La République démocratique du Congo et l’Angola viennent de franchir une étape décisive dans le renforcement de leur coopération énergétique. Réunis ce 14 mai à Luanda, les autorités des deux pays ont acté le lancement d’un ambitieux projet d’interconnexion électrique, considéré comme l’un des plus vastes du continent africain.
Mandaté par le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Molendo Sakombi, accompagné du Directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, a été reçu par le Président angolais João Lourenço. Au cœur des échanges : la concrétisation d’un partenariat stratégique visant à relier les réseaux électriques des deux nations.
Ce projet structurant s’inscrit dans une dynamique d’intégration régionale et de renforcement de la stabilité énergétique. Il prévoit notamment la construction d’une ligne de transmission d’environ 1.450 kilomètres reliant la province angolaise de Malanje à Fungurume, important hub minier situé dans la province du Lualaba, au sud-est de la RDC.
Dans le même élan, une seconde ligne est envisagée entre Soyo, dans la province angolaise du Zaïre, et Inga, véritable poumon énergétique congolais. Cette infrastructure permettra de fournir jusqu’à 2.000 mégawatts d’électricité à la RDC, contribuant ainsi à réduire le déficit énergétique et à soutenir les ambitions industrielles du pays.
« Il s’agit d’un projet d’interconnexion électrique évalué à des centaines de millions de dollars », a déclaré le ministre Molendo Sakombi. Il a également précisé que des études techniques approfondies seront réalisées avant le démarrage effectif des travaux.
Au-delà de l’aspect énergétique, ce projet incarne une vision partagée de développement. Il vise à accélérer l’industrialisation régionale, notamment à travers les activités de la SNEL, tout en consolidant les bases d’un marché énergétique intégré en Afrique centrale.
Les deux parties envisagent un délai d’environ 18 mois pour finaliser la première ligne entre Soyo et Inga, signe d’une volonté politique affirmée d’aller vite et efficacement. Avec cette initiative, Kinshasa et Luanda posent les jalons d’une coopération durable, où l’énergie devient un levier stratégique de croissance, de stabilité et d’intégration régionale.
Nathan Mundele
