Intervenant à la 101ème réunion du Conseil des Ministres, tenue le vendredi 23 octobre 2026 à la Cité de l’Union africaine, sous la présidence du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi, Jean-Lucien Bussa Tongba, Ministre de l’Aménagement du Territoire, est revenu sur l’urgence de finaliser le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT). Tandis que les travaux techniques ont déjà franchi plusieurs étapes, le Ministre a sollicité l’accélération de la transmission des données sectorielles et la mobilisation des financements nécessaires, afin de permettre l’approbation de cet instrument stratégique en février 2027.
Mise en évidence
Engagée depuis 2015, cette réforme a notamment été marquée par l’adoption de la Politique nationale d’aménagement du territoire en 2020 et la promulgation de la loi n° 25/045 du 1er juillet 2025 relative à l’aménagement du territoire. Elle vise à doter le pays d’un cadre de référence pour organiser son espace national, orienter les investissements et assurer une meilleure articulation entre les différentes politiques publiques.
Dans son intervention, le Ministre a mis en évidence les enjeux liés à la répartition territoriale des infrastructures économiques et sociales, des investissements et des ressources financières.
Malgré l’importance de ses ressources naturelles et de ses potentialités économiques, la RDC demeure confrontée à des disparités entre les provinces, à des conflits d’usage des terres ainsi qu’à une intégration encore insuffisante des bassins de production. Le SNAT est appelé à apporter une réponse structurée à ces défis, en définissant les grandes orientations de l’organisation et du développement du territoire national.
Des avancées techniques à la phase de finalisation
Présentant l’état d’avancement du processus, Jean-Lucien Bussa a fait savoir que trois étapes importantes ont déjà été réalisées : les travaux préparatoires, les diagnostics sectoriels et spatiaux, ainsi que la formulation et la validation technique des options d’aménagement.
Ces travaux ont notamment permis d’identifier les pôles de développement, les potentialités économiques propres aux différents territoires et les orientations stratégiques devant guider l’organisation future de l’espace national.
Le Conseil des ministres du 14 août 2026 avait, pour sa part, adopté une feuille de route destinée à conduire le processus à son terme. À ce stade, les travaux portent essentiellement sur la finalisation du document, les consultations et validations institutionnelles, ainsi que l’accomplissement des formalités requises pour son approbation.
Le calendrier présenté par le ministre prévoit l’approbation du SNAT par le Gouvernement en février 2027, suivie de la prise du décret y relatif en mars 2027. Le respect de cette échéance doit permettre de franchir une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la politique nationale d’aménagement du territoire.
Deux mesures sollicitées pour respecter l’échéance
Pour accélérer le processus, le ministre de l’Aménagement du territoire a soumis au Gouvernement deux demandes précises.
La première concerne les ministères sectoriels impliqués dans l’élaboration du SNAT. Il leur est demandé d’accélérer la mise à disposition des données requises et de veiller à la cohérence de leurs orientations avec les principales options d’aménagement du territoire.
La seconde porte sur le financement des activités restantes. Jean-Lucien Bussa a sollicité des ministres ayant respectivement le Budget et les Finances dans leurs attributions, en concertation avec lui, la prise des dispositions nécessaires pour assurer, dans les meilleurs délais, la disponibilité des ressources financières requises.
Ces deux mesures doivent contribuer à la poursuite des travaux et à la consolidation du document avant les échéances annoncées. La coordination entre les administrations concernées et la mobilisation des moyens nécessaires constituent ainsi des éléments déterminants pour conduire le processus jusqu’à son aboutissement.
Un cadre national pour orienter le développement
Les résultats attendus du Schéma National de l’Aménagement du Territoire comprennent notamment le renforcement de la coordination des investissements, la spécialisation économique des provinces, leur intégration dans l’économie nationale et la réduction progressive des disparités territoriales.
L’instrument doit également contribuer à une exploitation rationnelle et durable des potentialités nationales, à la diversification productive et à la transformation structurelle de l’économie congolaise.
Présenté par Jean-Lucien Bussa comme une question de souveraineté nationale, le Schéma national d’aménagement du territoire constitue ainsi l’un des instruments de planification appelés à accompagner les choix de développement de la RDC.
L’échéance est désormais fixée à février 2027 pour l’approbation du document par le Gouvernement, puis en mars 2027 pour la prise du décret y relatif. D’ici là, la finalisation des travaux, la consolidation des contributions sectorielles et le financement des activités restantes devront permettre de concrétiser les prochaines étapes de cette réforme.
John Ngoyi
