C’est en principe le 15 novembre prochain que doit entrer en vigueur la mesure prise par le Gouvernement central, à travers le Vice-Premier Ministre et Ministre des Transports, interdisant la navigation des baleinières en bois sur toutes les voies navigables de la RDC. Une décision qui continue à susciter des réactions diverses dans l’opinion et dans la classe politique congolaise. Elu du territoire de Bomongo, dans la province de l’Equateur, l’Honorable Jean-Marie Mangobe Bomungo, a donné de la voix au sujet de cette décision qui va impacter la vie de ses électeurs qui dépendent énormément des baleinières en bois pour leurs déplacements et activités commerciales.
Pour lui, cette mesure gouvernementale est salutaire, dans la mesure où elle va permettre de préserver des vies humaines et de réduire le nombre d’accidents de navigation en RDC.
« En tant qu’élu du peuple, ma position est claire : je soutiens absolument cette mesure, au regard de la fréquence d’accidents de navigation au niveau de la province de l’Equateur. Moi-même, j’avais pris la parole, devant la plénière de l’Assemblée Nationale, pour annoncer un accident de navigation survenu dans ma circonscription électorale de Bomongo. En effet, une baleinière avait fait naufrage sur le fleuve Congo, au niveau du campement Mayita, et il y a eu plus de 70 morts. Et plusieurs autres accidents de navigation se sont produits sur les différentes voies navigables, provoquant des dizaines voire des centaines de morts. La vie humaine étant sacrée, nous ne pouvions pas laisser les congolais continuer de voyager dans des conditions de manque total de sécurité. C’est pourquoi nous avons salué cette mesure prise par le Vice-Premier Ministre Jean-Pierre Bemba. Trop c’est trop ! Il y a trop de morts sur le fleuve Congo et ses affluents. C’est une bonne chose que nous puissions abandonner les baleinières en bois au profit des embarcations métalliques plus sécurisants, pour réduire sensiblement les accidents de navigation et épargner ainsi les vies humaines », a-t-il indiqué.
Mais tout en saluant cette mesure gouvernementale, le Député élu de l’UDPS reconnaît toutefois qu’elle va impacter négativement la vie des populations des territoires enclavés de la RDC, comme son fief électoral de Bomongo, où Il n’existe aucune route le reliant au Chef-lieu de la province de l’Equateur, et où tous les déplacements vers Mbandaka ou Kinshasa se font par la voie fluviale.
« Comme je l’ai dit plus haut, cette mesure va protéger la vie des congolais et sécuriser l’économie et la production nationales, d’autant plus que, lors des naufrages des baleinières, non seulement il y a des pertes en vies humaines mais également la perte des cargaisons de marchandises, qui sont englouties dans l’eau. Malheureusement, pour ma circonscription de Bomongo, il n’y a que des baleinières en bois qui facilitent la circulation des personnes et des biens et qui soutiennent l’économie territoriale », a martelé l’Honorable Jean-Marie Mangobe, qui n’a pas manqué de proposer une solution alternative à l’interdiction des baleinières en bois, pour éviter des conséquences fâcheuses sur la vie des populations et sur l’économie de plusieurs provinces de la RDC (Équateur, Mongala, Sud-Ubangi, Mai-Ndombe,…) qui dépendent essentiellement des baleinières en bois, pour le déplacement de leurs populations.
« Je préviens au Gouvernement de la République et particulièrement au VPM en charge des Transports, qu’arrivé au 15 novembre, cette mesure va entrer en application. Maintenant, qu’est-ce qui va arriver si rien de concret n’est proposé à la population comme moyens de transport alternatifs aux baleinières en bois ? En effet, je ne pense pas que cette mesure prise par le Vice-Premier Ministre des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, était une mesure punitive. C’est bel et bien une mesure salutaire pour protéger les congolais et la production nationale, pour sécuriser la mobilité des citoyens et leurs biens. Mais lorsqu’elle va entrer en application et qu’il n’y a pas d’alternative, quel sera le sort de toute la population de Bomongo, mon territoire, et même de Kungu, dans le Sud-Ubangi, territoire d’origine du VPM JP Bemba, ainsi que dans d’autres entités de la République démocratique du Congo. Je constate que cette mesure n’a pas été malheureusement assortie des mesures d’accompagnement. Qu’est-ce que nous proposons au Gouvernement comme solution alternative ? C’est la mise en place d’un projet « Esprit de vie » dans le secteur de la navigation, comme le gouvernement l’avait fait dans le domaine de transport routier, pour se débarrasser des véhicules 207, qualifiés d’esprit de mort. Nous proposons donc les baleinières métalliques (Esprit de vie) pour remplacer les baleinières en bois (esprit de mort), cela à partir du 15 novembre, pour que la mesure gouvernementale ne ressemble pas à une sanction contre la population », a-t-il suggéré.
Quant à ceux qui réclament un moratoire de plusieurs mois et même d’une année, avant la mise en application de cette mesure interdisant les baleinières en bois, ce cadre du parti présidentiel encourage plutôt le Gouvernement d’aller jusqu’au bout et insiste sur la mise en place d’un projet de construction d’embarcations métalliques à octroyer à crédit aux opérateurs du transport fluvial.
« Le moratoire n’est pas une mauvaise chose mais ne résout pas le problème. Le Gouvernement est sur la bonne voie et doit prendre le taureau par les cornes, pour trouver une solution durable à ce problème. Il faut qu’on mette en place un projet « Esprit de vie » dans le transport fluvial et lacustre. Un bus neuf « Esprit de vie » peut coûter 150 à 170.000$. On peut avec cette somme construire une grande baleinière. Nous apprenons que le Gouvernement va livrer aux transporteurs routiers quelques 490 bus esprit de vie. Pourquoi on ne peut pas faire pareil pour les baleinières ? Le Gouvernement ne peut-il pas monter un tel projet et acquérir des baleinières métalliques Esprit de vie à octroyer à crédit aux transporteurs fluviaux et lacustres ? », s’est interrogé Jean-Marie Mangobe Bomungo, député national élu de Bomongo, dans la province de l’Equateur.
JR Mokolo
