Face à la guerre qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo, Kambinga appelle Félix-Antoine Tshisekedi à fédérer les intelligences civiles et militaires nationales pour renforcer la défense du pays. Parmi les pistes avancées, il propose de recourir aux généraux expérimentés admis à la retraite afin de capitaliser leur savoir-faire au service de la nation. Dans une émission à Kinshasa, il a également insisté sur les enjeux géoéconomiques du conflit, la nécessité d’une unité nationale et le refus de toute soumission face à Kigali.
La RDC doit mobiliser toutes ses ressources humaines et stratégiques pour faire face à la guerre dans l’Est. C’est l’appel lancé par Kambinga lors d’une émission à Kinshasa. Pour lui, la réponse à la crise sécuritaire ne peut se limiter aux opérations militaires. Elle exige également une réflexion stratégique approfondie, la valorisation des expériences acquises et la fédération des compétences nationales autour de la défense de l’intégrité territoriale.
« En tant que Congolais, nous devons voir comment nous nous mettons ensemble et fédérons nos intelligences pour prouver à Monsieur Kagame et son oligarchie militaire notre force », déclare-t-il, invitant ainsi les forces vives du pays à dépasser leurs divergences pour faire face au défi sécuritaire.
Dans son analyse, Kambinga considère que le conflit dépasse les seules considérations militaires. « Il s’agit de trente ans de pillages, de vols et de tueries de Paul Kagame en République démocratique du Congo au prétexte fallacieux d’une sécurité intérieure. En vrai, cela cache une réalité structurelle et structurante d’un régime militaire », affirme-t-il.
Il estime que la crise a atteint un niveau critique en raison des intérêts économiques et géostratégiques qui l’entourent. « Cette crise a atteint aujourd’hui une crise paroxysmale puisqu’il y a de gros enjeux géoéconomiques. Il voudrait aller plus loin, balkaniser la RDC pour pouvoir capter de manière plus efficace les ressources de la République et profiter de cette demande mondiale de terres rares qui se retrouvent en abondance en République démocratique du Congo », soutient-il.
Capitaliser sur l’expérience des généraux retraités
Pour répondre à cette situation, Kambinga plaide en faveur d’une mobilisation plus large des compétences nationales. Il propose notamment de faire appel aux généraux expérimentés admis à la retraite, dont les connaissances pourraient contribuer à la réflexion stratégique et au renforcement de la défense nationale.
Cette piste repose sur la nécessité de valoriser l’expérience acquise au cours des années de service plutôt que de laisser ce savoir-faire à l’écart des défis actuels. Les anciens hauts responsables militaires pourraient ainsi apporter leur contribution, en complément des compétences des officiers en activité et dans le respect de la chaîne de commandement.
Pour Kambinga, cette démarche s’inscrit dans une mobilisation générale face à une crise qu’il considère comme existentielle pour la République. « La crise est sécuritaire et militaire. C’est une crise pour l’existence de la RDC. C’est un combat des patriotes », insiste-t-il.
Son appel au président Félix-Antoine Tshisekedi consiste donc à réunir les intelligences civiles et militaires, à mettre à profit l’expérience disponible et à favoriser une stratégie nationale fondée sur la préparation, la cohésion et la défense des intérêts du pays.
« La République n’ira pas à Canossa »
Au-delà des moyens militaires et stratégiques, Kambinga met l’accent sur l’état d’esprit collectif qu’il juge indispensable à la résistance nationale. Il rejette toute perspective de soumission de la RDC face au Rwanda et résume cette position par une formule sans équivoque : « Lorsque nous disons que la République n’ira pas à Canossa, cela veut dire que la République, qui est la nôtre, ne peut pas aller s’agenouiller devant Kagame. »
Dans cette logique, il estime que le pays dispose de ressources et de capacités qu’il doit pleinement mobiliser. « Aujourd’hui, nous disons que nous avons des moyens jamais mobilisés dans l’histoire de ce pays. Il serait inexplicable de dire dans trente ans ou dans quarante ans que la République est allée à Canossa, a perpétré la génuflexion vis-à-vis de Kagame », prévient-il.
Pour l’intervenant, la détermination politique doit aller de pair avec une adhésion collective à l’objectif de défendre la souveraineté nationale. Il appelle ainsi les Congolais à développer un esprit commun de résistance, estimant que la victoire dépend aussi de la conviction partagée que le pays peut faire face aux défis qui se présentent à lui.
« Une nation ne peut pas gagner s’il n’y a pas un esprit commun de la victoire. C’est la révolte intérieure d’une nation. Nous disons : le Rwanda ne peut pas gagner une guerre contre le Congo. Il faut que chaque Congolais intègre cet esprit », affirme-t-il.
L’intelligence et la stratégie au cœur de la défense nationale
Pour Kambinga, la défense du territoire ne saurait reposer exclusivement sur la force militaire. Elle doit aussi s’appuyer sur l’anticipation, la réflexion et la capacité à élaborer des stratégies adaptées aux réalités du terrain et aux enjeux régionaux.
« Les nations qui sont en paix sont des nations qui combattent au quotidien. On doit lutter par notre intelligence et notre stratégie », souligne-t-il.
A travers cette déclaration, il appelle à une mobilisation permanente des compétences et à une meilleure coordination des efforts nationaux. La proposition de faire appel aux généraux retraités s’inscrit dans cette vision : mettre toutes les expériences disponibles au service d’une stratégie commune, sans négliger la contribution des civils, des experts et des autres forces vives de la nation.
Au président Tshisekedi, Kambinga adresse ainsi un appel à fédérer les intelligences nationales pour faire face à la guerre attribuée au Rwanda. Son plaidoyer repose sur trois exigences : valoriser l’expérience militaire, unir les Congolais autour de la défense de la République et inscrire la réponse à la crise dans une stratégie nationale cohérente.
Pour lui, l’enjeu est de faire de la cohésion nationale et de l’intelligence collective des leviers essentiels de la défense de la RDC, afin que le pays puisse préserver son intégrité territoriale et sa souveraineté face aux défis sécuritaires actuels.
La Pros.
