Indignées et « très en colère », des centaines de femmes congolaises regroupées au sein du mouvement de la Marche mondiale des femmes ont déposé lundi un mémorandum au Ministre d’État, Ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, pour exiger l’ouverture de poursuites judiciaires contre les auteurs de propos injurieux et sexistes visant la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka dans des vidéos virales sur les réseaux sociaux.
Le document, lu par Maître Thérèse Kulungu, coordinatrice nationale du mouvement, dénonce « des propos outrageants, injurieux et à caractère manifestement sexiste récemment proférés par un individu se faisant appeler +Dinosaure+, qui se réclame, sans qualité ni mandat, communicateur du Président de la République ».
« Cette impunité répétée ne fait qu’encourager la banalisation des discours haineux, sexistes et dégradants dans l’espace public et numérique », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’« une plainte formelle a été initiée » afin que les faits dénoncés soient « examinés avec toute la rigueur de la loi ».
Les manifestantes exigent « l’ouverture diligente d’une procédure judiciaire », « l’identification et la poursuite des auteurs de ces propos » et « l’application de sanctions à la hauteur de la gravité des faits, afin de dissuader toute récidive », a dit Maître Kulungu.
« Aucun acte de haine ne restera impuni »
Après avoir écouté les représentantes, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a salué « un engagement citoyen empreint de dignité et de responsabilité ». Il a assuré que « aucun acte de haine, d’injure, de diffamation ne restera impuni. Les auteurs seront identifiés, traduits en justice conformément aux lois de la République ».
Le Ministre a insisté sur le fait que « la liberté d’expression est un droit fondamental », mais qu’elle « ne saurait être détournée pour porter atteinte à la dignité, à la réputation et à la sécurité de notre pays ». Il a également affirmé que des démarches judiciaires étaient déjà en cours, en coordination avec des avocats spécialisés, y compris à l’international.
Une mobilisation citoyenne
À la sortie de l’entretien, Mme Thérèse Kulungu a réaffirmé devant la presse la détermination des femmes congolaises : « La femme mérite respect, la femme mérite dignité, et le respect ne se négocie pas. Si le gouvernement ne fait rien, les femmes vont se lever pour dire non. Non, alors non. »
La marche pacifique, qui s’est terminée devant le palais de Justice, a rassemblé des centaines de participantes venues dénoncer ce qu’elles considèrent comme une « dérive verbale et sexiste » menaçant la paix sociale. « La paix, ce n’est pas seulement le bruit des bottes, mais nous avons perdu la paix », a ajouté Mme Kulungu, visiblement émue.
Ces insultes contre la Première ministre Judith Suminwa Tuluka ont été proférées après son passage sur TV5 Monde le 19 avril, où elle avait été interrogée sur l’accord migratoire conclu avec les États-Unis.
La Pros.
