Pour le Président du Mouvement Le Centre, le changement constitutionnel doit permettre à la RDC d’adapter ses institutions à ses ambitions de développement. Germain Kambinga plaide pour un changement de la Constitution en République démocratique du Congo, mais insiste sur une condition essentielle : la décision finale doit revenir au peuple. Au cours d’une émission spéciale enregistrée ce lundi à Kinshasa, il a exprimé son soutien à la tenue d’un référendum, qu’il considère comme la voie démocratique par excellence pour permettre aux Congolais de se prononcer librement sur l’avenir institutionnel de leur pays.
Pour lui, le débat sur la Constitution ne doit pas se limiter aux calculs politiques ou aux intérêts des dirigeants. Il doit plutôt s’inscrire dans une réflexion plus large sur le développement de la RDC, l’efficacité de ses institutions et la prospérité de sa population. Germain Kambinga a réaffirmé son soutien à l’idée d’instaurer une Quatrième République en RDC.
‘’Je suis fondamentalement pour un changement de Constitution. Nous voulons ce changement de Constitution pour adapter notre ordre institutionnel et nos objectifs en tant que Nation… Il faut adapter les textes. Sans les textes, il n’y a pas d’organisation’’, a-t-il affirmé, de vive voix. Selon lui, en effet, cette démarche permettrait de remettre directement le pouvoir de décision entre les mains des citoyens. Dans son argumentation, Germain Kambinga rappelle que les dirigeants exercent un pouvoir délégué par le peuple et que, sur une question aussi importante que celle de la Constitution, les Congolais doivent pouvoir exprimer leur volonté sans intermédiaire.
‘’Ce n’est pas nous, l’élite politique, qui décidons, mais c’est vous’’, a-t-il déclaré, présentant le référendum comme un moment où chaque citoyen peut se prononcer librement, en disant oui ou non au changement proposé.
Un débat constitutionnel tourné vers le développement
Au-delà de la question politique, Germain Kambinga défend une révision de l’architecture institutionnelle congolaise qui tienne compte des ambitions économiques du pays. Selon lui, la RDC dispose d’un potentiel considérable et doit adapter ses textes fondamentaux afin de mieux organiser ses ressources, renforcer la responsabilité des dirigeants et créer les conditions d’une prospérité partagée.
‘’Nous sommes l’Arabie saoudite de demain’’, a-t-il lancé, faisant un parallèle entre les opportunités économiques dont dispose la RDC et celles qui ont permis à l’Arabie saoudite de transformer son économie grâce à ses ressources pétrolières.
Dans cette perspective, il estime que la Constitution ne devrait pas être uniquement un instrument d’organisation politique. Elle devrait également intégrer des principes favorisant la discipline dans la gestion publique, la méritocratie, la sanction des responsables défaillants et l’efficacité des contre-pouvoirs.
‘’Il faut une Constitution qui soit de moins en moins politicienne, mais de plus en plus tournée vers des objectifs de prospérité, surtout de prospérité partagée’’, a-t-il expliqué. Pour Germain Kambinga, les prochaines décennies représentent une période déterminante pour le développement du pays. Il considère que les connaissances, les moyens de production et les possibilités de financement aujourd’hui disponibles peuvent accélérer la transformation de la RDC, à condition que les institutions soient adaptées aux objectifs poursuivis.
Félix Tshisekedi face au choix des Congolais
La question d’une éventuelle nouvelle candidature de Félix Tshisekedi s’inscrit également dans cette réflexion. Germain Kambinga reconnaît que le changement constitutionnel pourrait ouvrir au président de la République la possibilité de solliciter à nouveau la confiance des électeurs, si les nouvelles dispositions le permettent. Mais il précise que cette éventualité ne saurait être automatique. À ses yeux, l’adoption d’une nouvelle Constitution et le choix du prochain dirigeant relèveraient de deux décisions distinctes. Les Congolais pourraient approuver le changement constitutionnel sans pour autant souhaiter que Félix Tshisekedi se représente. À l’inverse, ils pourraient décider de lui renouveler leur confiance. ‘’ Le changement de la Constitution pourrait donner au Président de la République la possibilité de se présenter à nouveau devant les congolais. Il n’y a pas d’automaticité. Les congolais peuvent changer la Constitution. Félix Tshisekedi peut se présenter et perdre l’élection. C’est le peuple qui devra décider… Je crois fondamentalement au bon sens collectif du peuple congolais’’, a-t-il fait remarquer, dans son élan. Germain Kambinga affirme, à cet égard, croire en la maturité politique des Congolais. Il évoque notamment l’alternance de 2018 pour défendre la capacité du peuple à opérer des choix déterminants pour l’avenir du pays. ‘’ Si le peuple congolais n’était pas politiquement mature, il n’y aurait pas eu d’alternance en 2018’’, a-t-il rappelé.
Souveraineté au peuple
Au terme de son argumentation, Germain Kambinga revient à son idée centrale : la souveraineté appartient aux Congolais. Si le débat sur la Constitution suscite des divergences au sein de la classe politique, le référendum constituerait, selon lui, le mécanisme permettant de départager les différentes positions.
Son soutien à cette démarche repose donc sur une double conviction : la RDC doit adapter son organisation institutionnelle à ses ambitions de développement et les citoyens doivent conserver le pouvoir de décider de l’orientation à donner à leur pays.
Reste que la tenue d’un référendum, son contenu et les éventuelles conséquences d’un changement constitutionnel dépendent des dispositions légales applicables et des procédures institutionnelles prévues. En défendant cette voie, Germain Kambinga place néanmoins le peuple au centre du débat et présente le changement constitutionnel comme une question qui devrait être tranchée par les Congolais eux-mêmes.
Dette publique en RDC
Dans son intervention, Germain Kambinga a, par ailleurs, abordé la question de l’endettement de l’État et les conditions de son utilisation. Pour lui, le problème n’est pas nécessairement le recours à l’emprunt, mais plutôt la manière dont les ressources mobilisées sont affectées.
Il a expliqué que l’endettement peut constituer un instrument de développement lorsqu’il finance des investissements capables de renforcer durablement l’économie nationale. En revanche, il devient problématique lorsque les sommes empruntées ne génèrent pas suffisamment de richesses pour assurer leur remboursement.
L’ancien Ministre de l’Industrie a vivement insisté sur le lien entre les investissements publics et la capacité de production des entreprises privées. Selon son raisonnement, l’État doit orienter les ressources issues de l’emprunt vers les secteurs qui facilitent l’activité économique, augmentent la productivité et élargissent progressivement les recettes fiscales.
« Quand l’État emprunte, il doit investir dans les secteurs qui permettent aux privés d’augmenter leur capacité de production », a-t-il soutenu.
Il cite notamment les infrastructures routières et l’électricité, considérées comme des conditions essentielles à l’expansion des entreprises. Une meilleure desserte routière, un approvisionnement fiable en énergie et un environnement économique favorable peuvent, selon lui, contribuer à accroître la production, les échanges et les recettes publiques. Cette approche rejoint sa vision d’une Constitution davantage orientée vers les résultats économiques et la prospérité collective.
La Pros.
