Dans une nouvelle prise de parole publique, Germain Kambinga s’est illustré par une réflexion empreinte de profondeur, de rigueur patriotique et de confiance en l’avenir de la République démocratique du Congo.
Au cours d’une émission, diffusée le week-end dernier, sur Antenne A, il a lancé un appel à la responsabilité aussi bien institutionnelle que citoyenne pour la défense de la souveraineté congolaise. Face à la menace de déstabilisation de l’Etat, consacrée avec, d’une part, l’occupation persistante d’une partie du pays par le Rwanda et, d’autre part, la création du Front pour la Refondation de la Nation, mouvement politico-militaire de l’ex Chef de l’Etat Joseph Kabila, le Leader du Mouvement Centriste Congolais estime que les discours seuls ne suffisent plus: la RDC doit engager des mesures fortes, en termes d’actions politiques et initiatives militaires nécessaires, en vue de restaurer la paix, retrouver sa stabilité et imposer le respect de sa souveraineté.
« Il n’y a aucune alternative à la victoire », a rappelé, en effet, Germain Kambinga. Pour cet acteur politique, la victoire sur le Rwanda constitue une nécessité pour garantir la paix, préserver l’intégrité territoriale du pays et ouvrir la voie à un développement durable. Il invite ainsi les Congolais à dépasser les clivages partisans pour faire bloc autour de la défense des intérêts nationaux.
Résistance face à Joseph Kabila
Dans son analyse, Germain Kambinga revient également sur l’alternance politique de 2018, qu’il considère comme un moment historique pour la RDC. Il estime que cette transition avait offert à Joseph Kabila une occasion exceptionnelle d’inscrire son nom dans l’histoire du pays. « Je n’imagine pas qu’on pouvait renoncer à une telle gloire. Le destin présidentiel est un destin exceptionnel », fait-il observer, déplorant ce qu’il considère comme un gâchis au regard des espoirs suscités par cette alternance. Mais au-delà de ce regard sur le passé politique congolais, Germain Kambinga concentre son propos sur la crise sécuritaire actuelle. Évoquant la chute de Goma et les lourdes pertes humaines qui l’ont accompagnée, il dénonce une situation qu’il juge injustifiable. « Il n’y a aucune raison qui justifie les dix mille morts lors de la chute de Goma », déclare-t-il, avant de déplorer ce qu’il décrit comme une balkanisation du Congo favorisée par des Congolais qui, selon lui, servent les intérêts rwandais.
Pour Germain Kambinga, la RDC ne peut espérer une paix durable sans faire face aux causes profondes de l’instabilité dans sa partie orientale. Il estime que le Rwanda continuera à représenter une menace tant que la RDC ne sera pas en mesure de lui imposer un rapport de force favorable. « Le Rwanda n’arrêtera jamais de faire la guerre au Congo si nous ne gagnons pas. Il n’y a aucune alternative à la victoire », affirme-t-il.
Cette conviction s’appuie, selon lui, sur les enjeux géostratégiques liés aux ressources naturelles congolaises. Dans un contexte de concurrence technologique entre les grandes puissances, notamment Les deux États-Unis et la Chine, les matières premières et les terres rares placent la RDC au centre des rivalités internationales. « Si hier nous étions une nation enviée, aujourd’hui nous le sommes encore plus, une nation convoitée parce qu’on a les richesses qui construisent l’humanité », souligne-t-il. Pour l’acteur politique, cette position stratégique impose aux Congolais de renforcer leur cohésion, leur vigilance et leur capacité à défendre les intérêts du pays. Il appelle ainsi à faire preuve de courage, de sagesse et de responsabilité afin de transformer les richesses nationales en véritables leviers de développement. À ses yeux, la paix, la liberté et le progrès ne peuvent être considérés comme des acquis automatiques, mais exigent une volonté politique et un engagement collectif.
Mobilisation nationale au-delà des clivages politiques
Germain Kambinga estime par ailleurs que l’instabilité persistante dans l’Est répond aux intérêts de ceux qui tirent profit de la fragilité de l’État congolais. Il accuse l’oligarchie militaro-politique rwandaise de chercher à préserver son pouvoir en maintenant la RDC dans une situation d’insécurité. Des accusations qu’il inscrit dans son analyse des relations entre Kinshasa et Kigali. Pour lui, la sécurité nationale dépend notamment de la capacité des autorités congolaises à anticiper les menaces et à surveiller durablement l’évolution de la situation dans l’Est. Il plaide, dans cette perspective, pour une vigilance permanente et une mobilisation qui dépasse les discours politiques. « Nous devons être sur le pied de guerre, savoir que notre ennemi veut notre sang, veut nos terres », déclare-t-il, dans un appel à la prise de conscience collective. Cette mobilisation, précise-t-il, ne doit toutefois pas être confondue avec une agitation partisane ou avec les affrontements verbaux entre différentes familles politiques.
L’enjeu, selon lui, est de faire émerger un véritable esprit d’unité nationale, fondé sur la défense du territoire et la solidarité entre Congolais. À cet effet, il évoque l’esprit de 1998 comme une référence à cette capacité de rassemblement autour des intérêts supérieurs de la nation. À travers cette prise de position, Germain Kambinga place la question sécuritaire au cœur de la responsabilité collective des Congolais. Son message insiste sur la nécessité de dépasser les querelles politiques pour concentrer les efforts sur la défense de la souveraineté nationale et la recherche d’une paix durable.
Son appel à la victoire sur le Rwanda traduit une ligne politique axée sur la fermeté face aux menaces extérieures. Il met également en avant un défi majeur pour les dirigeants congolais : convertir le potentiel stratégique et économique du pays en capacité réelle de protéger son territoire, ses populations et ses ressources.
Pour Germain Kambinga, l’avenir de la RDC dépend ainsi de sa capacité à se tenir debout, à renforcer ses institutions et à construire une mobilisation nationale cohérente. Une mobilisation qui, dans son entendement, doit dépasser les intérêts individuels et partisans pour placer la défense de la République au-dessus de toute autre considération.
La Pros.
