Le soutien avéré de certains hommes en cravate à la rébellion du M23 a figuré parmi les points abordés par Christophe Lutundula, VPM sortant en charge des Affaires étrangères, lors de son passage, ce lundi 1er avril 2024, sur les antennes de France 24. Le Ministre Lutundula a réaffirmé, haut et fort, au cours de cette sortie médiatique, la détermination et l’engagement du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, à parvenir à la restauration effective de la paix dans la partie Est du sol congolais en dépit de toutes formes de menace de l’intégrité et, même, de la souveraineté du territoire de la RD. Congo. Il a condamné, fermement, l’attitude de quelques membres du PPRD qui, tout récemment, ont levé l’option de prendre les armes contre leur propre pays, et ce, sans songer, un seul instant, au calvaire que vivent, injustement, depuis des années, des populations civiles notamment, au niveau de Goma et ses environs.
Au nom du Gouvernement congolais, Christophe Lutundula a mis en garde tous ceux qui nourrissent l’ambition de renforcer les rangs des ennemis avec l’idée de nuire au régime en place. Il a rappelé qu’ils vont subir la rigueur de la loi. Il insinue, en effet, que ce vent relève d’une stratégie du Rwanda, qui entend, désormais, camoufler ses crimes commis en RDC en soutenant la création de nouveaux mouvements insurrectionnels à l’interne. Allusion faite, principalement, à l’Alliance Fleuve Congo de Corneille Nangaa, mouvement lancé, il y a quelques mois, à Nairobi, au niveau du Kenya.
«Je crois qu’il faut dire un mot au départ. En gros, l’Alliance Fleuve Congo est une affaire créée dans la capitale d’un pays membre de l’EAC, le Kenya. Ça fait partie des stratégies du Président Kagame et de certains Chefs d’Etat de la région pour démontrer qu’il n’y a pas que le M23, mais c’est un problème interne à la RDC. Nous savons aujourd’hui qu’il y a des jeunes gens qui sont recrutés, qui sont entrainés par des pays voisins. Le Rwanda est dedans. De toutes les façons, nous avons écrit à l’EAC que le comportement des autorités kenyanes n’est pas un comportement normal. Vous ne pouvez pas accepter qu’un groupe rebelle soit né dans votre capitale contre un autre Etat membre de la communauté. Donc, le stratagème qui est monté maintenant c’est de dire que l’AFC est en alliance avec le M23. C’est le nouveau cheval de Troie qu’on va nous brandir dans les jours à venir. Mais, nous ne sommes pas de dupes. Nous connaissons tout, il y a des formations qui se passent maintenant, il y a des armes qui sont achetées. Nous nous préparons en conséquence… Il est curieux de voir que les partisans de l’ancien Chef de l’Etat adhèrent à un mouvement rebelle et ils le disent. Les services travaillent. Il y a des informations que nous sommes en train de vérifier qui font croire qu’il y a une trahison interne. Ce que je veux dire c’est ceci : que ce soit le Président Kabila, que ce soit tout autre congolais, chacun sait ce qu’il fait. Il y a un code pénal qui condamne la rébellion. L’Alliance Fleuve Congo a dit qu’elle fait alliance avec le M23, qui est soutenu par un pays étranger, le Rwanda. Ça s’appelle une trahison. Il y a des lois de la République pour cela. Enfin, nous apprenons qu’il y a une certaine tonalité qui nous dit qu’il n’y a pas eu partage de gâteau pour tout le monde. Ceux qui partent là-bas auraient raison. Nous ne pouvons pas moralement condamner la politique, l’idéologie de partage de gâteau et nous mettre à dire que ceux qui quittent parce qu’ils n’ont pas eu la part du gâteau ils ont raison. Ça c’est excessif, immoral. Chacun sait ce qu’il fait. Ancien Chef de l’Etat ou non, il y a des lois de la République », a-t-il martelé.
Vers un dialogue entre la RDC et le Rwanda
Au départ de cet entretien, le Ministre des Affaires étrangères a fait la lumière sur l’évolution du front diplomatique, tel que tenu par le Gouvernement de la RD. Congo, sous l’impulsion du Commandant suprême, pour la restauration de la paix dans l’Est. Il a indiqué que, sous la facilitation du Président angolais, Joao Lourenço, le Président Tshisekedi va rencontrer, tout prochainement, le Président rwandais Paul Kagame, pour une résolution pacifique de la crise sécuritaire au Congo. Ce dialogue, selon lui, sera constructif et sincère, pour permettre, entre autres, la cessation des hostilités et le retrait des troupes de l’armée du Rwanda du sol congolais.
«L’analyse des faits telle que nous la vivons, tant sur le terrain militaire que celui de la diplomatie, ne donne pas de raisons suffisantes d’être optimiste. Mais, si cette analyse incite à tous les moyens d’optimisme très mesurés dans l’action, la RDC est déterminée à aller de l’avant. Elle fait confiance au Président Lourenço de l’Angola, qui a été désigné par l’Union africaine comme facilitateur pour entretenir le dialogue entre la RDC et le Rwanda. Nous y travaillons. Du point de vue de l’action, nous voudrions être optimistes », a indiqué le Ministre Lutundula.
Quid de la rencontre Tshisekedi-Kagame ?
« Elle devra avoir lieu parce qu’il ne faut pas oublier que c’est une rencontre préparatoire. Les deux Chefs d’Etat, autour des médiateurs, ont convenu de se rencontrer après que les délégations ministérielles aient fait un travail qui leur donne de la matière. Nous nous sommes retrouvés le 21 mars. Chaque partie a remis au facilitateur son cahier des charges. C’est-à-dire, les problèmes qu’elle considère comme importants qui devront être traités. Mais, nous nous sommes rendu compte qu’il faut parer au plus pressé… Nous avons privilégié la cessation des hostilités qui, globalement, comprennent la fin de la guerre et, surtout, le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. Pour nous, c’est une condition essentielle pour un dialogue constructif, un dialogue qui ne sera pas superficiel, qui va nous emmener par la suite à attaquer les questions qui sont dans le cahier des charges. Donc, nous allons reprendre assez rapidement de manière que cette première phase ait une assiette à servir à nos Chefs d’Etat », a-t-il commenté, tout en condamnant, en même temps, le silence de la Communauté internationale face à la persistance des massacres des populations en RDC.
Confiance à Joao Lourenço
«Le principe a été accepté. Je vous ai dit que le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a confiance en la personne du Président Lourenço. Et, donc, il a marqué son accord. Ce qui est important, c’est le travail préparatoire qui doit donner de la matière. Ce que nous disons c’est que cette rencontre-là aura comme matière prioritaire la question du retrait parce que le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo l’a répété, nous n’accepterons jamais l’infamie de négocier sous occupation. Nous n’accepterons jamais d’être indignes du jour, indignes de notre pays. Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que le Rwanda a la plus grande responsabilité dans la crise sécuritaire. Il ne fait aucun doute que les troupes rwandaises sont au Congo. Donc, si on veut créer les conditions nécessaires à un dialogue constructif qui va mettre fin à la crise, il faut que le Rwanda se retire de la RDC», a, pour finir, insisté le VPM sortant aux Affaires étrangères, lors de cette sortie médiatique.
Gloire Mfemfere
