L’actualité récente en République Démocratique du Congo met en lumière une réalité cruciale pour la gouvernance : l’importance d’une communication maîtrisée au sein des institutions gouvernementales. Le rappel à l’ordre du Président Félix Tshisekedi à ses ministres, suite à des déclarations jugées «non contrôlées», ne révèle pas seulement des tensions au sein de l’exécutif, mais aussi les défis complexes auxquels le pays est confronté.
La RDC, en proie à des tensions régionales croissantes notamment, en raison des conflits dans l’Est du pays et de la crise persistante liée au M23, doit naviguer avec précaution. La diplomatie apparaît comme la voie la plus rationnelle pour désamorcer les tensions avec le Rwanda et d’autres acteurs régionaux. Pourtant, les prises de position publiques d’une partie du gouvernement semblent contrarier cette approche, risquant de compromettre les efforts de paix.
Ce phénomène souligne un problème plus vaste : le manque de coordination et de cohérence dans les messages délivrés par les membres du gouvernement. Dans un contexte aussi délicat que celui du Congo-Kinshasa, chaque déclaration peut avoir des répercussions importantes, tant sur le plan national qu’international. Les officiels doivent non seulement être conscients des implications de leurs mots, mais aussi préserver une posture unifiée qui inspire confiance tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières.
Le Président Félix Tshisekedi, en exerçant son autorité pour recadrer ses ministres, agit à juste titre. Car, comme on le dit, e, haute mer, il faut savoir faire confiance au pilote. Cela démontre qu’il y a une reconnaissance du besoin d’une stratégie de communication alignée sur les objectifs de stabilité et de sécurité. Toutefois, cela soulève aussi des questions sur la pratique de la liberté d’expression au sein du gouvernement et sur l’autonomie des ministres.
A l’avenir, il serait bénéfique que les membres du Gouvernement restent sur le programme de briefing avec le Ministère de la communication, qui reste le cadre indiqué pour faire passer le message à la population. Cela permet de préparer les interventions publiques des membres du gouvernement et d’autres officiels.
En définitive, la RDC se trouve à un carrefour où une approche plus disciplinée et stratégique en matière de communications publiques pourrait non seulement renforcer l’image du gouvernement, mais également favoriser un climat de paix et de coopération indispensable pour relever les défis sécuritaires et politiques du pays. C’est une leçon que d’autres structures, comme l’armée, peuvent également tirer à partir de cette situation, où l’harmonisation des voix gouvernementales est essentielle pour la résilience et la pérennité des institutions.
La Pros.