110 millions d’habitants, doté des premières réserves mondiales des minerais critiques, le nouveau pétrole de l’ère numérique, de l’intelligence artificielle et des énergies renouvelables. Et la RDC devrait profiter de la dynamique crée par les Etats-Unis pour multiplier les investissements d’autres acteurs internationaux.
Tout cela n’est qu’un début. Les armes vont bientôt se taire et l’application stricte de la résolution 2773 des Nations Unies sera de mise. La RDC est à construire ou reconstruire. Trente ans de guerre ont ravagé tout l’Est du pays, des quantités immenses de minerais ont été pillés, les investisseurs congolais ou étrangers ont fui les zones de conflit, Mais c’est tout le pays qui a subi un impact négatif incalculable. Toute l’infrastructure du pays est à construire ou reconstruire : rails, routes, hydroélectricité, transports urbains, défense et sécurité… Pour véritablement monter dans le train du développement mondial, la RDC devra probablement mobiliser au-delà de 100 milliards de dollars d’investissements sur la prochaine décennie. Il faudra se montrer à la hauteur de l’enjeu, chasser la corruption et renforcer la bonne gouvernance pour saisir pleinement l’opportunité historique qui s’offre à nous pour changer l’avenir de toute la République.
L’impact et la dimension historique de la stratégie du Président Tshisekedi et de l’initiative du Président Trump ne nous apparaissent peut-être pas encore pleinement. Au moment même où l’accord était signé, les troupes rwandaises et son groupe armé attaquaient Uvira. Et pourtant, qui croyait que le Rwanda oserait défier les Etats-Unis et le Président Trump ? Le congolais devra demeurer vigilant face à un adversaire fourbe et obsessionnel.
L’opposition politique congolaise n’a peut-être pas encore tout à fait réalisé le moment historique en cours pour notre Nation. S’il est de la nature et de la fonction d’une opposition politique d’exiger (et proposer) toujours plus et mieux du pouvoir exécutif, rien ne l’empêche de jouer de son poids pour emmener la Nation vers la paix. Le débat politique, le combat des idées ne doivent pas s’arrêter car la démocratie c’est d’abord le dissensus et le désaccord avant le compromis, mais chacun dans son rôle peut aider à faire taire les armes et contribuer à la paix qui vient.
Si l’heure est encore à la résistance patriotique, celle de la reconnaissance et de la gratitude envers deux personnages qui auront changé l’histoire et le destin de la RDC est déjà là. Le Président Tshisekedi a choisi la bonne stratégie pour le salut de la Nation et s’y est tenu. Et si en 2025 le Président Trump a déjà reçu le prix d’« Architecte de la Paix » de la fondation Nixon et le prix FIFA de la paix, il aura amplement et incontestablement mérité le prix Nobel de la paix 2026 pour son engagement pour la paix dans le monde.
