Pour une capitale assainie et durable, à l’image d’un pays à la dimension de la République démocratique du Congo, la politique à mettre en place nécessite une vision audacieuse, une gestion efficace en termes de conduite de l’action publique, et une forte capacité d’adaptation face aux défis existentiels. Pour Germain Kambinga, une mégapole comme Kinshasa, disposant de près de 18 millions d’habitants, a besoin d’un leadership réaliste et innovant qui puisse effectivement accélérer son redressement. Dans une réflexion percutante, postée sur son compte X, Germain Kambinga Katomba propose, en effet, cinq mesures courageuses qui s’inscrivent dans la dynamique de progrès stratégique et de la transformation urbaine.
« L’objectif doit être une mobilisation générale face au sinistre que représente aujourd’hui notre capitale. C’est dans cet esprit qu’une stratégie concise mais robuste doit accompagner le redressement de Kinshasa, articulée autour de cinq axes majeurs :
(1) Territoire et résilience, pour lutter contre l’érosion et les inondations grâce à une cartographie des zones à risque, la stabilisation des ravins prioritaires et la réhabilitation du système de drainage ;
(2) Mobilité et désenclavement, avec la réhabilitation urgente des axes structurants, la création de voies de délestage, une véritable politique de transport public et l’organisation stricte du stationnement ;
(3) Hygiène urbaine et cadre de vie, par la concession de la collecte des déchets, le tri simplifié, la création de centres de transfert et la répression des dépôts anarchiques ;
(4) Sécurité et gouvernance locale, via des brigades urbaines mixtes, l’éclairage public renforcé et la réhabilitation des espaces économiques criminogènes ;
(5) Ressources et soutenabilité, avec la digitalisation totale de la fiscalité urbaine, la création d’un Fonds spécial de redressement, la modernisation du cadastre et une fiscalité incitative destinée à attirer les investissements », explique, dans son post, l’Ancien Ministre de l’Industrie.
Contexte
« Un débat sur la gestion de la capitale semble prendre corps en ce moment dans le microcosme kinois. Je voudrais ici tordre le cou aux idées reçues et aux « mauvaises bonnes idées ». Redresser Kinshasa ne peut se faire sur la base d’émotions ou d’un populisme nourri par les réseaux sociaux. Pour remettre cette capitale sur pied, il faut bien plus que de la simple volonté, du pragmatisme, de l’ambition ou une obsession protocolaire. Il faut une véritable vision, une expertise authentique et une réelle expérience de gestion. Il s’agit d’une ville totalement sinistrée, peuplée de près de 18 millions d’habitants. Ne pensons donc pas que la question posée ici se limite à un simple ravalement de façade. Érosion, inondations permanentes, insalubrité chronique, insécurité, mobilité encombrée, chômage endémique, infrastructures lacunaires, ressources limitées, fiscalité urbaine insuffisante et démographie galopante… voilà le tableau synoptique », démontre, largement, Germain Kambinga.
Posture à privilégier
« Il faut changer, et même imposer ce changement au-delà des canaux démocratiques traditionnels (des députés provinciaux par ailleurs mal élus…), car ces canaux constituent eux-mêmes une partie du problème. Les excellents juristes congolais savent très bien comment organiser cela. Mais non, il ne faut pas changer en reproduisant les mêmes erreurs. Kinshasa doit faire l’objet d’un plan de redressement spécifique et particulier, tant en raison des problèmes qu’elle rencontre que de son statut de capitale. Un plan audacieux, dont la mise en œuvre relèverait directement du Président de la République (il faut être réaliste : face au sinistre, une verticalité absolue s’impose), du gouvernement, et d’une équipe solide — vraiment très solide — réunissant des expertises diversifiées. Des moyens importants devront être mobilisés de façon exceptionnelle à cette fin, et nos ressources nationales actuelles le permettent. La fiscalité de la ville devra ensuite être portée à son optimum, sans interférences politiques, car sans de gros moyens mobilisés de façon pérenne, et utilisés de manière ciblée et transparente, aucune amélioration structurelle ne sera possible. Cette équipe devra disposer d’une lettre de mission précise ainsi que d’un plan de travail suivi et évalué de manière trimestrielle », insiste-t-il encore, dans sa réflexion.
Engagement patriotique croissant
« Ce plan doit s’inscrire dans un calendrier triennal, assorti d’obligations de résultats, d’audits publics trimestriels et d’une transparence absolue dans l’utilisation des fonds.
À l’inverse, si nous pensons qu’il s’agit simplement d’un ‘’ôte-toi que je m’y mette’’, nous aurons peut-être une meilleure publicité ou une meilleure communication de la part des nouveaux dirigeants de la ville, mais aucun résultat de fond, ni de solutions réelles aux problèmes des Kinois », prêche, vivement, le Leader du Mouvement Centriste au Congo.
La Pros.
