(Le chanteur Héritier Watanabe)
« Que la chanson ne passe pas à la télévision ou que ça ne joue plus dans des boîtes en République Démocratique du Congo, ça va passer sur France 24 et TV5 MONDE ». Telle est la déclaration farouche du chanteur congolais Héritier Watanabe alias ‘‘Moto na tembe’’ dans une vidéo contre la décision de suspension de toute diffusion publique dans les médias audiovisuels en RDC de sa chanson intitulé ‘‘Zala’’ par la Commission nationale de censure des chansons et spectacles (CNCCS).
Et d’ajouter : « Dites-leur que le morceau ‘‘Magoda’’ autrement dit ‘‘Zala’’ n’est sorti que pour Kinshasa».
Cette réaction jugée insolente et arrogante du chanteur n’a pas laissé indifférents les mélomanes ainsi que les observateurs avertis dans les réseaux où il y a eu plusieurs commentaires dans tous les sens. Pour certains, sa réponse méprisable constitue un manquement du respect à l’égard des autorités de la CNCCS. « Nous savons que Héritier fait partie des artistes soutenus par le régime actuel mais il ne peut pas avoir ce type de langage face aux autorités établies par l’Etat. (…) C’est regrettable ! », a réagi un internaute sur le poste du chanteur.
Évidemment, celui qu’on appelle ‘‘Moto na tembe’’ soutient que sa musique n’a été faite que pour une consommation locale. Pour dire que ‘‘le titre ‘‘Zala’’ dépasse déjà les frontières de la capitale congolaise. Donc, toutes mesures contraires à sa diffusion au niveau local est nulle et sans effet pour sa carrière.
« Oui ! Que le chanteur diffuse sa chanson dans un pays où on n’écoute pas le lingala mais qu’il sache que cette œuvre teintée d’insanité va être écoutée par ses enfants qui ne vivent pas au Congo. Je ne sais pas pourquoi un tel artiste peut prendre de faire l’apologie du sexe dans sa musique », a commenté un autre internaute sur les réseaux sociaux. « C’est triste ! Parce qu’on sait tous ce que signifie le mot ‘‘Magoda’’ qu’il a choisi de mettre en exergue dans cette chanson. Ça m’étonne que le chanteur défende les antivaleurs alors que je le croyait être intelligent et éduqué », a-t-il renchéri.
Rappelons que la décision de la commission nationale de censure fait suite à plusieurs manquements relevés dans cette œuvre musicale, selon les termes du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC). Ce dernier a estimé que la nouvelle chanson de Watanabe évoque une ‘‘atteinte aux bonnes mœurs’’ et une ‘‘apologie de l’immoralité’’, en infraction avec les normes légales en vigueur en matière de production et de diffusion médiatique en RDC.
Raison pour laquelle la CNCCS a également interdit aux médias, bars, boîtes de nuit et tant d’autres espaces publics de la diffusion de ladite chanson. Elle a aussi notifié l’auteur et l’a aussi invité à se conformer aux dispositions en vigueur sur les contenus culturels diffusés en public.
Selon le document, cette mesure s’inscrit dans la politique de protection des valeurs morales et culturelles congolaises, dans un contexte où les productions artistiques connaissent une large diffusion via les médias traditionnels et numériques. « Elle rappelle aux créateurs et diffuseurs leur responsabilité dans le respect des normes encadrant l’expression artistique en République démocratique du Congo », a conclu la source.
Jordache Diala
