Au terme d’une visite de travail de deux jours (29 et 30 mars 2026), les chefs de la diplomatie de la République Démocratique du Congo (RDC) et de la République Fédérative du Brésil ont publié un communiqué conjoint ambitieux. Entre réforme de l’ONU, sécurité à l’Est de la RDC et partenariats économiques, les deux géants s’affirment comme des piliers de l’axe Sud-Sud.
Le ciel de Kinshasa a été le théâtre d’un ballet diplomatique de premier plan cette semaine. Thérèse Kayikwamba Wagner, Ministre des Affaires Étrangères de la RDC, a reçu son homologue brésilien, Mauro Vieira. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de rapprochement accéléré, faisant suite aux consultations multisectorielles tenues à Brasilia à la mi-mars.
Un partenariat économique et multisectoriel renforcé
Les deux Ministres se sont félicités de la croissance constante des échanges commerciaux entre les deux nations au cours des deux dernières années. Pour transformer cet essai, Kinshasa et Brasilia ont identifié huit secteurs prioritaires : l’agriculture, la défense, les infrastructures, l’éducation, l’économie, la culture, la recherche et les mines.
Afin de concrétiser ces intentions, une deuxième réunion de Consultations Multisectorielles a d’ores et déjà été fixée pour 2027 à Kinshasa. L’objectif est clair : augmenter massivement le flux des investissements directs entre les deux pays.
Sécurité et engagement international
Le volet sécuritaire a occupé une place centrale dans les discussions. La Ministre Kayikwamba Wagner a exposé en détail la situation humanitaire et sécuritaire préoccupante dans l’Est du pays. Elle a tenu à remercier officiellement le Brésil pour son engagement constant au sein de la MONUSCO, rappelant que le commandement de la force militaire de l’ONU est assuré par des généraux brésiliens depuis 2018.
Sur la scène internationale, les deux pays parlent d’une seule voix. Ils ont réaffirmé l’urgence d’une réforme profonde des Nations Unies, plaidant pour un Conseil de Sécurité plus représentatif. La RDC et le Brésil exigent l’inclusion de pays d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes parmi les membres permanents. De plus, les deux Ministres ont estimé qu’après 35 ans d’attente, le temps est venu pour qu’un ressortissant d’Amérique latine ou des Caraïbes occupe le poste de Secrétaire Général de l’ONU.
Environnement et lutte contre la pauvreté : le leadership des forêts tropicales
Leaders mondiaux en matière de biodiversité, la RDC et le Brésil ont réitéré leur engagement envers la « Tropical Forest Forever Facility » (TFFF), un mécanisme financier innovant pour la protection des forêts tropicales. Parallèlement, le Brésil a salué l’adhésion de la RDC à l’Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté, une initiative portée par la diplomatie brésilienne.
Un accord concret pour les diplomates
La visite s’est conclue par un acte juridique tangible : la signature d’un accord bilatéral permettant l’exercice d’une activité professionnelle rémunérée pour les membres des familles (personnes à charge) des agents des missions diplomatiques et consulaires. Cet accord vise à faciliter la vie des diplomates en poste dans les deux capitales.
Avant de quitter le sol congolais, le Ministre Mauro Vieira a exprimé sa profonde gratitude pour l’accueil chaleureux reçu, réitérant la disponibilité du Brésil à accompagner la RDC dans son développement.
César Nkangulu
